Ne sommes-nous que des mots ?

Pages: 9 (2238 mots) Publié le: 24 février 2011
Proposition de corrigé :

Introduction :

Puis-je dire que je suis ce langage que je parle et où ma pensée se glisse

au point de trouver en lui le système de toutes ses possibilités propres,

mais qui n’existe pourtant que dans la lourdeur de sédimentations

qu’elle ne sera jamais capable d’actualiser entièrement ?

En posant cette double question, Michel Foucault résume bien ledébat introduit par le sujet qui nous est proposé : « Ne sommes nous que des mots ? » En d’autres termes, Notre être, dans sa triple dimension psychologique, cognitive et éthique peut-il être réduit à des mots ? Notre réalité tant individuelle que collective se ramène-t-elle à des discours ? Est-ce seulement à travers les mots que nous devenons nous mêmes ? Penserions-beaucoup et penserions nousbien si nous n’avions pas de langage ? Mais, au-delà, suffit-il de disposer des mots pour penser, suffit-il de dire pour être, ne faut-il pas aussi agir ?

N’être « que des mots » peut d’abord être pris dans une acception psychologique. Notre « moi » pourrait-il apparaître sans langage et sans échanges avec autrui ? En quoi sommes-nous redevables aux mots pour être nous-mêmes ? Mais celasuffit-il à rendre compte de la totalité de notre être conscient ?

Initialement, l’enfant ne distingue guère ce qu’il est pour lui-même de ce qu’il est pour les autres. Il s’appelle lui-même par son prénom, signe qu’il n’a pas encore construit la limite de son moi. On dira, avec Piaget, qu’il est à une phase syncrétique de son intelligence. C’est lorsqu’il trouve le mot « je », pour se dire, qu’ildevient à la fois capable de se désigner lui-même face aux autres qui sont maintenant des « tu » ou des « ils ». Cette autonomie du moi se conquiert aussi par le jeu des questions sur l’attribution (« c’est à qui ? ») dont la finalité est de préciser les contours du domaine propre de sa subjectivité. On peut donc dire que c’est par l’acquisition du langage, en trouvant « des mots pour se dire », quese forme notre moi.



Ceci n’est pas seulement à envisager du point de vue de la genèse du moi, mais se vérifie tout au long de notre vie. En effet, parler c’est se situer d’emblée sur un terrain commun où nous pouvons à la fois reconnaître l’humanité de l’autre et où notre humanité est reconnue. Seuls les hommes parlent et les mots sont leur patrie commune. C’est à travers ces mots que leurpensée, originellement subjective et particulière accède à l’universalité. C’est dans cette intersubjectivité, dans cette relation par les mots que nous nous reconnaissons mutuellement . Dire « je » n’est pas seulement exprimer ma subjectivité, c’est dire, comme le souligne Sartre, en même temps tous les autres. Dans cette mesure, le « je pense » n’est pas un mot isolé, il renvoie toujours à unnous pensons ? Le Cogito n’est pas un mot isolé, il appelle un « cogitamus »



Cependant, il semble y avoir une part de nous même irréductible au langage.

En effet, nous sommes aussi (et peut-être d’abord) un corps, c’est à travers lui que nous ressentons le monde, et c’est aussi par lui que nous communiquons avec les autres. Or, ce corps même si l’on se plait à le recouvrir de toute unesémiologie du geste, du vêtement, de la coiffure etc. est tout de même irréductible, de part sa dimension naturelle, à l’univers du signe. Même si nos mimiques sont apprise, même si elles constituent un langage, mon regard et mon visage sont une expression immédiate de mon vécu, en-deçà et au-delà des mots.

D’autre part, même si Hegel ne voit dans l’ineffable que « la pensée obscure, la pensée àl’état de fermentation », je dois bien reconnaître que ma subjectivité ne se laisse pas toute entière cerner par des mots. Le monde intérieur des sentiments, des émotions, des sensations, un univers qui n’est peut-être pas pensé clairement et distinctement, mais qui ne laisse pas d’exister, témoigne tout autant que ma raison de mon être réel.

Enfin, nous pouvons aussi aspirer au silence....
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