Peut-on désirer autre chose que l'impssible?

Pages: 6 (1461 mots) Publié le: 22 décembre 2010
un homme sans mémoire peut-il être libre?
D’après l’opinion commune, on a coutume de dire qu’un homme sans mémoire ne peut être libre. La question « un homme sans mémoire peut-il être libre ? » est paradoxale car elle semble indiquer qu’il y ait une possibilité qu’un homme sans mémoire soit libre puisque l’on se pose la question. Toutefois, cette question est justifiée puisque si être libre,c’est pouvoir faire ce que l’on veut sans aucune contrainte, il faut « avoir mémoire » des données qui vont permettre d’effectuer cette action. Alors comment pouvoir effectuer cette action si on n’a pas mémoire d’elle. On verra donc dans un premier temps qu’un homme sans mémoire n’est pas libre. Mais dans un second temps, on verra qu’il existe des hommes ayant plus ou moins une mémoire et ons’interrogera sur leur liberté. Enfin, dans un troisième temps, on verra que la mémoire n’est pas ce qui détermine la liberté d’un homme.

La mémoire se définit comme une fonction psychique consistant dans la reproduction d’un état de conscience passé avec ce caractère qu’il est reconnu pour tel par le sujet. Quant à la liberté, elle se définit comme la capacité de faire ce que l’on veut sans aucunecontrainte. L’homme, lui, nécessite la possession d’une identité lui permettant d’être libre, face à la loi notamment car s’il n’a pas d’identité, il n’est personne or la liberté est réservée aux personnes. Selon le philosophe anglais John Locke, l’identité se définit par la conscience soutenue par la mémoire qui elle, permet d’instaurer une continuité au sein de l’existence en reliant le passé et leprésent. Ainsi, si l’on n’a pas de mémoire, on n’a pas d’identité, on est donc pas libre. Dans cette logique, un homme qui, dans le passé aurait commis certains actes et qui n’aurait pas conscience d’avoir commis ces actes par le passé serait considéré comme quelqu’un qui n’est paslibre puisqu’il ne peut s’en souvenir, il ne peut donc pas faire ce qu’il veut, la contrainte ici étant qu’il n’a pas mémoire des actions commises par le passé. Locke propose pour expliciter cela, une expérience de conscience : il suppose que la même substance immatérielle qui constituait l’âme de Noé (cf. l’arche de Noé) constitue à présent ma propre âme. Dira-t-on pour autant que Noé et moi sommesla même personne ? Locke affirme que non : si je n’ai aucune conscience que les actions de Noé sont aussi les miennes. Cela signifie que je ne suis Noé. En revanche, si j’ai conscience de tout cela, s’il est aussi évident pour moi que j’ai assisté au déluge et que je suis en train de saisir ma dissertation, alors Noé et moi sommes une seule et même personne. Cette expérience illustre ainsi la thèsede Locke et montre l’importance de la mémoire dans l’acquisition d’une identité, donc de la liberté. Mais la notion de liberté nous entraîne dans un cercle vicieux : la liberté veut en échappant à toute contrainte or, échapper à toute contrainte suppose d’échapper à toute forme d’être car être c’est toujours être pris dans un ensemble de choses. Pour échapperà toute contrainte, il faut donc être mort or mort, je ne peux plus rien faire. On voit ainsi que la définition de liberté comme la capacité de faire ce que l’on veut en l’absence de contrainte se retourne en quelque sorte contre elle-même. Ainsi, la liberté doit s’accompagner d’un certain nombre de contraintes. Par exemple, dans un jeu, il y a des règles à respecter qui sont des contraintes maissans qui le jeu serait impossible. Les contraintes sont ressenties comme des entraves à la liberté mais elles sont parfois nécessaires.
Quant à la notion de mémoire vue ici, sous une de ses formes, peut prêter à confusion. Ainsi, avec la remise en question de la notion de liberté, nous allons passer au second temps de notre réflexion.

Ainsi, comme évoqué dans notre première partie, la...
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