Pono pono

Pages: 5 (1100 mots) Publié le: 28 novembre 2012
"En morale, les règles éternelles d’action ont la même vérité immuable et universelle que les propositions en géométrie. Ni les unes ni les autres ne dépendent des circonstances, ni des accidents, car elles sont vraies en tout temps et en tout lieu, sans limitation ni exception. « Tu ne dois pas résister au pouvoir civil suprême » est une règle qui n’est pas moins constante ni invariable pourtracer la conduite d’un sujet à l’égard du gouvernement, que « multiplie la hauteur par la moitié de la base » pour mesurer la surface d’un triangle. Et de même qu’on ne jugerait pas que cette règle mathématique perd de son universalité, parce qu’elle ne permet pas la mesure exacte d’un champ qui n’est pas exactement un triangle, de même on ne doit pas juger comme un argument contraire àl’universalité de la règle qui prescrit l’obéissance passive, le fait qu’elle ne touche pas la conduite d’un homme toutes les fois qu’un gouvernement est renversé ou que le pouvoir suprême est disputé. Il doit y avoir un triangle et vous devez vous servir de vos sens pour le connaître, avant qu’il y ait lieu d’appliquer votre règle mathématique. Et il doit y avoir un gouvernement  civil, et vous devez savoirentre quelles mains il se trouve, avant qu’intervienne le précepte moral. Mais, quand nous savons où est certainement le pouvoir suprême, nous ne devons pas plus douter que nous devons nous y soumettre, que nous ne douterions du procédé pour mesurer une figure que nous savons être un triangle." De l'obéissance passive, Berkeley

Problématique : Dans ce texte Berkeley met en parallèle la morale etles mathématiques, plus précisément la géométrie. Pour donner une rigueur formelle à ce qui nous pousse à agir, c’est-à-dire aux règles de nos actions, il les compare aux règles de la géométrie. En effet, celle ci sont « éternelles », « immuables » et « universelles », c’est-à-dire valables pour tous, elles ne changent pas. Mais peut-on véritablement comparer la géométrie qui est une scienceexacte à la morale qui semble dépendre de la subjectivité et de la sensibilité de chacun ? le but de l’auteur est de justifier l’obéissance passive en faisant comme si elle relevait d’un processus de démonstrations mathématique. Cet exemple de moralité interroge sur l’origine de ce qui nous pousse à obéir. A qui faut-il obéir de manière inconditionnelle, sans douter, sans remettre en question unpouvoir suprême ? Y a-t-il une puissance légitime à laquelle nous devons nous soumettre de manière indubitable et avec l’application de règles aussi implacables que celles des mathématiques ?
Plan possible :
I. Les règles morales et les propositions de géométrie.
1. Nul doute que les deux domaines exigent l’universalité et l’immutabilité. On ne peut que constater ces deux exigences en mathématiquecomme en morale. Cependant ces deux caractéristiques n’ont pas la même valeur. Car le caractère universel et absolu des mathématiques ont pour enjeu la vérité. En ce qui concerne la morale, l’enjeu est le bien, la justice.
2. L’exemple de la résistance énonce une règle qui semble aussi rigoureuse qu’une proposition de géométrie car, malgré le caractère particulier du « tu dois », elle énonce unesentence que l’on peut universaliser sans contradiction logique. Il semble donc que cette règle soit opératoire, c’est-à-dire que l’on puisse l’appliquer pour tous, en tout temps et en tout lieu. N’est-ce pas là une usurpation d’un droit à la résistance, en particulier lorsque le pouvoir suprême ici désigné est abusif ou injuste ?
3. Mesurer la surface d’un triangle est une opération valable pourtous les triangles, et même, dit l’auteur, pour ceux qui ne sont pas conforme à la définition d’un triangle parfait. Mais en morale, est-ce la même nécessité mathématique que l’on peut appliquer à nos actions ? Berkeley fait comme si, seule la raison pouvait décider de nos actions .

II. Ce sont les perceptions sensibles qui nous permettent de connaître ou d’agir
1. En mettant sur le même...
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