Les néoclassiques

Pages: 9 (2064 mots) Publié le: 16 octobre 2010
Libéralisme néo-classique et guerre
             Comme en réaction aux analyses marxistes qui placent les travailleurs-salariés comme véritables acteurs de la vie économique, une succession d'économistes poursuivent la réflexion du libéralisme en poussant encore plus loin l'élaboration d'un modèle d'équilibre fondé sur la rencontre entre une demande et une offre de biens et de services. Loin detenter de contrer le marxisme sur le terrain socio-économique, les premières générations de ces économistes dits néo-classiques, il tente de "découvrir" des méthodes de calcul des quantités en jeu, voulant faire véritablement de l'économie politique la seule vraie science qui vaille. Dans cette tentative de mathématiser les relations économiques, beaucoup plus près donc de la micro-économie (trèsproche de l'entreprise) que de la macro-économiée (les évolutions d'ensemble), tout ce qui n'est pas de la "pure" économie est considéré comme externe. Externes sont donc les interventions de l'Etat, externes sont donc les dépenses militaires, externes sont les guerres. Il y a là quelque chose de paradoxal dans une époque où l'industrialisation va de pair avec un changement de nature des dépensesmilitaires, dans une période, du début du siècle jusqu'à 1945, où la guerre et l'économie de guerre prennent une place grandissante.
 
           Carl MENGER (1840-1921), le fondateur de la première école néo-classique ne pense pas pourtant que les mathématiques puissent faire avancer les sciences sociales et il se tourne plutôt vers la psychologie pour expliquer l'économie (valeur-utilité).Eugen von BOHM-BAWAERK (1851-1914) fait de son côté du capital du travail détourné (accumulé) et rejette même cette fameuse théorie des trois facteurs de production (la terre, le travail, le capital). Friedrich von WIESER (1851-1926) introduit la notion de valeur naturelle. En supprimant les inégalités des revenus, on retrouverait cette valeur naturelle des biens, les biens à forte utilité socialeauraient alors une valeur d'échange plus élevée, la production pourrait alors s'orienter vers les biens les plus nécessaires... 
Dans sa Théorie positive du capital de 1889, l'analyste autrichien Eugen von BOHM-BAWERK considère que l'intérêt du capital est rendu possible par le fait que les détours de production augmentent la productivité du travail, et il est rendu nécessaire par le fait de ladépréciation du futur. Il en arrive, comme l'explique Henri DENIS, à dire que la répartition est déterminée par la nécessité, en régime concurrentiel, de l'égalisation de l'offre et de la demande sur le marché du capital et sur le marché du travail. Même s'il s'efforce de ne pas présenter une vision naïve du processus de la concurrence, toutes ses analyses se focalisent sur les conditionsd'égalisation de cette offre et de cette demande sur les deux marchés. Dans De l'origine et des lois de la valeur (1884) comme dans La valeur naturelle (1889), Freidrich von WEISER cherche à éliminer de l'analyse économique la notion même de coût de production en soutenant que le coût d'un bien se ramène toujours à la quantité d'un autre bien que l'on aurait pu produire à la place du premier. Portant un coupdécisif à la pure doctrine libérale, il admet que l'Etat doit se donner pour but l'utilité sociale et prendre en main s'il le faut lui-même la production de certains biens, même si l'on suppose que la libre concurrence procure un "maximum de satisfactions" aux individus considérés isolément. Dans ses ouvrages ultérieurs (La théorie de l'économie sociale - 1913, La loi et la puissance - 1926),l'économiste formule une sévère critique du capitalisme libéral, soulignant l'importance prise par les monopoles, dénonçant les inégalités des revenus, critiquant jusqu'au libéralisme politique de se vider de sa substance par sa tolérance de ces inégalités. Il repousse le socialisme car il supprime le "suprême pouvoir de la concurrence".
    On sent bien, à travers tous ces écrits que les...
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