Y a-t-il un pilote dans l'avion?

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 11 (2594 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 20 décembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
« IL N’Y A PLUS DE PILOTE DANS L’AVION …… ALORS, ON FAIT QUOI ? »
Réponse de Gabriel BIBA-NKOUKA à Venance KONAN
Article du 12/09/08 paru dans Le Nouveau Réveil. Abidjan

Cher Venance,

En cette fin d’année 2008 et à l’aube de l’année nouvelle, je me résous enfin à répondre à ta correspondance du 12/09/08 paru dans Le Nouveau Réveil.

En ayant prisconnaissance de ton texte par un ami commun interposé, il y a maintenant un peu plus de 3 mois, je m’étais promis de te répondre et d’essayer de donner une suite à tes interrogations et à ta révolte car elles épousent « maux pour maux » et à plus d’un aspect, mes propres interrogations et ma propre révolte. Je peux aussi te rassurer cher Venance, que cette quête est aussi celle de plus en plus d’africainsqui, ici ou là-bas, exilés ou résistants sur place, en ont assez de cette théâtralisation qui n’en fini pas, espèrent un autre scénario et souhaitent un autre dessein pour le continent.

Originaire du Congo Brazzaville, je vis en France comme beaucoup de mes compatriotes, pris dans le dilemme et la tourmente d’un hypothétique retour au pays natal. Ce qui me frappe, à la lecture de tonmessage, c’est la ressemblance et la similitude des faits entre ce que tu vis et décris chez toi en Cote d’Ivoire avec ce qui se passe au Congo Brazzaville, mais aussi au Gabon, au Tchad, au Niger, au Burkina………

Il te suffit, en effet, de remplacer Abidjan et Bouaké par Brazzaville et Kinkala et te voilà propulsé en pleine Afrique Centrale au Congo. A la place de Korhogo, Man, Danané,Ferkessédougou, je te propose de penser Goma, Bukavu ou Buhengeri, Abéché ou kano, Agadez, Kumba ou tout dernièrement encore Conakry et tu auras fait le tour du continent.

Bref, la situation est bien identique dans tous les pays d’Afrique noire au Sud du Sahara, dans tous les pays de la zone franc et par extension, dans tous les pays d’Afrique qu’ils soient francophones ou anglophones, du Nordou du Sud, de l’Est ou de l’Ouest, du Centre. Evidemment, les mêmes causes engendrent les mêmes effets, j’y reviendrai.

A ce stade, il faudrait et à juste titre, que l’on se pose véritablement les bonnes questions et que l’on dégage véritablement les responsabilités.

Tu écris pudiquement: « Mon intention ici n’est pas d’accuser qui que ce soit, c’est notre faute à tous »Pour ma part, je mets une grande réserve quant à cette approche qui consiste à collectiviser les responsabilités alors que des responsables existent et qu’ils sont clairement identifiés et identifiables. Il faut donc les dénoncer et les faire connaitre.

L’actualité internationale nous a plongés au cœur d’une crise du système capitaliste d’accumulation des richesses. Cette crise estsystémique, liée à une structuration clairement identifiée, à des mécanismes de fonctionnement connus et à des acteurs piliers qui managent le système. On ne fera pas l’économie d’une refonte en profondeur du système si nous voulons construire quelque chose de nouveau et repartir vers d’autres horizons. Avec des acteurs nouveaux et un nouveau projet à l’échelle planétaire.

La crise africaine,récurrente depuis des siècles mais encore plus préoccupante dans sa phase contemporaine, est liée à un système d’appropriation et de confiscation de ses capacités productives, de pillage de ses ressources qui ont miné et qui minent encore tout processus d’un réel développement économique et social du continent.

Ici aussi, le système est clairement identifié, les mécanismes et les acteursconnus.

Je ne suis donc pas partisan de cette vision des choses qui considère que nous devons assumer une quelconque faute collégiale et/ou collective. Non merci ! L’auto flagellation n’est pas pour moi. C’est faire là un affront à tous nos leaders politiques et d’opinion qui ont payé au prix fort, leur résistance et leur combat pour une Afrique libre et indépendante.

Je suis...
tracking img