Féminisme fausse route d'e. badinter

2377 mots 10 pages
FAUSSE ROUTE
D’Elisabeth Badinter

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Au sein du couple conjugal, le partage des pouvoirs c’est la démocratie qui repose elle-même sur l’amour et le respect de l’autre.
En 50 ans, le couple occidental a fait bien des progrès en matière d’égalité entre les hommes et les femmes.
Le droit à la contraception en 1967, le droit à l’avortement en 1975 ont été des leviers de la libération des femmes. La grande bataille pour les droits à la contraception et à l’avortement visait tout autant la récupération du pouvoir de procréation que l’obtention d’une nouvelle liberté sexuelle : « Mère si je veux , quand je veux ». Ce faisant les féministes de la première heure en 1968 ont contribué à la libération des femmes.
Les femmes ont en outre, massivement intégré le monde du travail. Toutefois, l’autonomie financière ne résout pas tous les problèmes de pouvoir. Il existe d’autres dépendances plus subtiles, plus secrètes telles que la dépendance sexuelle, affective, psychologique. La raison première du féminisme, toutes tendances confondues, c’est d’instaurer l’égalité des sexes et non d’améliorer les relations entre les hommes et les femmes. Les divergences féministes sur le concept d’égalité et les moyens d’y parvenir mettent en lumière des points de vue différents sur le rapport des sexes. Selon les féministes, le maintien de la connivence avec les hommes est essentiel, accessoire ou impossible. La tendance actuelle du féminisme est la revendication de l’égalité des sexes par la reconnaissance de la différence (I), revendication qui a été consacrée par le droit (II).

I- La revendication de l’égalité des sexes par la différence

Depuis la fin des années 1980 s’est élevée de toutes parts une immense clameur en faveur d’un droit à la différence. L’égalité dans la différence est le mot d’ordre général. Ce droit nouveau, réclamé par toutes les minorités, par toutes les communautés et par les individus eux-mêmes, est devenu le nouveau cheval de

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