Violences urbaines

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  • Publié le : 27 décembre 2011
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Les quartiers de tous les dangers
Depuis 1991, 1 080 quartiers où se concentre la fracture urbaine et sociale sont suivis au jour le jour par la section Villes et banlieues de la DCRG (Direction centrale des renseignements généraux). Le suivi de ces quartiers, lourdement marqués par les stigmates de l'exclusion, met aujourd'hui en évidence une inexorable montée de la violence urbaine. Leschiffres s'imposent dans leur brutalité. En l'espace de six ans, le volume de la violence urbaine a pratiquement quintuplé.
Ce formidable accroissement en volume s'est accompagné d'une extension de la violence dans les zones commerçantes des centres-villes, les espaces commerciaux et les transports en commun. De même, le bilan des rixes opposant des jeunes entre eux est accablant: 15 sont morts en1997, pour 17 en 1996 et 12 en 1995. Ainsi, à Argenteuil, le 30 juin 1996, un adolescent d'Asnières recevait un coup de couteau dans la poitrine alors qu'il «tentait l'incruste», comme disent les jeunes, dans une soirée privée organisée dans une pizzeria. Il en mourait quelques jours plus tard, tandis que, non loin de son lit d'hôpital, ses copains tentaient de le venger dans un assaut où lesserpettes, haches et battes de base-ball tournoyaient dangereusement.
Jusqu'à présent épargnés, maintes petites villes et nombre de nouveaux quartiers de grandes agglomérations sont désormais touchés. Alors que, selon les Renseignements généraux, seuls 22 départements étaient concernés par la violence urbaine en 1994, ce nombre passait à 47 en 1996. D'après la gendarmerie, 80 départements seraient enréalité atteints. Avec plus de 500 incidents chacun, 13 départements concentrent 12 000 «faits», soit près de 73% de la violence. Ce sont ceux de l'Ile-de-France hors Paris, l'Eure-et-Loir, l'Oise, ainsi que le Nord, le Bas-Rhin, le Rhône et la Seine-Maritime (voir le tableau ci-contre sur l'évolution par département).
Agressions dans les transports en commun et contre les pompiers et la police
Lesviolences touchent, pour plus de 20% des faits recensés, les policiers, voire leurs familles. Au cours des neuf premiers mois de 1997, pas moins de 1 447 arrêts de travail ont suivi les blessures infligées aux personnels de la Sécurité publique, soit une progression de plus de 25% par rapport à la même période de 1996.
De manière encore plus grave, dans certains quartiers dont la dérive mafieuseest vérifiée, les policiers sont désormais attirés dans de véritables guet-apens au moyen d'appels «17 Police secours». Certaines des embuscades tendues aux policiers dans l'Essonne, dans le quartier des Tarterêts à Corbeil-Essonnes ou aux Ulis, ou encore à Roubaix, témoignent d'une organisation rigoureuse et de scénarios particulièrement élaborés. A Poissy (Yvelines), plusieurs d'entre eux ont euleur véhicule personnel incendié, tandis qu'un de leurs collègues, hors service, échappait de peu à une double tentative d'écrasement délibérément commise par deux délinquants locaux. Le 3 mars 1997, le fils d'un gardien, âgé de 15 ans, était attendu à la sortie du collège, blessé de plusieurs coups de couteau et aspergé de gaz lacrymogène.
Autre signe de cette nouvelle violence: dans lestransports, celle-ci est en constante augmentation. Les agressions commises contre les passagers ont connu, en 1996, un accroissement de 54%, soit une moyenne de 3,7 agressions par jour; en outre, 1 626 agressions contre le personnel, soit 4,5 par jour, ont été dénombrées (730 arrêts de travail). Enfin, le vandalisme atteint un coût global de 78,6 millions de francs. Le coût unitaire par autobus, en1996, s'élève à 3 500 francs.
Les sapeurs-pompiers, fortement sollicités par la population des quartiers sensibles, grosse consommatrice de services d'assistance et de secours, se trouvent également confrontés à une ambiance de provocation et de harcèlement. Les vols d'équipements, de tenues, de produits pharmaceutiques, de véhicules complets - le plus souvent, des véhicules de secours aux...
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