Edward Hopper et David Lynch: Une esthétique picturale dans Blue Velvet

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Edward Hopper et David Lynch
Une esthétique picturale dans Blue Velvet

Blue Velvet (1986) de David Lynch témoigne bien de la vision que le cinéaste porte sur le monde: le décalage entre les informations que le réel lui envoie et sa propre perception des choses.
L’histoire d’un film de Lynch n’est que la première strate de narration, dévoilant les autres profondeurs narratives de manière détournée, afin de mieux nous atteindre: ce qui paraît évident et clair à nos yeux n’est pas ce qui nous touche le plus, si l’on nous raconte une histoire en associant des choses inattendues, faisant écho à ce que nous refoulons dans notre inconscient, nous en percevons alors plus profondément sa complexité.

Tout commence avec la découverte d’une oreille coupée dans un champ, aux alentours d’une petite ville à première vue tranquille et bien sympathique, Lumberton.
Mais l’oreille va conduire conduire le jeune homme qui l’a trouvée, Jeffrey (Kyle Maclachlan), à une chanteuse liée à de sombres histoires de meurtres, vers un monde obscur où les lois conventionnelles rassurantes n’ont plus d’emprise sur la folie de l’homme.

La peinture est un élément très présent dans le cinéma de David Lynch, il déclare lui-même avoir été influencé par le travail de Jackson Pollock ou d’Edward Hopper.
C’est justement certaines toiles de ce dernier qui semblent hanter les scènes de Blue Velvet, en particulier dans la scène où Jeffrey, déguisé en nettoyeur, s’introduit dans l’appartement de la chanteuse Dorothy Vallens (Isabella Rosselini) afin d’enquêter.
Les teintes, la posture des personnages, l’attitude de Dorothy sont autant d’éléments qui nous rappellent l’athmosphère des tableaux de Hopper.

L’appartement de Dorothy Vallens

Pour la plupart des Européens, Edward Hopper leur confirme leur propre image de l’Amerique.
La représentation d’une ambiance qui apparaît comme typiquement américaine obéit, de même que la précision réaliste des détails, aux

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