Les racines lib rales classiques de la doctrine marxiste des classes

Pages: 42 (10301 mots) Publié le: 12 septembre 2015
Les racines libérales classiques de la doctrine marxiste des classes
Stéphane Couvreur
mai 20, 2011
Articles, En avant, Histoire de l'école française
4 Commentaires
Par Ralph Raico
Traduction : Stéphane Geyres
Ralph Raico est professeur émérite en histoire européenne au Buffalo State College, et Senior Fellow au Mises Institute. C’est un spécialiste de l’histoire de la liberté, de la traditionlibérale en Europe, et de la relation entre la guerre et la montée de l’État. Il est l’auteur de La place de la religion dans la philosophie libérale de Constant, Tocqueville, et Lord Acton.
Le texte au format pdf (300ko).
Peu d’idées sont aussi étroitement associées au marxisme que les notions de classes et de lutte des classes. Il est par exemple impossible d’imaginer ce que la philosophiemarxiste de l’histoire ou la théorie révolutionnaire marxiste seraient en leur absence. Pourtant, comme beaucoup d’autres concepts du marxisme, ceux-ci restent ambigus et contradictoires[1]. Ainsi, alors que la doctrine marxiste enracine soi-disant les classes au sein du processus de production, le Manifeste du parti communiste affirme dans ses premières lignes célèbres :
L’histoire de toute sociétéjusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes. Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, bref oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une lutte ininterrompue…[2]
À l’examen, ces paires opposées se révèlent, pour tout ou partie, des catégories non pas économiques, mais juridiques[3].
Ni Marx ni Engels n’ont jamais résolules contradictions et les ambiguïtés de leur théorie dans ce domaine. Le dernier chapitre du troisième et dernier volume du Capital, publié à titre posthume en 1894, est intitulé « Classes[4] ». Marx y déclare : « La première question qui se pose est la suivante : Qu’est-ce qui constitue une classe ? » « A première vue, » cela semble être « l’identité des revenus et des sources de revenu. »Cependant, cela ne satisfait pas Marx, car « à partir de ce point de vue, les médecins et les fonctionnaires, par exemple, constitueraient également deux classes… » Des classes distinctes résulteraient également de
la fragmentation infinie d’intérêt (sic) et de rang qui résulte de la division du travail social entre ouvriers, capitalistes et propriétaires – ces derniers, par exemple, en propriétairesde vignobles, propriétaires agricoles, propriétaires de forêts, propriétaires de mines et propriétaires de pêcheries.
À ce stade, Engels note : « Le manuscrit s’interrompt ici. » Ce n’était cependant pas à cause de la disparition prématurée de Marx. Le chapitre remonte à un premier projet rédigé par Marx entre 1863 et 1867, soit entre seize et vingt ans avant sa mort[5]. L’explication d’Engels estque « Marx avait coutume de laisser de telles notes de conclusion jusqu’à l’édition finale, juste avant de passer sous presse, quand les derniers développements historiques lui fourniraient à coup sûr la preuve de l’actualité et du mérite de ses propositions théoriques[6]. » Cette explication eut été plus convaincante si, dans l’intervalle avant sa mort, Marx avait par ailleurs donné unedéfinition des classes à la fois claire et cohérente avec le reste de sa théorie.
Mais quels que soient les défauts des concepts marxistes de classes et des conflits entre elles, il reste que le marxisme est si étroitement associé à ces idées que l’on perd souvent de vue un fait important : non seulement la notion de lutte de classe était déjà un lieu commun plusieurs décennies avant que Marx commence àécrire, mais cela avait donné naissance à une théorie tout à fait différente de la lutte des classes, qui joua un rôle dans la généalogie des idées de Marx.
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