L'evangile dans l'eglise tradition vivante de la foi/bernard sesbouë

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 10 (2314 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 28 décembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
L’Evangile dans l’Eglise, Tradition vivante de la foi, Bernard Sesbouë

Dans cet ouvrage, Bernard Sesbouë prend pour point de départ l’idée que l’Evangile c’est le Christ -c’est-à-dire une personne, une parole vivante- qui nourrit encore aujourd’hui notre foi. Or, il appartient aussi au passé en tant qu’évènement puisque Dieu s’est incarné en Jésus dans notre temps. Par ailleurs, le messageévangélique a traversé l’histoire d’abord par le biais des apôtres qui en ont assuré la diffusion et la transmission puis par celui de l’Eglise à l’origine de laquelle ils se trouvent. Le rapport au temps est donc primordial dans la question de la transmission sur laquelle l’auteur axe sa réflexion. En effet, au temps de l’Eglise primitive le présent de la communauté était nourri par la proximitétemporelle avec l’évènement Jésus. Puis les témoins directs ont disparu et la transmission de l’Evangile s’est faite au sein d’un témoignage de foi communautaire à l’origine de la Tradition portée par la suite par l’Eglise. Or Evangile et Eglise semblent avoir des apparences contraires aujourd’hui. A la puissance créatrice de l’Evangile semblent s’opposer les enseignements rigides et lesdoctrines du magistère. Il faut donc interroger la vie du message évangélique dans l’Histoire, l’histoire de l’église et leurs rapports. Comment l’Evangile est-il demeuré vivant jusqu’à nous et à quelles conditions peut-il le rester dans l’avenir ?
Bernard Sesbouë développe sa réflexion en s’appuyant sur l’axe du temps et sur la dichotomie entre langage parlé (élaboration des dogmes) et langage vécu(mise en pratique de la charité). Il montre d’abord que la vivacité du message évangélique n’existe que dans l’interdépendance entre communauté et Ecriture à travers le temps. Puis, la vie et l’ethos des saints représentant ce langage vécu de l’Evangile apparaissent comme un élément charnière dans la transmission. Enfin, il insiste sur l’idée que l’Evangile porté ainsi par l’Eglise invite chaquechrétien à le mettre en pratique. L’Evangile est donc un don et aussi une tâche à accomplir.

L’Evangile ne peut vivre dans l’Histoire sans être porté par l’Eglise. Le rapport à l’Eglise appartient à l’Evangile même. Il y a donc une étroite interdépendance entre communauté et Ecriture. La communauté est à l’origine de l’Ecriture mettant par écrit ce qu’elle retient de la personne de Jésus. Puisl’Ecriture devient normative pour la communauté.
Prenant pour base la constitution et la transmission du kérygme, l’auteur montre comment l’expérience communautaire est à l’origine de l’Ecriture. De slogans brefs aux symboles, il s’agissait pour les premiers chrétiens de professer une foi commune et de pouvoir en rendre compte aux païens. Inversement, l’expérience de la communauté devient aussinormative. Bernard Sesbouë se penche sur la réaction de Saint Irénée de Lyon se positionnant par rapport au problème du gnosticisme. Pour les gnostiques, seuls quelques privilégiés obtiennent le salut par une connaissance supérieure qu’ils se transmettent entre pairs. St Irénée traite la question en considérant que c’est dans l’Eglise qui remonte visiblement aux apôtres qu’a lieu la transmissionauthentique c’est-à-dire la Tradition de l’Evangile. Dans ce cas, c’est l’Eglise qui devient critère d’elle-même. Dans ces deux cas, le double mouvement est déjà présent. La communauté se constitue, passe par l’écrit puis ensuite peut se reconnaître chrétien celui qui adhère à ces expressions de la foi. Ainsi, l’Eglise doit prendre en considération l’Ecriture mais aussi le contexte. Il s’agitpour elle de trouver les bonnes « traductions » du message évangélique, d’en faire une actualisation. C’est ainsi que Bernard Sesbouë envisage le rôle des différents conciles tel que celui de Nicée. Mais si l’Evangile doit rester au cœur (comme le rappelle Luther au moment du la Réforme) il ne faut pas oublier le ministère de la Parole. Il doit maintenir l’authenticité de l’Evangile dans la vie...
tracking img