Les Traits Distinctifs Entre L

Pages: 9 (2857 mots) Publié le: 8 mars 2015



Les traits distinctifs entre l'esclavagisme dans le monde arabe médiéval et la Grèce antique












Esclavage en Grèce antique

Jeune esclave présentant une boîte à bijoux à sa maîtresse assise, stèle funéraire, vers 430-410 av. J.-C.,British Museum
L’esclavage a été une composante essentielle du développement du monde grec antique pendant toute son histoire. Il estconsidéré par les Anciens non seulement comme indispensable, mais encore comme naturel : même les stoïciens ou les premiers chrétiens ne le remettront pas en cause.
Conformément à la tradition historiographique moderne, cet article ne traite que des esclaves-marchandises1 — non des groupes dépendants comme les Pénestes thessaliens, les Hilotes spartiates ou encore les Clarotes crétois aux statutscomplexes, plus proches duservage médiéval. L’esclave-marchandise, lui, est un individu privé de liberté et soumis à un propriétaire qui peut l’acheter, le vendre ou le louer, comme un bien.
L’étude de l'esclavage en Grèce antique pose des problèmes méthodologiques non négligeables. La documentation est disparate et très fragmentaire, concentrée sur la cité d'Athènes. Aucun traité ne portespécifiquement sur le sujet. Les plaidoyers judiciaires du ive siècleav. J.-C. ne s'intéressent à l'esclave qu'en tant que source de revenus. La comédie et la tragédie mettent en scène des stéréotypes. Il est difficile de distinguer avec certitude un esclave d'un artisan dans la production iconographique ou parmi des stèles. Même la terminologie est souvent vague.

Le grec ancien possède un grand nombre demots pour désigner l’esclave, dont beaucoup demandent un contexte pour éviter toute ambiguïté. Chez Homère, Hésiode ou Théognis de Mégare, l'esclave est appelé δμώς / dmốs2. Le sens du mot est général, mais il désigne plus particulièrement des prisonniers de guerre pris comme butin3. À l'âge classique, on le nomme ἀνδράποδον / andrápodon4(littéralement « qui a des pieds d’homme », par oppositionà τετράποδον / tetrapodon, le quadrupède, c'est-à-dire le bétail). Dans un contexte militaire, le terme désigne le prisonnier en tant que part du butin, c'est-à-dire en tant que bien. Le mot le plus courant est sans doute δοῦλος / doûlos(dérivé du do-e-ro mycénien), employé par opposition à l'homme libre (ἐλεύθερος / eleútheros) et plus particulièrement au citoyen (πολίτης /polítês).La δουλεῖα / douleia désigne le rapport de soumission de l'esclave à son maître, mais aussi celle des enfants par rapport à leur père ou celle des citoyens aux magistrats5. Enfin, on emploie aussi le terme οἰκέτης / oikétês : littéralement, « celui qui habite la maison », par extension, le « domestique »6.
Les autres termes utilisés sont beaucoup moins précis et nécessitent un contexte :
θεράπων / therápôn : chez Homère, le motdésigne l'écuyer (Patrocle est ainsi le therapôn d'Achille7 et Mérion celui d'Idoménée)8 ; à l'âge classique, il désigne le serviteur9 ;
ἀκόλουθος / akólouthos, littéralement, le « suivant », « celui qui escorte »10 ;
παῖς / pais, littéralement « enfant »11, emploi que l'on peut rapprocher de celui de « boy »12 ;
σῶμα / sôma, littéralement « corps », employé dans le contexte del'affranchissement13.
La présence d'esclaves (do-e-ro) est attestée dans la civilisation mycénienne. D'après les tablettes de Pylos, on peut identifier avec certitude 140 do-e-ro14. On distingue deux catégories juridiques : les « simples » esclaves et les « esclaves du dieu » (te-o-jo do-e-ro) - le dieu étant probablement Poséidon15. Les esclaves du dieu sont toujours mentionnés par leur nom et possèdent de laterre ; la loi les traite plutôt comme des affranchis. La nature de leur sujétion au dieu et son origine sont mal connues, l'on ne sait s’il s’agit de consécration personnelle ou d’affranchissement sacré16. Pour ce qui est des autres, certains d'entre eux - un ethnique de Cythère, Chios, Lemnos ou encoreHalicarnasse - ont probablement été réduits en esclavage par des pirates - comme...
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