L'amour des animaux

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  • Publié le : 28 décembre 2009
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SUJET -  L'amour des animaux.
|  On a souvent dit que l'amour des animaux dissimulait en fait la haine des hommes. Trouvez-vous dans les œuvres du programme l'écho |
|d'une telle attitude ? |

PLAN PROPOSÉ :
                     Problématique : amour d’autrui, amour des animauxet amour-propre.

I - L’amour des animaux, substitut du non-amour des hommes.

a) aimer les animaux, c’est vouloir établir entre l’homme et l’animal une sorte d’égalité de substance c’est vouloir identifier l’animal à l’homme;
b) pourtant, aimer les animaux, c’est aimer un inférieur obéissant (« l’effet peluche »);
c) aimer les animaux, ne serait-ce pas s’aimer soi-même ?

II - L’amourdes animaux contient en lui-même une insatisfaction.

a) les animaux peuvent désobéir ou faire autre chose que ce qu’on attend d’eux,
b) les hommes et les animaux peuvent s’opposer,
c) les animaux ne sont pas tous « aimables »,
d) les animaux sont aussi des rivaux de l’homme que celui-ci peut haïr.

III - L’amour des animaux trouve son accomplissement dans l’amour des hommes dans la mesure oùil est ouverture à l’autre.

a) ainsi défini, l’amour est une bienveillance;
b) l’amour des animaux devient un critère moral de la qualité humaine;
c) l’amour des animaux, révélateur de la condition humaine.

Conclusion : le vrai amour des animaux est amour de la nature, inséparable de l’amour des hommes.

DISSERTATION PROPOSÉE :

  Quand on voit les grands yeux du chien qui regarde sonmaître, on pense au cri de Colette : « Un être existe donc encore pour qui je remplace tout !3 » et la fidélité de l’animal console de l’aigreur dans les rapports humains. A la limite, l’amour des animaux compense la haine des hommes. Mais peut-on vraiment prétendre qu’il sert d’alibi pour cacher une haine du genre humain ? Ceux qui affirment aimer les animaux cacheraient ainsi leur misanthropiesous de nobles prétextes et leur amour animal ne serait qu’une forme de l’amour-propre. Comme le dit La Rochefoucauld : « L’amour-propre est l’amour de soi-même, et de toutes choses pour soi4 ». En aimant les bêtes, on n’aimerait en fait que soi-même. Pour comprendre ce que signifie cet amour des animaux et savoir s’il dissimule en fait la haine des hommes, nous verrons d’abord si la source del’amour animal est le non-amour des hommes, puis s’il contient par nature une insatisfaction avant de chercher s’il peut s’accomplir dans l’amour des hommes puisque, amour, il doit s’ouvrir à autre que soi.
***
  Le personnage du misanthrope entouré d’animaux se retrouve souvent. Paul Léautaud ou Céline à la fin de leur vie en furent de parfaits représentants. Mais ce qui frappe, dans ce cas, c’estque la détestation des humains se modère au contact des animaux. Allons plus loin ! Les animaux peuvent en apprendre aux humains. Toute l’entreprise des Fables de La Fontaine repose sur cette thèse de la supériorité de l’exemple imagé tiré du monde animal sur le simple exposé didactique. Il s’agit du « Pouvoir des Fables » comme le dit La Fontaine dans le livre VIII.

  Ces anecdotes animalièress’appuient sur la complicité qui s’établit entre l’homme et l’animal, sur l’identification possible de l’animal à l’homme. Les métamorphoses que décrit La Fontaine et celle qui fait l’objet du roman de Kafka montrent que la distinction entre les deux espèces peut être remise en question et surtout que les rapports entre elles sont fondées sur l’ambivalence amour et haine. Les relations de GregorSamsa avec son entourage varient ainsi de la pitié à la violence. La bête qu’il est devenu suscite des réactions contrastées. L’étrangeté, l’absurdité de la situation repose sur le fait que l’homme devenue bête monstrueuse continue à réagir en homme, à se proclamer homme en dépit des apparences et à croire qu’il ne s’agit que d’une indisposition passagère : « … et lui-même était loin de se...
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