La valeur dans la pensée économique du xixème siècle.

Pages: 10 (2321 mots) Publié le: 23 juin 2012
Introduction :

La valeur se définit( généralement comme le caractère mesurable d’un bien en tant que susceptible d’être désiré et échangé, et qui en fait le prix. Aristote se demandait pourquoi une maison s’échange contre une quantité déterminée de paires de chaussures. De plus, aux XVIème et XVIIème siècles, les économistes mercantilistes pensaient trouver l’origine de la valeur dans lestock d’or détenu dans un pays, et au XVIIIème siècle, les Physiocrates pensaient quant à eux trouver l’origine de la valeur dans la terre et l’agriculture. Ainsi, en observant l’histoire de la pensée économique, il semble évident qu’il existe une certaine contradiction concernant la théorie de la valeur.
Au XIXème siècle, la recherche de l’origine de la valeur des biens et services redevient unequestion centrale et fait l’objet d’un affrontement chez les économistes. Cependant, sur quoi repose la théorie de la valeur dans les différents courants économiques du XIXème siècle ?
Après avoir analysé la théorie de la valeur-travail, qui caractérise le courant classique, nous nous intéresserons à la théorie de la valeur-utilité chère aux néoclassiques, puis à la théorie de la valeur-rareté,notamment développée par Walras.



I. Théories se plaçant du côté de l’offre et de la production et selon lesquelles la quantité de travail détermine la valeur d’un bien


a) La théorie de la valeur-travail selon Adam Smith (1723-1790)

Fondateur de l’école classique, Adam Smith est le père de la théorie de la valeur. Dans son ouvrage Recherche sur la nature et les causes de la richessedes nations (1776), Smith distingue la valeur d’usage de la valeur d’échange, tout en considérant que les services n’ont pas de valeur. Ainsi, pour l’économiste, la valeur d’usage désigne l’utilité ressentie par les individus (théorie subjective de la valeur), alors que la valeur d’échange indique la valeur relative des différents biens lors de l’échange. La valeur d’échange représente donc le prixréel de la marchandise.
Smith ne considère pas de relation directe entre ces deux valeurs, si ce n’est que la première soit la condition de la seconde (on n’échange pas des objets inutiles), mais non la cause (un objet n’est pas d’autant plus cher qu’il est utile). Dans ce sens, Smith soulève le paradoxe de l’eau et du diamant : « il n’y a rien de plus utile que l’eau, mais elle ne peut rienacheter […]. Un diamant au contraire n’a presque aucune valeur quant à l’usage, mais on trouvera fréquemment à l’échanger contre une très grande quantité d’autres marchandises ».
Smith s’intéresse cependant surtout à la valeur d’échange des biens et développe la théorie du pouvoir de consommation qu’elle donne. Grâce à son principe de division du travail qui conduit à l’enrichissement des nations,Smith expose le fait que chacun cherche à échanger pour satisfaire ses propres besoins ; la valeur d’échange des biens provient du travail nécessaire à leur production et lorsque quelqu’un achète une marchandise, il achète en réalité le travail d’autrui. La valeur d’un bien ne sera donc pas déterminée par le bien lui-même, mais par le nombre d’unités de travail nécessaire à la production. Ainsi,dans la théorie de la valeur-travail-commandé, développée par A.Smith, la marchandise permet d’acheter du travail à autrui et de s’éviter de la « peine ».
Cette théorie de Smith sera complétée quelques années plus tard par Ricardo.


b) Le complément d’analyse de Ricardo (1772-1823)

David Ricardo rejette la théorie de Smith en terme de « travail commandé » pour une théorie de « la valeurtravail incorporé » : la valeur est égale à la quantité de travail incorporé dans la marchandise. Autrement dit, la valeur d’un bien n’est rien d’autre que la somme des unités de travail nécessaire à la conception d’un bien et de toutes ses composantes, c’est-à-dire la sopme du capital technique qui provient d’un travail passé, auquel on ajoute le travail immédiat (la valeur n’et donc pas seulement...
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