Clytemnestre

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Résumé

Pierre Matthieu, auteur français du XVIème siècle, rencontre une postérité qui n’est pas à la hauteur de sa productivité. En effet, il a beau avoir beaucoup écrit, et dans tous les formats imaginables à l’époque (essais religieux, historiques, polémiques, romans, poésie, théâtre…), on ne se souvient généralement pas de lui. Est-ce à dire que ses écrits sont sans intérêt ? Loin de là. Mais par exemple, dans ses travaux dramaturgiques, il ne fait qu’utiliser des détours plus ou moins explicites pour commenter les actions des aristocrates en place. Leur propos, qui n’a qu’une valeur ponctuelle de ce fait, se dissout en même temps que le souvenir des personnalités à qui il s’adresse. Clytemnestre, qui forme une trilogie tragique avec Vashti et Aman, n’échappe pas à ce constat.

            Clytemnestre a deux sous-titres, un long, De la vengeance des injures perdurable à la postérité des offensés, et des malheureuses fins de la volupté, et un court, L’Adultère. Chacun offre une porte d’entrée différente et intéressante à la lecture de Clytemnestre.

 

            ACTE PREMIER

            Quand la pièce commence, un personnage masculin nommé Thyeste est seul en scène et monologue. On comprend, à condition de connaître un peu la mythologie grecque antique, qu’on en est à ce stade de l’histoire : Thyeste a violé l’épouse d’Atrée, son frère, et lui a fait des enfants ; Atrée a découvert le pot-aux-roses, Thyeste s’est exilé, Atrée l’a fait revenir ; cette demande de retour n’était qu’un stratagème, Atrée n’a fait que feindre le pardon pour mieux se venger de son frère adultère, en lui faisant manger, lors d’un repas faussement amical, ses propres fils. Thyeste, furieux, est résolu à se venger, et cette rage, cette soif de vengeance apparaissent dans ce monologue inaugural. Thyeste s’adresse virtuellement à Égisthe, son fils, produit d’une relation incestueuse avec Pélopée, sa fille, et l’incite à l’aider à assouvir sa soif. Il souhaite qu’Égisthe s’en prenne à Agamemnon, fils d’Atrée.

            C’est ensuite le Chœur qui prend la parole, et décrit brièvement le calme avant la tempête, en insistant sur le fait que la tempête va être amenée par le criminel Thyeste.

 

            ACTE SECOND

            C’est cette fois-ci Égisthe qui monologue. Il formule les difficultés qu’il éprouve à passer à l’acte pour exécuter les vœux de son père, mais aussi son amour pour Clytemnestre, épouse d’Agamemnon. Il se résout finalement à agir, et sort de scène.

            Clytemnestre et sa nourrice entrent sur scène et dialoguent. Clytemnestre avoue qu’elle est sur le point de commettre un adultère ; sa nourrice essaie de l’en dissuader. Clytemnestre inventorie ce qui fait d’Agamemnon un homme fautif, qui mérite d’être trompé. La nourrice rappelle qu’Égisthe n’est probablement pas sincère dans ses démarches, qu’il agit par pur souci de vengeance.

            La nourrice fait place à Égisthe, qui vient parler à Clytemnestre. Égisthe, exalté, loue la beauté de Clytemnestre et se décrit comme un amoureux absolu. Clytemnestre lui avoue qu’elle ressent la même chose. Égisthe demande si son amour sera satisfait. Clytemnestre est sur le point de succomber.

            Le Chœur conclut ce second acte en affirmant qu’Égisthe déjà a triomphé, et en plaignant le pauvre Agamemnon.

 

            ACTE TROISIÈME

            La nourrice monologue au sujet des désastres qu’engendre la passion. Elle prie pour que Clytemnestre ne cède pas à Égisthe.

            Clytemnestre la rejoint sur scène. Elle déclare à la nourrice qu’elle va passer à l’acte. La nourrice est alarmée. Clytemnestre tâche de la rassurer en lui précisant que c’est un acte de libération, et qu’elle tuera à son retour son mari indigne. La nourrice souligne l’ironie de la situation : les plus grands guerriers, à Troie, n’ont pas su vaincre Agamemnon, et c’est en rentrant au foyer qu’il se fera abattre. Clytemnestre réfléchit à la manière de procéder. La nourrice est chargée de garder le secret. Clytemnestre la fait sortir et elle fait entrer Égisthe sur scène. Elle le persuade de prendre des dispositions pour le meurtre de son mari. Ils sortent de scène pour réfléchir au moyen le plus efficace de tuer Agamemnon.

            Le Chœur, à nouveau, plaint les futures victimes et accentue la cruauté des futurs assassins.

 

            ACTE QUATRIÈME

            Un nouveau personnage nommé Euribathe annonce le retour imminent d’Agamemnon à Clytemnestre. Elle se renseigne, veut en savoir plus sur ce qui lui est arrivé en son absence. Euribathe dit qu’Agamemnon rentre heureux et béni, mais qu’il a connu quelques funestes épisodes. Clytemnestre, tout au long du dialogue, joue un double jeu : derrière la curiosité inquiète de l’épouse, on entend surtout la femme adultère en train d’ourdir un meurtre conjugal.

            Cassandre, prisonnière troyenne d’Agamemnon, et le Chœur des Grecs remplacent Euribathe et Clytemnestre sur scène. Ils pleurent ensemble les sacrifiés de la guerre de Troie.

            Ils sont bientôt rejoints par Agamemnon. Celui-ci savoure le plaisir que lui procure son retour. Cassandre et le Chœur des Grecs essaient d’éveiller sa vigilance, mais l’homme est bien trop confiant pour les écouter. Clytemnestre vient à la rencontre d’Agamemnon, et joue l’épouse éplorée, heureuse de revoir un mari qui lui a beaucoup manqué. Oreste, leur fils, est présent en arrière-plan.

            Le Chœur, pour conclure, rappelle avec quelle cruauté les destins offrent de petites fins confuses aux grands hommes.

 

            ACTE CINQUIÈME

            Cassandre et le Chœur des Grecs le révèlent : Agamemnon a été tué par Égisthe et Clytemnestre. Clytemnestre lui a fait baisser sa garde, enlever ses protections guerrières, et Égisthe a frappé. Cassandre semble apaisée. Ils sortent de scène.

            Strophile, nouveau personnage, vient à la rencontre d’Électre et d’Oreste. Il apporte des offrandes au grand guerrier Agamemnon. Électre lui révèle qu’il vient d’être tué. Strophile est choqué. Oreste fuit car il craint d’être tué par Égisthe. Strophile et Oreste sortent.

            Clytemnestre et Égisthe entrent. On scelle le sort d’Électre (elle sera mariée à un gueux), et celui de Cassandre (on prévoit de la tuer). La pièce se clôt sur les lamentations de Cassandre, qui appelle à la vengeance.

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