A. makine "le testament français"

Pages: 7 (1612 mots) Publié le: 10 mai 2011
La France. Êtes-vous sûrs que vous la connaissez, que vous la comprenez ?

En effet, chaque personne la voit de ses propres yeux. A chacun elle offre des aspects différents. Sa beauté, sa force, sa contradiction, ses odeurs, ses sons …

Dans le roman "Le testament français" A. Makine décrit la France d’une manière inattendue à travers le prisme des impressions personnelles d'une personneélevée par sa grand- mère française sur la terre russe. Le héros du roman parlant de lui à la première personne est élevé avec sa soeur par sa grand-mère française.

Quand ils étaient petits, ils passaient toutes leurs vacances d'été dans la petite ville de Saranza au bout de la steppe russe, où habite leur grand-mère née au début du siècle en France. Charlotte Lemonnier s'est trouvée en Russie parhasard, quand elle était partie chercher pendant la guerre civile sa mère Albertine. Albertine a refusé de quitter la Russie, car son époux Norbert Lemonnier, qui travaillait comme médecin en Russie, était décédé. C’est pourquoi elle a décidé de rester pour toujours près de sa tombe. Charlotte tente de ramener sa mère dans son pays natal, car en Russie c’était la guerre civile, mais on lui prendson passeport français, on l'arrête, et par conséquent toute sa vie elle vivra ici en Russie. Mais la France de sa jeunesse, la France inaccessible restera pour elle la plus belle chose au monde.

Et voici que le soir la mamie et les enfants sont assis au balcon de leur petit appartement. Les enfants ont appris à parler français. Chaque soir la mamie leur lit quelques passages des classiquesfrançais ou leur raconte des souvenirs de sa patrie éloignée.

"Le soir, nous rejoignîmes notre grand-mère sur le petit balcon de son appartement. Couvert de fleurs, il semblait suspendu au-dessus de la brume chaude des steppes. Un soleil de cuivre brûlant frôla l'horizon, resta un moment indécis, puis plongea rapidement. Les premières étoiles frémirent dans le ciel. Des senteurs fortes,pénétrantes, montèrent jusqu'à nous avec la brise du soir.

Nous nous taisions. Notre grand-mère, tant qu'il faisait jour, reprisait un chemisier étalé sur ses genoux. Puis, quand l'air s'était imprégné de l'ombre ultramarine, elle releva la tête, abandonnant son ouvrage, le regard perdu dans le lointain brumeux de la plaine. N'osant pas rompre son silence, nous lui jetions de temps en temps des coupsd'oeil furtifs: allait-elle nous livrer une nouvelle confidence, encore plus secrête, ou bien, comme si de rien n'était, nous lire, en apportant sa lampe à l'abat-jour turquoise, quelques pages de Daudet ou de Jules Verne qui accompagnaient souvent nos longues soirées d'été? Sans nous l'avouer, nous guettions sa première parole, son intonation. Dans notre attente–attention du spectateur pour lefunambule – se confondaient une curiosité assez cruelle et un vague malaise. Nous avions l'impression de piéger cette femme, seule face à nous...

Nous voyions maintenant sortir de cette marée fantastique les conglomérats noirs des immeubles, les flêches des cathédrales, les poteaux des réverbères – une ville! Géante, harmonieuse malgré les eaux qui inondaient ses avenues, une ville fantômeémergeait sous notre regard…

Soudain, nous nous rendîmes compte que quelqu'un nous parlait depuis déjà un moment. Notre grand-mère nous parlait!

- Je devais avoir à l'époque presque le même âge que vous. C'était en hiver 1910. La Seine s'était transformée en une vraie mer. Les Parisiens naviguaient en barque. Les rues ressemblaient à de grands lacs. Et ce qui m'étonnait le plus, c'était lesilence…

Sur notre balcon, nous entendions ce silence sommeillant de Paris inondé. Quelques clapotis de vagues au passage d'une barque, une voix assourdie au bout d'une avenue noyée.

La France de notre grand-mère, telle une Anlantide brumeuse, sortait des flots. (р.27-29)

Dans la conscience des enfants, pour la première fois la France de la jeunesse de leur grand-mère s'associe au mot...
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