L'humanisme

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  • Publié le : 10 avril 2011
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Joseph Grand :
Petit employé de mairie, c'est un raté, qui n'a réussi ni dans sa carrière ni dans sa vie sentimentale. Il a de la peine à trouver les termes capables d'exprimer exactement ce qu'il veut dire : d'où sa volonté d'apprendre le latin pour approfondir le sens des mots, et d'écrire un roman qui lui vaudrait d'être salué chapeau bas, mais dont il s'épuise, sans jamais pouvoir allerau-delà, à mettre sur pied la première phrase.
En même temps, c'est un homme qui a de bons sentiments et qui ne craint pas de les manifester. C'est en ce sens qu'il est exemplaire. Il le prouve bien au cours de l'épidémie, où il est un des rares à conserver un certain équilibre de vie : il exerce son humble métier, mais il l'éclaire par sa chimérique ambition d'écrire; et, quand se créent des équipessanitaires, il participe bénévolement à leur action, en tenant des livres, en faisant des statistiques, à raison de deux heures par jour. Son dévouement lui vaut de contracter la peste. Mais, curieusement, il est un des premiers rescapés, comme si l'auteur voulait le récompenser de sa bonne volonté
S'il est vrai que les hommes tiennent à se proposer des exemples et des modèles qu'ils appellenthéros, et s'il faut absolument qu'il y en ait un dans cette histoire, le narrateur propose justement ce héros insignifiant et effacé qui n'avait pour lui qu'un peu de bonté au cœur et un idéal apparemment ridicule.
Rambert :
C'est un personnage d'une tout autre envergure : décidé à refuser l'injustice et les concessions, il tient le langage de Saint-Just. Journaliste, il n'est pas seulement unhomme de plume, il a un passé de militant, il a combattu, pendant la guerre d'Espagne, du côté des vaincus. C'est cette expérience qui lui permet de parler si haut en faveur du droit au bonheur, dont il est, dans La Peste, le champion irrécusable. Venu à Oran pour y préparer un reportage, il n'accepte pas d'être enfermé dans cette ville avec laquelle il n'a  rien à faire et veut à tout prix rejoindreen France là femme qu'il aime
Je ne peux pas supporter l'idée que cela va durer et qu'elle vieillira pendant tout ce temps [...1 A trente ans, il faut profiter de tout.
II multiplie les démarches pour avoir la possibilité légale de partir, et, comme il se heurte au formalisme administratif, il décide de s'évader
Je sais que l'homme est capable de grandes actions. Mais s’il n'est pas capabled'un grand sentiment, il ne m'intéresse pas [...1. Ce qui m'intéresse, c'est qu'on vive et qu'on meure de ce qu'on aime.
Malgré sa certitude intérieure, il fléchit une première fois quand il apprend que Rieux est, lui aussi, séparé de sa femme, il demande à entrer provisoirement dans les formations sanitaires. Puis, quand son évasion est prête à réussir, estimant qu'il peut y avoir de la honte àêtre heureux tout seul, il refuse de partir
J'ai toujours pensé que j'étais étranger à cette ville et que je n'avais rien à faire avec vous. Mais maintenant que j'ai vu ce que j'ai vu, je sais que je suis d'ici, que je le veuille ou non. Cette histoire nous concerne tous.

Tarrou :

II s'oppose à Paneloux, qui a tout misé sur la grâce. Son ambition est d'être un saint sans Dieu. Et c'est decette sainteté laïque qu'il est une sorte de modèle.
L’auteur, qui a beaucoup de sympathie pour lui et qui lui a prêté bon nombre de ses propres idées, voire de ses expériences personnelles, nous raconte son histoire (c'est le seul personnage dont nous connaissions aussi bien le passé). Fils d'un avocat général, il a vécu dans l'idée de son innocence, jusqu'au jour où, âgé de 17 ans, il est allé voirson père requérir la peine capitale, qui n'est rien d'autre que le plus abject des assassinats. II a quitté le domicile paternel, a fait de la politique, a lutté dans tous les pays d'Europe pour instituer une société plus juste : hélas! dans les rangs où il combattait, on procédait à des condamnations nécessaires. Après avoir vu fusiller un homme en Hongrie et découvert que nous étions tous...
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