Surveiller et punir

Pages: 9 (2151 mots) Publié le: 9 mai 2013
DoSurveiller et punir
Michel Foucault

Résumé

Le livre s’ouvre sur la description de l’exécution de Damiens (2 mars 1757 pour tentative d’assassinat sur Louis XV). Il avait été condamné au bûcher après écartèlement. Aujourd’hui, dit Foucault, « a disparu le corps comme cible majeure de la répression pénale».
Peu à peu, à la fin du XVIIIe et au cours du XIXe siècle, la punition cesse aussid’être
montrée aux foules ; elle n’est plus spectacle. Dans le « châtiment-spectacle », l’horreur était
à la fois celle du condamné et celle du bourreau : honte pour le supplicié sans doute, mais
jamais très loin de la pitié ou de la gloire, et infamie pour l’exécuteur. Au contraire, la Justice
moderne va chercher à transmettre l’idée que l’essentiel n’est pas de punir mais de corriger,redresser, « guérir ».
La peine cesse progressivement d’être un spectacle et l’essentiel de cette transformation est
acquis dans les années 1840 en France (plus tard en Angleterre par exemple).
L’existence des supplices est sans doute le reflet d’une époque où le corps humain n’a pas la
valeur marchande que lui conférera une économie de type industriel. Le mépris du corps se
réfère à une attitudegénérale à l’égard de la mort. Les ravages de la maladie et de la faim, les massacres périodiques, la formidable mortalité des enfants, tout cela rendait la mort familière et suscitait des rituels pour l’intégrer, la rendre acceptable et donner un sens à son agression.
Le personnage principal du supplice, c’est le peuple dont la présence est requise. Mais son
rôle est ambigu. Il doit avoir peurmais il doit être aussi garant de la punition et même dans
une certaine mesure y prendre part. Or, il ne réagit pas nécessairement comme on le souhaite : il cherche à empêcher certaines exécutions ou il maudit les juges et mène tapage contre la sentence. Auquel cas la foule peu prendre parti du condamné, ce qui est l’inverse de l’effet recherché par la sentence.

Dans la seconde moitié duXVIIIe siècle, le supplice est devenu intolérable. Et dangereux par
l’appui qu’y trouvent, l’une contre l’autre, la violence du roi et celle du peuple, car depuis la fin du XVIIe siècle, on note une diminution considérable des crimes de sang et,
d’une façon générale, des agressions physiques ; les délits contre la propriété semblent
prendre la relève des crimes violents. La délinquance diffuse,occasionnelle, mais fréquente
des classes les plus pauvres est relayée par une délinquance limitée et « habile » de finauds
qui calculent ; une criminalité de marginaux.
L’utilisation de la prison comme forme générale de châtiment n’est néanmoins pas encore perçue comme forme adéquate de punition. L’emprisonnement est prévu, mais parmi
d’autres peines ; il est alors le châtiment spécifique decertains délits, ceux qui attentent à la
liberté des individus (comme le rapt) ou ceux qui résultent de l’abus de la liberté (le désordre, la violence). La prison est considérée comme incapable de répondre à la spécificité des crimes. Elle est dépourvue d’effets sur le public, inutile à la société, nuisible même (elle est coûteuse), elle entretient les condamnés dans l’oisiveté et multiplie leursvice. De plus, son application est difficile à contrôler et on risque d’exposer les détenus à l’arbitraire de leurs gardiens. D’ailleurs, le métier de priver un homme de sa liberté et de le surveiller en prison est un exercice de tyrannie.

Or, voici le problème : au bout de bien peu de temps, la détention est devenue la forme essentielle du châtiment. Dans le code pénal de 1810, entre la mortet les amendes, elle occupe presque tout le champ des punitions possibles. Au théâtre punitif dont on rêvait s’est substitué le grand appareil uniforme des prisons.
L’explication le plus souvent donnée, c’est la formation de quelques grands modèles d’emprisonnement punitif, comme le Le Rasphuis d’Amsterdam, ou encore La prison de Walnut Street, qui sont les premiers centres pénitenciers a visées...
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