celui qui est

Pages: 7 (1750 mots) Publié le: 4 juillet 2014
1

Celui qui est n’est pas, n’est plus, ne sera pas
Quelque chose, quelqu’un : morphose d’au-delà,
D’ici-bas, d’en-deçà toute fin et limite,
Indescriptible essors, pulsation, vie subite.
S’est-il éveillé tôt, trop tôt ? Endormi tard,
Trop tard pour ne pas voir l’avance et le retard
Des aiguilles compteuses accrochées aux pendules
Des couloirs de l’attente et de ses vestibules ?L’équilibre incertain de l’horloge et du temps
Hésite sa mesure, balbutie les instants,
Remet l’égrainement au hasard, à la chance
D’épiaisons plus sures, de moins vagues naissances.
Les espaces, murés dans leurs silences lourds,
Rebroussent leurs chemins, en remontent le cours,
Renoncent à l’appel des échos et des âmes,
Désinventent les chairs, décomposent les trames
Des destins rabattus à peinebourgeonnés,
Des corps anéantis avant que d’être nés.
Ils s’effritent sans bruit, se dispersent, s’enclosent,
Retombent en sommeil noir et s’y redéposent.
Pas d’étoile à filer, pas de monde à fleurir,
Nulle clé à tourner, nulle porte à ouvrir.
Mangeoire et lit de paille dans les limbes replongent.
L’ombre de nouveau plane et de nouveau s’allonge.
Lui, l’Un sur l’écran danse au ciel clos de lanuit
Blanche qui met son aise à mal et fond de puits,
A vestale d’alarme, à prêtresse anxieuse,
A racine de blé en herbe insomnieuse.

2

A fleur de monde, il saute à cloche-cauchemar
Au bord d’abîmes blancs, débordés de brouillards,
Déportés, en marées folles et ravageuses,
D’îles désenchantées, vagues et merveilleuses.
Le regard chaviré, les yeux sur l’horizon
Rivés, brûlés de sel,consumés d’oraisons,
Il fait le siège ardent, il prie pour l’abordage
De vaisseaux éclatés au chevet de leurs plages.
Fiévreux déboussolé, débaptisé de vent,
Il guette leurs assauts, proue à nord, soute aux dents,
Des mers désorientées dont les chamades fondent
La cadence guerrière et marine du monde.
Et son regard est fixe. Et brûlant. Les espoirs
Les plus inavoués, les plus crus, lesplus noirs,
Les plus démantelés l’agitent et le tremblent,
Le pressent d’au-delà, l’éparpillent, l’assemblent.
Il interroge, cherche, explore, écoute et sent
La moindre pulsion des courants et des vents
Contraires et vitaux dont les étendues tanguent,
Entre isthmes submergés, entre lames, entre langues
Ereintées et battues de bras d’océan clos.
Il survole les monts, il arpente les flots,Propulse les hauteurs, enfonce les abîmes,
En ratisse les fonds, en incendie les cimes,
Et ne sait pas comment, et ne sait pas pourquoi
Il est la conséquence et la cause et la loi
De la glèbe qu’il sent devoir, de tout son être,
Susciter, convoquer, pétrir et faire naître.

3

De vallées et de monts, d’abîmes, de hauteurs,
Irisé de beauté, assommé de splendeur,
De combats épuisé, consuméde victoires,
De calice et de lie à boire et à reboire,
Asphyxié de trop d’air, d’infini stupéfié,
Gorgé d’éternité, de pulsions pétrifié,
Un monde vient à lui, un monde se révèle,
Un monde, un univers, une force nouvelle.
Au chapiteau du ciel, à ses confins d’acmé,
D’un froissement vivant le vide est déformé,
Dont nul témoin ne peut attester la violence,
La force, la pression, lebesoin, l’insistance.
C’est une crispation de l’éther, un besoin
De battement de cœur, un premier coup de poing.
Un cri muet l’enserre, une onde le propage,
Dilate le néant, rebondit et orage
Le non fait, l’incréé, le non dit, le secret,
La glèbe encore éteinte au muet du creuset.
Une brèche se forme, une vague se creuse,
Tenace et obstinée, vivace, vigoureuse.
Un ciel se définit, une toile setend
Eclaboussée d’espace, pulvérisée de temps.
Une forme s’immisce. Une ombre, une apparence
Pousse, cherche sa chair, sa pleine consistance.
La tente est vide encore et l’écran reste noir.
Nul ne sait le matin, nul ne connaît le soir
De ce réseau diffus. Ce désir d’apparaître,
Ce cœur indéfini, cette force de naître

4

Annoncent le sillon, l’espace écartelé,
La bouche ouverte...
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