L'euthanasie

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 31 (7718 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 10 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Étymologiquement, l'euthanasie (« euthanos » : bonne mort) désigne « l'acte mettant fin à la vie d'une autre personne pour lui éviter l'agonie », particulièrement dans le cas de maladies incurables qui infligent des souffrances physiques et/ou morales intolérables. On distingue l'euthanasie active de l'euthanasie passive. L'euthanasie active désigne un acte volontaire en vue d'abréger la vie dupatient tandis que l'euthanasie passive consiste à cesser un traitement ou arrêter l'usage de médicaments ou de produits qui maintiennent le patient en vie. De plus, il existe trois types de consentements. On parle d'euthanasie volontaire lorsque l'individu a la capacité mentale et physique de demander de l'aide pour mourir et qu'il le demande. L'euthanasie non volontaire d'acception 1 concerne lesindividus qui n'ont plus la capacité mentale et physique de demander de l'aide pour mourir mais qui ont exprimé antérieurement leur volonté à mourir. Enfin, l'euthanasie non volontaire d'acception 2 concerne les personnes n'ayant plus la capacité mentale et physique de demander de l'aide pour mourir ou de s'y opposer et dont on ignore quelle aurait été leur volonté. En France, l'euthanasie étaittotalement interdite avant la légalisation de sa pratique passive en 2005 suite à l'affaire Vincent Humbert. Cette loi n'a pas pour autant solutionné la question de l'euthanasie qui fait débat chez les français, notamment sur un plan moral, religieux, politique.. Cette délibération concerne également nos voisins européens où les lois sur l'euthanasie oscillent entre sa légalisation ou sa totaleinterdiction. Actuellement en France, malgré les lois en vigueur, des problèmes subsistent. On peut donc se demander s'il est nécessaire de continuer la légifération de l'euthanasie.
Nous étudierons tout d'abord l'affaire Vincent Humbert qui a provoqué le débat sur l'euthanasie en France. Puis, nous nous intéresserons aux lois qui existent en France mais aussi dans les autres pays européens.Enfin, nous analyserons les arguments en faveur de la légifération de l'euthanasie et ceux des détracteurs.


I/ Le cas Vincent Humbert : déclencheur du débat
Le débat sur l'euthanasie a été déclenché en France par une célèbre affaire médicale : le cas Vincent Humbert.
En 2000, Vincent Humbert, alors jeune sapeur pompier volontaire, est victime d'un grave accident de la route dans l'Eure. Après72h d'acharnement, la « mort cesse de tendre ses bras ». Les médecins l'opèrent. Vincent sombre dans le coma pendant six mois. Il se réveille mais en sort tétraplégique : paralysé des quatre membres, muet, presque totalement aveugle mais conservant toutes ses facultés intellectuelles.
Neuf mois plus tard, Vincent esquisse son premier sourire. Dix mois après, à force de ténacité et d'alphabetrépété, Vincent prononce ses premiers mots à l'aide de sa mère, Marie Humbert, qui est restée jour et nuit à ses côtés et qui récite les lettres de l'alphabet que Vincent sélectionne d'une pression du pouce pour pouvoir communiquer. En retrouvant son langage, il retrouve une volonté. Comme Vincent l'a écrit dans son livre Je vous demande le droit de mourir, il souhaite que les médecins intègrent « queje n'étais pas qu'une plante verte que l'on torche, que l'on soigne, que l'on retourne(...) que désormais j'allais me battre pour redevenir le vrai Vincent Humbert, celui qu'il n'avait jamais connu. » Mais en retrouvant le langage, l'entendement, Vincent prend également peu à peu la mesure de sa déchéance physique : « je ne peux bouger que très légèrement ma tête, ma main droite et c'est tout. (…)Je ne vois pas, je devine(...). Je n'ai plus d'odorat, je ne mange plus. (…). On me lave, on m'habille, on me met dans mon fauteuil et l'on me sangle pour ne pas que je tombe. ». Vincent est prisonnier de son propre corps, il constitue sa prison. Un corps où l'on se sent à l'étroit, enfermé, étouffé, et où pourtant il n'y a rien d'autre à faire qu'« attendre, attendre, attendre ». Au fur et à...
tracking img