Le doute

Pages: 18 (4434 mots) Publié le: 3 mars 2011
Faut-il douter de tout ?

Introduction.
Il était tout d’abord tout à fait important dans ce sujet de comprendre que la le verbe d’obligation falloir, retrouvé dans le « faut-il » devait être vraiment pris en compte. Pourquoi faudrait-il douter de tout, en quoi cela pourrait-il être nécessaire, obligatoire, en quel sens cela pouvait-il relever d’un impératif de prudence ou d’un devoir, d’uneexigence que le sujet se fixerait à lui-même ?
Dans le même sens, il était tout aussi important d’analyser la notion de doute et la manière de douter que le sujet contraignait d’envisager : le doute dont il est question dans le sujet est un doute volontaire, provoqué, et non un doute subi. Il s’agit donc d’une décision du sujet qui réfléchit, hésite, soupèse les arguments, hésite à trancher,cherche la vérité, ce que renforçait le « faut-il ».

I/ Pourquoi faudrait-il douter de tout ?
A/ La thèse sceptique
Les corrigés donnaient les éléments de connaissance. Il était ensuite nécessaire de les organiser. Si l’on va à l’essentiel, on comprend que si pour les sceptiques il faut douter de tout, c’est parce que selon eux la connaissance de la réalité est impossible. Nous n’aurions accès qu’àdes apparences, à nos propres perceptions, sans qu’un accord universel entre nos perceptions et la réalité puisse advenir. C’est à partir de ce désaccord entre les jugements émis par l’homme sur la réalité et la réalité elle-même telle qu’elle est indépendamment de nos perceptions (les noumènes) que les sceptiques en arrivent à l’idée qu’il faut douter de tout. Puisqu’à toute opinion l’on peut enopposer une autre qui soit valable, puisqu’à toute preuve l’on peut demander une preuve de cette preuve (regression à l’infini), puisque toute conclusion peut demandée à être prouvée elle aussi (argument du diallèle), on peut en conclure que l’esprit ne saurait trancher entre telle ou telle option. Le sceptique n’affirme ni ne nie rien, il doute de tout, parce qu’il vaut mieux selon lui douter detout que d’affirmer ce qui est faux.

B/ Conséquences et problèmes.
S’il faut douter de tout, c’est afin d’aboutir à la suspension du jugement, puis à l’ataraxie (repos de l’âme) qui seuls rendent possible selon les sceptiques le bonheur. On comprend alors que le fait qu’il soit nécessaire de douter de tout (interprétation du sujet) ait pour raison et conséquence le bonheur de l’homme. Celuiqui ne doute pas de tout, voire qui ne douterait de rien, est la source de son propre malheur puisqu’il affirme ou nie dogmatiquement ce dont il devrait douter. S’il faut donc « balancer, de douter de chercher, de ne se tenir pour sûr et certain de rien[1] », c’est afin de parvenir à un état où le doute puisse être banni. Mais une conséquence paradoxale se dégage alors de cette logique sceptique :il serait fondé, légitime, meilleur de douter de tout (éléments d’analyse critique du sujet) mais l’on parviendrait alors à un état intérieur où l’on ne doute plus, car l’on ne cherche plus à cultiver l’incertitude (synonyme de doute) mais à s’abstenir de juger. Il faudrait donc douter de tout pour ne plus douter de rien ! non pas à la manière de l’homme emprisonné dans ses opinions, mais comme lesage qui ne cherche pas à savoir.
Ceci engendre plusieurs problèmes. Le premier et le plus massif, ce qui explique la longue condamnation des sceptiques par nombre de philosophes, réside dans l’impossibilité du savoir ou de la connaissance qu’elle engendre. S’il faut douter de tout, alors on ne peut rien savoir ni connaître, toute science et toute certitude deviennent infondées. Le premierproblème qui apparaît à l’examen du courant sceptique est donc un problème gnoséologique (il concerne la connaissance que l’on peut avoir de la réalité).
Le second problème concerne le statut du doute et la suspension du jugement. Montaigne explique dans le texte cité que « l’ignorance qui se connaît, qui se juge et qui se condamne n’est pas une entière ignorance : pour l’être, il faut qu’elle...
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