Un roi sans divertissement dissertation fin du livre

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EXPLICATION DE TEXTE DE Un roi sans divertissement DE Jean GIONO.
De « Le lendemain de ce jour-là » jusqu'à la fin (décomposé en 2 parties).

TEXTE (première partie) :

Le lendemain de ce jour-là nous étions peut-être cinquante chez Anselmie et tout le jour ce fut un défilé.
On lui dit :
- Eh bien, raconte. Qu'est-ce qu'il ta dit? Qu'est-ce qu'il a fait?
- Il estvenu, dit-elle.
Et des heures avant qu'on puisse en tirer autre chose que ce «Il est venu».
C'est une brute, cette femme!
On était quand même arrivé à savoir à peu près quelque chose. La neige était donc tombée. Le pays était tout blanc. Langlois était arrivé chez Anselmie. Il n'était pas entré. Il avait ouvert la porte et il avait crié :
- Est-ce que tu es là?
-Bien sûr que je suis là, avait dit Anselmie.
- Amène-toi, avait dit Langlois.
- Pourquoi est-ce qu'il faut que je m'amène? avait dit Anselmie.
- Discute pas, avait dit Langlois.
- Vous me laisserez jeter mon poireau dans la soupe? avait dit Anselmie.
- Dépêche, avait dit Langlois.
- Il avait une voix, dit Anselmie, que j'en ai lâché mon poireau et que jesuis venue tout de suite.
- Quelle voix? Lui demandâmes-nous. Parle. Le procureur va venir, tu sais. Et lui te fera parler.
- Bien, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, dit Anselmie, il était en colère, quoi!
- Langlois?
- Oui, c'était une voix en colère.
- Bon. Alors, tu es venue et, est-ce qu'il était en colère?
- Oh! pas du tout.
- Commentétait-il?
- Comme d'habitude.
- Pas plus?
- Pas plus quoi? Non, comme d'habitude.
- Il n'avait pas l'air fou?
- Lui? Ah! bien alors, vous autres! Fou? Vous n'y êtes plus! Pas du tout, il était comme d'habitude.
- Il n'avait pas l'air méchant?
- Mais non. Puisque je vous dis qu'il était comme d'habitude. Vous savez qu'il n'était pas très rigolo;bien, il continuait à n'être pas très rigolo, mais tout juste. Bien gentil, quoi!
- Bon. Alors, qu'est-ce qu'il t'a dis?
- Il m'a dit : «Est-ce que tu as des oies?» J'y ai dit : «Oui, j'ai des oies; ça dépend.» - «Va m'en chercher une.» J'y dis : « Sont pas très grasses», mais il a insisté, alors j'y ai dit : «Eh bien, venez.» On a fait le tour du hangar et j'y ai attrapé une oie.Comme elle s'arrête, on lui dit un peu rudement :
- Eh bien, parle.
- Bien, voilà, dit Anselmie... C'est tout.
- Comment, c'est tout?
- Bien oui, c'est tout. Il me dit : «Coupe-lui la tête.» J'ai pris le couperet, j'ai coupé la tête à l'oie.
- Où?
- Où quoi, dit-elle, sur le billot, parbleu.
- Où qu'il était ce billot?
- Sous le hangar,pardi.
- Et Langlois, qu'est-ce qu'il faisait?
- Se tenait à l'écart.
- Où?
- Dehors le hangar.
- Dans la neige?
- Oh! Il y en avait si peu.
- Mais parle.
- Et on la bouscule.
- Vous m'ennuyer à la fin, dit-elle, je vous dis que c'est tout. Si je vous dis que c'est tout c'est que c'est tout, nom de nom. Il m'a dit : «Donne.» J'y ai donnél'oie. Il l'a tenue par les pattes. Eh bien, il l'a regardée saigner dans la neige. Quand elle a eu saigné un moment, il me l'a rendue. Il m'a dit : «Tiens, la voilà. Et va t'en.» Et je suis rentrée avec l'oie. Et je me suis dit : «Il veut sans doute que tu la plumes.» Alors, je me suis mise à la plumer. Quand elle a été plumée, j'ai regardé. Il était toujours au même endroit. Planté. Ilregardait à ses pieds le sang de l'oie. J'y ai dit : «L'est plumée, monsieur Langlois.» Il ne m'a pas répondu et n'a pas bougé. Je me suis dit : «Il n'est pas sourd, il t'a entendue. Quand il la voudra, il viendra la chercher.» Et j'ai fait ma soupe. Est venu cinq heures. La nuit tombait. Je sors prendre du bois. Il était toujours là au même endroit. J'y ai de nouveau dit : «L'est plumée, monsieur...
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