Wanissa

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  • Publié le : 14 novembre 2010
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L’expulsion des Palestiniens revisitée par des historiens israéliens.
A la fin des années quatre-vingt est apparu en Israël un groupe de chercheurs, que l’on a appelé les « Nouveaux historiens ». Ils ont proposé une Histoire de l’Etat d’Israël épurée de ses mythes, bien différente de l’Histoire officielle telle qu’elle était véhiculée par l’école, par les médias, par l’armée. Il s’agissait entreautres de soumettre une autre version des évènements de la guerre de 1948, de l’origine du problème des réfugiés palestiniens, etc. L’émergence de ces thèses au-delà de la sphère académique a suscité de nombreux débats, provoquant ainsi la « controverse des historiens ». Il apparaît finalement que les Nouveaux historiens ont joué un certain rôle sur la scène israélienne au niveau des mentalités,mais leurs idées restent aujourd’hui encore marginales au sein de la société. L'Histoire joue un rôle prépondérant dans chaque société. Elle forge les représentations communes, fournit la légitimité et le ciment du « vivre ensemble ». Elle se transmet par l’enseignement, dès le plus jeune âge, mais aussi par les discours, les émissions de radio et de télévision, qui véhiculent toutes ces images defaçon plus ou moins volontaire. Souvent, plusieurs histoires se confrontent et se superposent, mémoire collective et histoire officielle se trouvent parfois en concurrence. Israël, par son histoire particulière et très récente, n’échappe pas à ces constats. Comme tous les autres récits nationalistes de l’histoire, la version sioniste était sélective, simpliste et orientée. D’autant plus que cetEtat et sa légitimation se sont bâtis précisément sur le lien historique à la terre de Palestine. Quand les pionniers sont arrivés sur cette terre, il a fallu mettre en valeur chaque lien, chaque preuve de l’attachement des Juifs à la Palestine. L’objectif était aussi de susciter la compassion et le soutien des autres pays à l’égard de ce tout nouvel Etat. Bâtir une mémoire commune à des individusvenant de pays différent, créer une histoire collective, à laquelle chacun pouvait se rattacher, n’a pas été chose facile. Les grands historiens des années cinquante s’y sont attelés avec brio. Les mythes fondateurs de l’Etat sont encore aujourd’hui véhiculés à travers de multiples vecteurs, et on les retrouve dans les manuels scolaires, les encyclopédies… C’est cette version officielle donnée del’histoire du pays qui a conduit les Israéliens à voir en leur passé l’incarnation de l’équité et de la justice.

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« Il est temps que la vérité sur « l’affaire al-Doura » sorte au grand jour, on ne peut accepter l’inacceptable »

Une interview exclusive de Philippe Karsenty, conjointementpréparée par Aschkel, Marc Brzustowski, le magazine Méteor, et réalisée par Michaëla Benhaim. | |
Depuis huit ans, Philippe Karsenty se bat pour rétablir la vérité sur « l’affaire al- Doura ». Suite à la récente sortie du livre de Charles Enderlin « Un enfant est mort », Philippe Karsenty s’est déplacé pour rencontrer des officiels israéliens.

Pas de mausolée pour l’enfant martyr ? 
MichaëlaBenhaim : Mohammed al Dura est-il bien mort et connaît-on le lieu de sa tombe avec certitude, car il est étrange que les Palestiniens, vu l’ampleur de l’affaire, n’en n’aient pas fait un lieu de culte, voire même un lieu de pèlerinage ?
 Philippe Karsenty : Ce que l’on peut affirmer et certifier, c’est que l’enfant que l’on voit à la fin du reportage de France2 n’est pas mort. Ce reportage deCharles Enderlin est une mise en scène pure et simple. Pour le reste, cela fait dix ans que cela s’est passé, Gaza  est une zone dangereuse. Je n’ai aucun moyen de savoir ce qui s’est passé dans les heures, les jours, les années qui ont suivi. Mon « travail » s’arrête lorsque  le caméraman de France 2 coupe sa caméra et que Charles Enderlin affirme que l’enfant est mort alors que ce n’est pas vrai....
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