La fotaie

Pages: 5 (1227 mots) Publié le: 11 janvier 2011
-Il- Les positions défendues et la cohérence de la pensée :
-   Par un exemple imprécis dans la formulation - « un philosophe », « un autre » -, mais qui exprime des positions très tranchées - « toujours » / « jamais » -, LF met en avant l'opposition des philosophes du temps sur la question de savoir si le témoignage des sens permet d'atteindre la vérité. Dès le vers 5 qui inaugure la partiedidactique, LF expose sa thèse qui va à l'encontre du doute et de l'idéalisme de Descartes et de Malebranche - « ont raison » et « dit vrai » constituent des marques très claires de prise de position -, mais qui corrobore celle de Gassendi, épicurien sensualiste : contrairement à Pascal qui place la raison sous la domination de l'imagination, « maîtresse d'erreur », et dans une moindre mesureMontaigne, LF exprime ici un credo rationaliste : « la raison décide en maîtresse », elle est capable de rectifier les impressions fausses des sens. Le paradoxe consiste donc à affirmer que d'une erreur peur naître une vérité. L'emploi du verbe tromper, d'abord dans une tournure affirmative, puis négative, associé aux « sens », rend compte de ce renversement possible grâce au recours à l'intelligencehumaine, capable de rétablir la réalité des choses, d'où v.25 et 26 : « Mon âme, en toute occasion / développe le vrai caché sous l'apparence » ; l'exemple présenté aux v.15 à 22 accumule des verbes d'actions dans des séquences brèves, pour signifier les interventions de la raison afin de corriger les erreurs des sens. « L'ignorant » est le représentant de l'homme qui se fonde exclusivement surles sens et s'oppose au « je » dont la raison est prééminente. L'exemple, v.30, qui repose sur une brachylogie, à la faveur de la juxtaposition de termes abstraits et concrets, rend imagée de façon synthétique cette thèse et trouve sa formulation redondante dans l'exposé des vers 31 à 33 : le vers 33, caractérisé par la symétrie et l'antithèse, est à présent compréhensible au lecteur : la raison esten mesure d'éviter les pièges crées par les illusions des sens. Le dernier exemple, v.34 à 41, permet d'une part de confirmer ce rôle octroyé à l'intelligence et d'autre part d'introduire le thème de la superstition, qui va concerner l'exemple suivant : L'emploi du présent aux vers 35 et 40 est là pour attester le degré de certitude que l'on peut atteindre, lorsque nos sens nous font illusion.-   L'exemple v.42 à 54 permet d'opposer « chacun », prêt à se laisser abuser par ses sens et à interpréter de façon irrationnelle la réalité - « qui présageait sans doute un grand événement »
au Monarque, Charles II, capable de faire prévaloir sa raison - « ces hautes connaissances »
et d'imposer la vérité : la brièveté de la séquence « on en rit », qui fait écho à « LeMonarque accourut », souligne le rôle fondamental du roi dans la lutte contre les superstitions qui sévissent dans le peuple.
Mais cette critique de la superstition reste allusive : elle est contenue dans l'opposition entre le discours indirect libre qui rapporte l'hypothèse astrologique (v.46 à 49) et l'énoncé qui la ridiculise au vers 52-.
La critique de la politique belliciste de Louis XIV est encore plusindirecte : elle apparaît dans les phrases exclamatives et interrogatives qui expriment, sur un registre proche du lyrisme et de façon redondante (v.54- 55 ; 71-72), l'aspiration à la paix (ce souhait figure aussi aux vers 63 et 67-68) et donc la lassitude devant la politique guerrière de Louis XIV. Prudemment, LF semble faire l'éloge des deux rois : tous deux sont pourvus de qualités militaires (le« repos » de Charles II n'est pas de l'incompétence, il pourrait égaler Louis XIV - v.64-65, où le mot « valeur » est souligné avant la ponctuation -, et tous deux s'intéressent aux sciences et aux arts - pour Charles II, v.50 ; pour Louis XIV, V.61-62 -. Mais l'intérêt de Charles II pour les sciences et les arts est « entier » (v.55 et 72), il les « favorise en roi », exerçant pleinement son...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !