L'homme et la couleuvre

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  • Publié le : 26 septembre 2009
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1 - Du vers "Un Homme vit une couleuvre…" au vers "Mais rapportons-nous-en…", relevez les termes appartenant au champ lexical de la justice. Qui les utilise et pourquoi ? (3 points)

2 - Quelle est la thèse défendue par la vache, le bœuf et l'arbre ? (2 points)

3 - Comparez les discours de la vache et de l'arbre : quels sont leurs arguments ? Comment sont-ils présentés ? (3 points)

4 -Qui désigne le pronom "_nous_" du vers "Quand il eut ruminé tout le cas…" au vers "L'ombre l'été, l'hiver les plaisirs du foyer." (2 points)
LE CORRIGE.
I . Questions
On trouve aux vers 9, 10 et 11 les termes et expressions: " résolut, coupable, payer de raison, harangue " qui renvoient au vocabulaire de la justice. C’est l’homme qui les emploie ici comme pourlégitimer sa décision " au nom de la justice " de tuer le serpent. On trouve encore, toujours dans le discours de l’homme, aux vers 29 et 30: " droit ; rapportons-nous-en " qui montrent que l’homme est pris à son propre piège : il faut jouer le jeu de la justice jusqu’au bout (droit, procès, témoignages). Le serpent a recours lui aussi au champ lexical de la justice: " condamner "vers 15, " tranche-les ; ta justice " vers 20, " selon tes lois, condamne-moi " vers 21. Pour lui, il s’agit de feindre de s’en remettre à la justice des hommes. On pourrait résumer son discours ainsi : " Je reconnaîtrai ma culpabilité à condition qu’elle soit prouvée ". Remarquons les adjectifs possessifs " ta justice, tes lois " qui montrent la ruse du serpent qui entre dans cette parodie dejustice engagée par l’homme pour mieux établir son innocence et sauver sa vie. L’appel à témoins qui va suivre permettra à La Fontaine de dénoncer l’arbitraire de la justice rendue par l’homme.
Une seule et même thèse est défendue par la vache, le bœuf et l’arbre. Tous trois donnent raison au serpent qui affirmait : " Que le symbole des ingrats/Ce n’est point le Serpent, c’est l’Homme. "(vers 25/26). Cette thèse n’est pas explicite dans les discours des animaux et de l’arbre mais on trouve néanmoins le terme d’ " ingratitude " au vers 46 dans le discours de la vache. En ce qui concerne le bœuf et l’arbre, la même thèse est contenue implicitement dans leur argumentation qui repose dans les deux cas sur une opposition entre les bienfaits prodigués par eux d’uncôté et l’attitude méprisante, voire cruelle de l’homme en retour : ne s’agit-il pas là d’exemples tout à fait caractéristiques de l’ingratitude ? Tous trois défendent donc la thèse suivante : L’Homme est l’être vivant de loin le plus ingrat.
Les arguments développés par la vache et l’arbre sont très proches. Tous deux mettent en effet en évidence une contradiction entre lesbienfaits qu’ils ont apportés aux hommes et l’attitude injuste et cruelle de ceux-ci en retour.
Ainsi, la vache rappelle dans les vers 35 à 38 qu’elle a nourri l’homme : " Je nourris celui-ci depuis longues années ", qu’en outre elle a permis de sauvegarder sa santé (vers 39 à 41) : " Même j'ai rétabli sa santé, que les ans /Avaient altérée ." et que pourtant, devenue vieille, elle estlaissée à l’abandon et sans nourriture.
L’arbre rappelle également ses nombreux bienfaits dans les vers 68 à 72 : " refuge/Contre le chaud, la pluie, et la fureur des vents ; ornait les jardins et les champs ; les fruits ". Cette fois la contradiction est rendue explicite par un connecteur logique d’opposition: " cependant " (vers 72) et on retrouve le comportement ingrat de l’homme : " Unrustre l’abattait ".
Si ces deux argumentations sont très proches par leur construction, La Fontaine soucieux de varier les tons pour ne jamais ennuyer par la répétition, a souhaité qu’elles diffèrent par leurs tons.
Le discours de la vache est pathétique : le discours direct, les questions oratoires des vers 34 et 45/46, l’opposition entre la première personne " je " et la troisième " il,...
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