Gustave flaubert, l'éducation sentimentale

Pages: 6 (1493 mots) Publié le: 10 juin 2012
L’effervescence du départ (« Le 15 septembre » à « sans discontinuer »)

«  Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin,  la Ville-de-Montereau, près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai Saint-Bernard »
- Point de vue adopté égal à celui d’un roman de Balzac, point de vue omniscient : indications précises de date et de lieu.
- Le temps est doublement précisé : jour et heure.- Pour les lecteurs des années 1869, l’histoire que rapporte le roman est récente => normes du réalisme
- Paris est évoqué de façon métonymique par le quai Saint-Bernard
=> Cadre spatio-temporel fermement posé
- Symboliquement, « septembre » annonce le déclin de l’été, mais l’heure matinale, comme plus tard la jeunesse du héros (« dix-huit ans ») suggèrent l’éveil à la vie et annoncent unroman d’apprentissage.
- Fumée que crache le bateau ancre le récit dans le monde moderne des bateaux à vapeur => crée aussi un premier brouillage de la vision.
=> Cette phrase initiale plante donc le décor du livre, l’élan vers un ailleurs

« Des gens arrivaient hors d’haleine ; des barriques, des câbles, des corbeilles de linge gênaient la circulation ; les matelots ne répondaient à personne ;on se heurtait ; les colis montaient entre les deux tambours »
- Changement de point de vue, Flaubert décrit maintenant l’effervescence du quai par le regard des voyageurs (réalisme objectif)
- Le narrateur peint l’animation et le désordre du départ par une juxtaposition de propositions, qui met sur le même plan les gens, anonymes, les matelots et les objets
- Le rythme, donné par la ponctuationnombreuse, fait alterner les groupes syllabiques longs et brefs (8/3/3/14)
- Tous les verbes employés ici créent un dynamisme, que renforce l’expression « hors d’haleine » ; de plus, ces mouvements apparaissent divers et contradictoires « on se heurtait », « gênaient »
- Précédés tantôt d’un déterminant indéfini (« des gens », « des barriques »), tantôt d’un défini (« les matelots », « lescolis »), individus et objets sont traités de la même façon
- Anonymat marqué par les pronoms indéfinis (« on », « personne ») et absence de communication (« les matelots ne répondaient à personne ») => amplification de l’animation régnante

« Et le tapage s’absorbait dans le bruissement de la vapeur, qui, s’échappant par des plaques de tôle, enveloppait tout d’une nuée blanchâtre, tandis que lacloche, à l’avant, tintait sans discontinuer »
- Des impressions auditives viennent s’ajouter aux impressions visuelles
- Ici, les mots « tapage » et « bruissement » désignent des bruits confus et désordonnés, bien que d’intensité différente => contribuent à l’effervescence
- Tintement de la cloche => imminence du départ
- Une série de brouillages est donc créée dans ce tableau par lasuperposition des sons, mais aussi par la « nuée blanchâtre » de la vapeur => rappelle les tableaux impressionnistes (La gare Saint Lazare de Monet par exemple)
- Ces brouillages constituent autant d’écrans entre le spectateur et la réalité.


La description de Frédéric (« Enfin le navire partit » à « il poussa un grand soupir. »)

«  Enfin le navire partit ; et les deux berges, peuplées de magasins,de chantiers et d’usines, filèrent comme deux larges rubans que l’on déroule. »
- Ce troisième paragraphe amorce un second mouvement, avec le départ du bateau .
- Le passé simple « partit » et l’adverbe temporel à valeur conclusive « enfin » contribuent à l’effet de rupture.
- « comme deux larges rubans que l’on déroule » => la description est maintenant faite à partir du bateau ; cettecomparaison, qui assimile symboliquement le cours du fleuve au cours de la vie, constitue un exemple de réalisme subjectif.
- La navette fluviale devient un « navire » => poésie du voyage.

«  Un jeune homme de dix-huit ans, à longs cheveux et qui tenait un album sous son bras, restait auprès du gouvernail, immobile. »
- Le récit se focalise à présent sur un personnage particulier.
- L’indéfini...
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