L'enfant et la vie familiale

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  • Publié le : 7 novembre 2010
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L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, Philippe Ariès

ARIES Philippe, L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, SEUIL, LONRAI, 1973. Philippe Ariès est né à Blois en 1914. Il grandit dans une famille catholique et royaliste. Il étudie chez les Jésuites et milite quelques temps au sein des « Lycéens et collégiens de l’Action Française » dont il participera à écrire dansL’étudiant français, le magazine du mouvement. Il s’éloignera progressivement de ce mouvement le jugeant « nationaliste autoritaire » alors qu’ils se définit comme étant « traditionaliste ». Philippe Ariès échoua à deux reprises successives à l’agrégation d’Histoire et entra donc en 1943 à l’Institut de recherche coloniale qu’il quittera en 1979. En 1948, il publie sa première étude L’Histoire despopulations Françaises et leurs attitudes devant la vie depuis la XVIIIe siècle. Cette étude marqua la naissance des recherches de démographie historique débouchant sur une tentative d’analyse des mentalités des anciennes sociétés. Son second livre fut L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, en 1960. En 1977, il publie L’homme devant la mort. La même année, il intègre l’EHESS (Ecole desHautes Etudes en Sciences Sociales), et obtient ainsi la reconnaissance tardive par ses pairs de son statut d’historien. Il meurt en 1984. Philippe Ariès se définissait lui-même comme un « historien du dimanche ». Il se passionna d’abord pour la démographie historique puis se consacra à l’histoire des mentalités, dont il devint une figure emblématique.

L’enfant et la vie familiale sous l’AncienRégime parut en 1960. Il reçut un accueil discret en France mais fut traduit en anglais. Cela lui valut de rencontrer un grand succès aux EtatsUnis, qui furent séduits par cette étude novatrice sur la famille ; Philippe Ariès reçut ainsi une audience internationale alors que la France le découvrait à peine. Des psychologues et sociologues, notamment Américains, exploitèrent sa thèse qui visait àmontrer la nouvelle

place prise par l’enfant et la famille dans les sociétés industrielles, car aux Etats-Unis les « sciences de l’homme se préoccupèrent plus tôt qu’ailleurs des crises de la jeunesse». Paradoxalement, en France, c’est au nom de la psychologie moderne que lui était fait des reproches. Toutefois cette thèse rencontra une quasi-unanimité. Cependant, la thèse selon laquelle lesentiment d’enfance n’existait pas au Moyen-Age fut accueillie avec plus de réserve par les historiens. L’auteur revient sur ces polémiques dans la préface du livre publié en 1973.

La première grande partie que développe Philippe Ariès concerne le sentiment de l’enfance. Pour cela, l’auteur part du Moyen-Age, époque où selon lui le sentiment d’enfance était inexistant ; ce qui ne signifie pas qu’iln’y avait pas d’affection pour les enfants. Seulement, dès que l’enfant pouvait vivre seul, sans avoir besoin de la présence d’une femme (mère, nourrice…), celui-ci devenait adulte, vers 7 ans environ. La société adulte de cette époque était donc composée en majorité d’enfants et de jeunes. C’est pourquoi l’on retrouve beaucoup d’enfants dans les représentations de cette époque, alors que le trèspetit enfant y est peu, car trop fragile pour se mêler au monde des adultes. L’enfant ne comptait pas lorsqu’il était dans cette période de forte mortalité. L’auteur prend l’exemple du Malade imaginaire de Molière, pièce du XVIIe siècle dans laquelle le frère d’Argan lui dit ceci : « D’où vient, mon Frère, qu’ayant le bien que vous avez et n’ayant d’enfants qu’une fille, car je ne compte pas lapetite, d’où vient, dis-je que vous parlez de la mettre dans un couvent ? ». L’enfant ne comptait pas avant d’avoir franchi cette période où sa mortalité était plus que probable ; il intégrait ensuite le monde des adultes. Le manque de sentiment de l’enfance était également présent dans le vêtement. En effet, dès que l’enfant quittait le maillot, il revêtait les mêmes vêtements que ceux des...
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