L'enfant

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  • Publié le : 1 mai 2009
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Mais la Guerre ne détruit pas seulement les hommes, mais aussi la terre qui les porte, autrement dit la Nature. La Nature est un des thèmes de prédilection des Romantiques, romantisme qui dans ce poème est exprimé par son caractère lyrique et épique. La Nature est ici vue sous deux angles : elle est synonyme de paix et de bonheur, mais elle est blessée.

On peut tout d’abord voir la Naturecomme un havre de paix et d’opulence : sur l’île de Chio poussent des vignes, les « charmilles » protègent du soleil, tandis que des jeunes filles chantent et dansent à l’abri des « palais ». On sent, notamment par l’anaphore « Chio » au début des deuxième, troisième et quatrième vers, que le poète est fasciné, voire obsédé, par l’atmosphère de calme et de richesse qui régnait sur cette île.Cette île relève presque du paradis perdu. Elle est paradisiaque et presque aphrodisiaque par le vin qu’on y boit, les arbres symboliques comme le tuba, arbre du paradis mahométan, qui peuvent y pousser, ou les fleurs qu’elle abrite, ainsi le « lys » qui désigne ici une fleur rare, exotique, et donc fort précieuse et sans doute imaginaire. Elle est également décrite par des vers au rythme lancinant,dont se dégage un certain exotisme. En effet, on distingue de nombreuses références à des pays arabes ou du Moyen-Orient, comme la Turquie ou l’ « Iran ». On trouve aussi des allusions à des plantes de ces pays orientaux, le tuba ou le lys, par exemple. D’ailleurs de nombreux écrivains de cette époque utilisaient la transposition de leurs Histoires dans des pays lointains afin de critiquer etde dénoncer les régimes politiques d’Europe et leurs actions sans craindre la censure, ou pire encore.

Mais cette Nature a beaucoup souffert de la guerre : tant la flore, la faune que les habitants de l’île ont été massacrés. L’île n’est plus qu’un « sombre écueil » sur lequel « tout est ruine et deuil », ce monde « n’est plus qu’un désert ». L’emploi du passé montre ici l’abattement de Hugodevant la guerre, mais dénonce aussi par là la cruauté des ravages perpétrés par les hommes et leurs guerres. La beauté de la Nature est détruite sans raison et cette dernière devient une victime impuissante de tous ces méfaits.
Il ne reste des splendides « palais » , « charmilles », « grands bois », qu’une fleur, « une blanche aubépine », ayant échappé par miracle aux carnages : elle a été «oubliée ». Le poète, qui semble s’adresser à un enfant pour donner un ton plus poignant à ce poème, est obligé de promettre à ce dernier des merveilles de la nature que l’on trouve dans les pays voisins de la péninsule arabique, comme le lys ou le tuba, ou encore « un bel oiseau » qui conjuguerait à lui seul la douceur du hautbois et l’énergie des cymbales.

Cette nostalgie et cette beautéentraînent l’auteur à espérer un renouveau de cette nature blessée. On ressent cet espoir grâce à des hyperboles « Qu’un cheval au galop met, toujours en courant, cent ans à sortir de […l’ ] ombre [du tuba] » et des adjectif élogieux, « merveilleux… » et à des répétitions de l’adjectif « belle » ou de l’adverbe « gaiement ». Cet espoir permet de croire que la guerre n’aura pas le dernier mot et quela renaissance est possible.

Cet espoir est surtout présent à travers l’enfant lui même. L’auteur s’attarde à espérer que cet enfant rescapé du massacre est innocent et qu’il sera reconnaissant envers la nature pour tous ses soins. On constate que la nature est réconfortante et omniprésente. Elle est un « asile » pour l’enfant qui y revient toujours pour se rassurer et trouver la paix et lecalme qui lui manquent. Mais elle ne peut offrir qu’une fleur épineuse pour tout réconfort.

On voit ainsi que cette nature est porteuse de paix, d’espoir et de renaissance. Le poète lie chaque évocation de la nature à un sentiment de bien-être, de tranquillité et de vie, renvoyant à la jeunesse, l’enfance, et l’innocence qu’elles portent… ou sont supposées porter.
L’enfant est ici le seul...
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