L'albatros de baudelaire

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 15 (3646 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 17 juin 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Un mouvement littéraire : le Parnasse (1850-1870)

I- Histoire
Le mouvement tient son nom de la revue Le Parnasse contemporain, en référence à la montagne de Grèce où, dans la mythologie, se réunissaient Apollon et le Muses.
Mouvement qui naît en réaction au mouvement romantique (1820-1850) : ce mouvement affirme la primauté de l’émotion, porte son attention sur le moi etexalte l’imaginaire. Les poètes romantiques parlent d’eux-mêmes pour mieux parler de tous.
C’est de Théophile Gautier, fidèle compagnon du romantisme, que provient en 1857, le premier geste spectaculaire de rupture avec la génération précédente : il publie dans L’Artiste un poème provocateur, « L’Art », véritable manifeste : les civilisations, les idées et les hommes passent, seule labeauté plastique est éternelle. Le poème sera rajouté en 1872 à Emaux et Camées, recueil de pièces à mètres courts, dont le ton frivole, gratuit, impersonnel allait bientôt faire école.
D’autres se tournent vers le positivisme scientifique. C’est le cas de Leconte de Lisle, qui dans ses Poèmes antiques (1852) et ses Poèmes barbares (1862) s’essaie à une approche scientifique d’une histoire morteou lointaine ; mobilisant les apports des nouvelles sciences en plein essor, comme l’histoire, l’archéologie, la linguistique, il espère réconcilier « l’Art et la Science ». La jeune école qui se réunit autour de lui regroupe des poètes divers, notamment Heredia. S’y adjoignent parfois aussi des « modernes » : Baudelaire, Verlaine ou Mallarmé.

II- Principes
Cette inspiration, quirefuse les lieux et les temps modernes, souligne que pour ces poètes, l’art ne s’engage ni politiquement ni socialement. La poésie n’est ni témoignage ni lutte ; elle recherche la perfection technique de l’art pour l’art : virtuosité poétique, lexique savant et précis, contraintes des formes fixes. Le travail poétique est souvent comparé à celui des sculpteurs : l’artisan cisèle sa pierre, lepoète sculpte le langage et polit les mots. La devise de Parnasse est l’idée que tout ce qui est utile est laid, ce qui revient à dire que le beau n’a aucune utilité ni pratique ni matérielle. La poésie, en particulier, n’a pas la vocation de traduire les sentiments du poète.
La comparaison avec l’artisan met en relief les exigences de la démarche poétique : cherchant la perfection formelle,l’artiste laisse les réalités de la vie.
Malgré leurs différences, ces formalistes se retrouvent sur quelques principes qui construisent la machine de guerre contre le romantisme :
- Le culte de l’impersonnalité, pour lutter contre les excès du lyrisme, l’impudeur et la vanité de l’aveu public des angoisses du cœur.
- La mystique de la beauté, opposée au réalisme et réservée à une élite
-Le culte du travail poétique et de la facture parfaite, opposés à la liberté des romantiques
- La prise de distance et de hauteur, contre le didactisme (propre à ce qui vise à enseigner) et l’utilitarisme ; l’œuvre d’art est indépendante de la morale, comme de toute cause politique et sociale.
Un mouvement littéraire : le symbolisme

Réagissant contre l’emprise du positivisme (= toutexpliquer rationnellement), le courant symboliste insiste sur le sens du mystère et l’inquiétude métaphysique. A la suite de Nerval et de Baudelaire (qui est le premier à défendre la suprématie de la sensibilité) et sous l’influence de la pensée de Schopenhauer, philosophe pessimiste allemand (1788-1860), il considère que le monde, loin d’être réductible à la matière, est constitué de nosreprésentations, des signes dont nous le peuplons. En jouant de la vertu analogique du symbole (être ou objet représentant une chose abstraite), les poètes symbolistes lui confèrent une puissance mystique, et en font un moyen d’accès au monde des essences.

I- HISTOIRE

Ce mouvement se constitue en réaction contre le naturalisme. Héritier de la poétique baudelairienne, il comprend...
tracking img