L'enigme des blancs-manteaux: incipit

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  • Publié le : 10 mai 2010
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Extrait de l’œuvre de Jean-François Parot, L’Énigme des Blancs-Manteaux (2000)

Jean-Fancois Parot est diplomate, écrivain et spécialiste du Paris Du XVIIIe siècle. L’extrait proposé est un incipit, tiré de « L’Enigme Des Blancs-Manteaux», œuvre contemporaine parue en 2000 et qui est le premier roman de la série policière Nicolas Le Floch. L’extrait étudié met en scène deux hommes quidéchargent leurs tonneaux suspects, dans un endroit miteux où se trouvent les rats, les chiens et les corbeaux, ignorant qu’ils sont épiés par une femme innocente.

Nous étudierons le début de l’incipit, allant de la première phrase jusqu’à : « S’exclama l’homme en frappant à deux reprises sur la coupe décharnée. »

On se demandera comment l’extrait proposé nous montre une certaine vision de Paris. Ilconviendra d’abord de montrer en quoi cet incipit produit un effet de réel au lecteur ainsi que l’atmosphère sinistre de ce passage qui permettra de dégager en dernier lieu, l’ambiance angoissante que peut avoir cet incipit.

Dans cet extrait, l’effet de réel produit est immédiatement remarqué par le lecteur.
Tout d’abord, la première indication est la véracité des lieux. En effet, il s’agit delieux existant réellement, comme « de la Courtille à la Villette » (l. 2), « Bassignano en 1745 » ou encore « Royal Dauphin » (l. 18)
Le fait que les lieux soient véridiques provoque un effet de réel car cela laisse supposer que si les lieux existent bel et bien, l’histoire elle aussi, est réaliste et ne partira pas dans un registre fantastique. De plus, les références spatio-temporellesminutieuses (la nuit du vendredi 2 février 1761 ainsi que Bassignano en 1745) apportent un plus pour donner l’illusion du réel et de la vraisemblance.

Une autre justification quant au sentiment de réel que cet extrait apporte, est la précision des passages descriptifs.
On remarque beaucoup d’adjectifs qualificatifs : « journée sombre » (l. 2), « lourds nuages », « cheval étique » (l. 4), « lumièrelivide » (l. 9), « odeur tenace » (l. 11-12), « épouvantable puanteur » (l. 12-13) et « la vague immonde » (l. 14).
Nous observons également les compléments du nom : « Deux hommes, enveloppés de capes dont les pans noirs étaient à demi éclairés par la lueur d’un méchant falot » (l. 4-5) « une campagne envahie par les masses incertaines du brouillard » (l. 9) « collines couvertes de ronciers » (l.10) et « l’air froid de la nuit » (l. 12).
Et enfin les participes passés : « sol détrempé » (l. 5-6), « les deux ombres avaient rabattu leurs manteaux » (l. 13) « hennissement étranglé » (l. 14) et « croupe décharnée » (l. 22).
Toutes ces descriptions permettent au lecteur une meilleure visualisation de la scène, comme s’il s’y trouvait. Le lecteur peut donc s’imaginer la scène sans aucunedifficulté et se projeter dans le décor où se déroule l’intrigue.

Une des particularités du réalisme, est le langage familier et la forme de discours direct.
Comme nous pouvons le voir, le langage des deux hommes est typiquement familier, de par la façon dont ils s’expriment (« Je crois bien que cette carne va nous lâcher » ou encore, « Tords la gueule à la bête et dépêche-toi. Vois comme ilrécalcitre ! »).

Tous ces éléments donnent une ampleur à l’effet de réel qui se dégage de ce texte. L’auteur à voulu creuser en profondeur la précision des détails descriptifs et cela permet ainsi l’effet de réel apporté de nous entraîner dans une atmosphère sinistre…

Nous allons donc évoquer l’atmosphère sinistre qui réside dans cet incipit.
Dès le début, l’auteur nous place dans uneatmosphère de mauvaise augure, notamment avec la journée qui fut sombre auparavant, ainsi que la météo nuageuse et pluvieuse qui débute le prologue. Ce paysage nous invite déjà à entrer dans un sentiment d’insécurité et une impression de glauque.
Puis s’en vient de l’aura sombre et inquiétantes que dégagent les deux hommes inconnus, enveloppés de capes dont les pans noirs étaient à demi éclairés par...
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