L'ecole normale à l'iufm

Pages: 15 (3573 mots) Publié le: 12 mai 2011
De l’École normale à l’IUFM et au-delà par Yves Chevallard Professeur des universités à IUFM de l’académie d’Aix-Marseille On peut tenter de dire une institution par le truchement d’une chronique particulariste qui en énonce les temps et les lieux, les hommes et les femmes. La loi Guizot du 28 juin 1833 sur l’organisation de l’instruction primaire stipulait dans son article 11 : « Toutdépartement sera tenu d’entretenir une école normale primaire, soit par lui-même, soit en se réunissant à un ou plusieurs départements voisins. » La chronique locale nous dit, en écho, qu’une école normale s’ouvre ainsi à Aix-en-Provence le 1er octobre 1837. Non pas à Marseille, donc, mais à Aix, « sous les yeux du recteur ». Qui connaît par le menu la chronique la plus récente sait que les choses n’ont, àcet égard, pas changé ! La loi Guizot négligeait la scolarisation des filles : ce n’est qu’en 1879, le 9 août, qu’est voté, sur la proposition de Paul Bert, alors président de la Commission de l’enseignement public à l’Assemblée, une loi faisant obligation aux départements de créer une école normale de jeunes filles avant trois ans. Il existe à cette date vingt-deux écoles normales de filles : lacinquième, dans l’ordre chronologique, avait été ouverte à Aix, encore, dès avril 1844. Le chroniqueur localier décline ainsi le détail coloré, parfois piquant, d’une histoire globale – celle des écoles normales puis des IUFM – qui jamais ne l’explique entièrement. Le genre ne manque pas de charme. Mais le détail ne peut être entendu si l’on méconnaît les lignes de force d’une histoire presqueviolente, où triomphe l’ambivalence des sentiments, aussi éloignée qu’on peut l’être de la vision pastorale, apaisée d’une montée progressive vers la lumière. Si leur tracé à évolué, la nature de ces lignes de force n’a guère changé depuis trois siècles. Qu’est-ce que vivre et travailler en une école normale hier, en un IUFM aujourd’hui ? Que peut-on y faire, et sous quelles contraintes ? Que peuventen connaître ceux qui, simples spectateurs, voudraient en être, non les acteurs, mais les témoins lucides ? Que doivent-ils en savoir de toute urgence ? Voici une première réponse, qu’apporte Jules Ferry lorsque, le 1er août 1879, il défend devant les sénateurs la proposition de loi de Paul Bert. Cette loi, dit-il, « veut constituer des écoles normales de filles, parce qu’à notre sens et, je croispouvoir le dire, au sens de ceux qui ont mis la main, si peu que ce soit, aux affaires de l’instruction publique, il n’y a pas d’enseignement public sans écoles normales. » Pour qu’il y ait une École de la République, il faut des écoles normales : ce n’est pas là un détail qui puisse attendre. Déjà, sous la Convention, présentant le 2 brumaire an III (24 octobre 1794) le rapport qu’il a rédigéavec Garat sur l’établissement des écoles normales,

Lakanal met les points sur les i : alors que la France n’a pas encore « les écoles où les enfants de six ans doivent apprendre à lire et à écrire », établir des écoles normales, c’est commencer à dessein le grand édifice de l’instruction publique « par le faîte », parce que c’est là l’unique moyen d’organiser « sur tous les points de laRépublique, des écoles où présidera partout également cet esprit de raison et de vérité dont vous voulez faire l’esprit universel de la France ». Lakanal, Ferry, le discours est un : des écoles normales sont indispensables, et même premières ! L’adjectif « normal », précise Lakanal, vient du latin norma, la règle. Ces écoles, énonce-t-il, doivent être en effet « le type et la règle de toutes les autres ».En ce sens, notons-le dès maintenant, les IUFM sont des écoles normales, remarque essentielle pour comprendre ce que nous vivons, à l’IUFM de l’académie d’Aix-Marseille comme ailleurs. « Dans ces écoles, poursuit Lakanal, ce n’est donc pas les sciences qu’on enseignera, mais l’art de les enseigner ; au sortir de ces écoles, les disciples ne devront pas être seulement des hommes instruits,...
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