L'histoire oubliee des tirailleurs senegalais de la seconde guerre mondiale

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  • Publié le : 13 juin 2011
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L'histoire oubliee des Tirailleurs senegalais de la Seconde Guerre mondiale
AVANT PROPOS
« 13 mai 1940, trois jours après les premiers bombardements allemands, le commandement français réalise que l'offensive perce à Sedan, là où l'on s'y attendait le moins. En effet, dans l'après midi de cette terrible journée, couvert par une intense préparation aérienne, l'infanterie allemande franchit laMeuse dans le secteur de Sedan, sur le front de la II ème armée du général Huntziger.
Les jours suivants, aux alentours de Dinant-Givet et Revin-Monthermé, d'autres franchissements ont lieu pendant que des éléments blindés prenaient position sur la rive gauche. Pressé de toutes parts, le commandement tente d'établir un barrage qu'il confie à une troupe sûre : l'infanterie coloniale. Sur un frontde 20 km, la 1ère et la 6ème divisions face à toute la puissance mécanique allemande. 30 000 hommes dont 10 000 soldats de l'AOF : des soldats noirs2(*) ».
Entre le 21 juillet 1857, date de la création par décret du premier bataillon de Tirailleurs sénégalais par Napoléon III et le 08 mai 1945, date de la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux événements concernant au plus haut niveau lesAfricains se sont passés. La « Force noire3(*) » chère au général Charles Mangin a été finalement présente sur tous les fronts depuis sa création. Le général Mangin, ému par l'ardeur au combat de ces soldats noirs, obtint l'autorisation par l'assemblée nationale en 1912 de recruter 7000 africains pour servir en dehors de l'AOF avec en arrière pensée, l'idée de pouvoir utiliser cette forceafricaine en cas de conflit avec l'Allemagne.
Les troupes de marine avaient recruté, dès 1830, des africains noirs au Sénégal qui alors était la seule colonie au sud du Sahara. Malgré quelques réticences au début et après une politique officielle de recrutement militaire au Sénégal fondé sur le volontariat, le décret de 1857 allait reconnaître les Régiments de Tirailleurs sénégalais (RTS) . Utilisésd'abord dans la conquête du Soudan occidental, ils allaient très vite avoir d'autres prérogatives comme la défense de la France et de l'empire durant les deux guerres mondiales.
Ainsi, lorsque éclate la Première Guerre mondiale, un total de 94 bataillons d'africains de l'ouest, comprenant 161 250 « Tirailleurs sénégalais »4(*), soit 3% des cinq millions de citoyens français sous uniforme. LeProfesseur Marc Michel5(*) en a brillamment fait la chronique dans son « Appel à l'Afrique ».
Le 3 septembre 19396(*), lorsque la France déclare la guerre à l'Allemagne, elle fera tout naturellement de nouveau appel à sa force noire. Le Progrès colonial exultait à l'époque : « Pour la deuxième fois en vingt-cinq ans, des gens de couleur ont répondu à l'appel de la France sans plaintes ni murmures maisavec l'enthousiasme qui témoigne de leur loyauté ».
En fait, le rôle des Tirailleurs sénégalais, dans l'éventualité d'une guerre, était posé dès 1937, bien avant la déclaration des hostilités avec l'Allemagne nazie. Le gouvernement français envisageait même de projeter 160 000 hommes en provenance de l'AOF dès la déclaration de guerre. Il semble certain en tout cas qu'au moins 150 0007(*)Africains de l'ouest servaient dans l'armée française au moment de la débâcle. Effectivement, quand les colonnes allemandes s'enfoncèrent au Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg, les Tirailleurs sénégalais se trouvaient dans cinq divisions d'infanterie coloniale : le première, la seconde, la quatrième, la huitième et la neuvième, qui était une division d'infanterie légère. Les régiments ouestafricains étaient concentrés dans les huit RTS et les deux Régiments d'Infanterie Coloniale Mixte Sénégalais (RICMS) ; Le douzième et le quinzième RTS vont se retrouver immédiatement dans les combats à cause de leur position. Ainsi, entre mai et juin 1940, la campagne de France sera rude pour ces hommes venus du sud. Beaucoup ne retourneront jamais en terre africaine. Les survivants à cette guerre ne...
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