Toutes violences peut-elle être exclue des rapports entre les hommes ?

Pages: 8 (1929 mots) Publié le: 19 avril 2011
Plan de la dissertation :

Intro

En se demandant si le conflit est inévitable dans les rapports avec les autres, il est question de la nature des relations que nous pouvons avoir avec eux. Mais, plus largement, c'est l'éthique de notre civilisation qui est en jeu. Il y va en effet des principes, tant moraux que politiques, susceptibles de réguler, à défaut de l'endiguer, le fond de violencesur lequel s'édifie la civilisation.
Les rapports avec les autres sont-ils nécessairement de l'ordre du conflit ?
Toute violence peut elle être exclue des rapports entre les hommes ?

I.

Voyons d'abord si d'autres formes de rapports avec les autres sont envisageables.
Le terme « autres », dans le sens où il vient d'être employé, est un synonyme du mot « semblables » qui lui, estprécisément un terme souvent utilisé pour désigner les Hommes. Or qui dit « semblable » dit la reconnaissance d'une identité, et ainsi l'affirmation d'une parenté, avec tous les sentiments d'affinité que cela peut impliquer, comme par exemple la solidarité ou la sympathie. L'autre est couramment désigné aussi grâce au terme « prochain », sous l'influence de la tradition biblique, avec la très célèbre formule: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». A nouveau, qui dit « prochain » dit la reconnaissance d'une proximité, et ainsi l'exercice d'une sollicitude, avec tous les sentiments éthiques que l'origine religieuse de l'expression implique.
Ainsi, de toute évidence, d'autres relations sont envisageables telles que celles qui relégueraient les autres dans l'altérité distante et volontiers hostileque suggère l'expression « les autres ». La sympathie, par exemple, s'avère être une relation susceptible d'être fondamentale. Elle témoignerait en faveur du fait que nous ne serions pas programmés pour nuire aux autres et nous opposer systématiquement à eux. Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) est le théoricien de cette sympathie naturelle qui, cultivée, peut donner naissance à l'amour oul'amitié, et il considère que les hommes sont spontanément enclins à être bons les uns à l'égard des autres. Dans son « Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes » (1755), il exprime sa foi rationnelle en la « bonté naturelle » de l'être humain, qui l'inciterait à faire son bien « avec le moindre mal aux autres qu'il est possible ». Les dispositions premières des hommesseraient ainsi primitivement dénuées d'hostilité, et si conflit il y a, cela tiendrait à l'entrée des hommes en société. Très clairement, la sympathie apparaît comme un sentiment psychologique naturel qui est susceptible de lier les hommes les uns aux autres sans qu'ils entrent en conflit les uns avec les autres.

Cependant, si l'homme était bon de lui-même, pourquoi serait-il nécessaire de luidemander d'aimer son prochain? C'est ce que se demande le psychanalyste autrichien, philosophe à ses heures, Sigmund Freud (1856-1939), en prenant le contre-pied des thèses rousseauistes pour montrer que le conflit est inévitable, l'homme étant selon lui, naturellement enclin à nuire à ses semblables.

II.

Le vingtième siècle semblant donner raison à Freud, il convient d'analyser la relationconflictuelle des hommes entre eux pour en expliquer l'origine, la nature et le danger.
Le fait est qu'on ne se pose qu'en s'opposant. La psychologie de l'enfant montre à quel point l'opposition aux autres est fondamentale. Elle est nécessaire à l'enfant pour prendre conscience de lui. Le moi n'advient qu'en second et il dit "tu" avant de dire "je". Gaston Bachelard disait que "le moi s'éveille parla grâce du toi". Lors de la crise des trois ans, l'enfant identifie l'autre dans son altérité de sujet avant de s'identifier lui-même comme autre de cet autre que lui-même, affirmant et construisant sa personnalité individuelle contre tout ce qui prétend lui dicter sa loi. L'adolescent ne procède pas autrement lorsqu'il passe par la crise de croissance de sa personnalité adulte, appelée «...
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