Esther

par

Résumé

Prologue

Le prologue insiste sur l’impossibilité pour toute chose et tout être – en somme pour tout ce qui relève de la matière – de dépasser le temps et la mort. L’esprit cependant peut leur survivre. L’auteur conçoit la littérature comme une manière de transmettre à travers les âges les exemples de vertu et les contre-modèles du vice. Il introduit la pièce en se dépeignant inspiré par les muses, prêt à rendre compte avec vigueur de l’histoire d’Esther, mythe biblique.

 

Acte premier

 

Scène 1

Assuérus, seul en scène, savoure son triomphe : il a vaincu l’ennemi de la famille, Artaban, qui a fait tuer le roi, son père. Assuérus détaille longuement la puissance qui découle du statut de roi, incarnation de Dieu sur terre, et espère être à la hauteur de la fonction, qui nécessite  une grande vertu.

 

Scène 2

Le Chœur, composé de princes, vient à la rencontre d’Assuérus et l’incite à accepter la couronne, en se méfiant toutefois des démonstrations de pouvoir trop luxueuses. Au grand regret du Chœur, qui pense qu’il va ainsi se créer des inimitiés, Assuérus concède que trop de luxe est néfaste, mais prépare malgré tout un triomphe en grande pompe. Pendant que le nouveau roi sort festoyer, le Chœur se lamente, et prend parti contre les effets aliénants de l’alcool.

 

Scène 3

Assuérus revient, ivre, et loue la beauté de son épouse, Vashti, qu’il fait appeler. Il tient à ce que le Chœur, qui encore une fois conseille la tempérance (cette fois-ci dans le domaine de l’amour), puisse l’admirer.

 

Scène 4

Vasthi, auprès de son Chœur de princesses, apprend la demande d’Assuérus et refuse de s’y plier : vertueuse, elle trouve humiliant de se pavaner ; elle met en cause les pouvoirs néfastes du vin, qui fait faire aux hommes ce qu’ils veulent et non ce qu’ils doivent. Le Chœur de princesses, tout en comprenant les arguments de Vasthi, lui précise qu’en refusant elle s’attirera le mépris de son mari, mais ne la convainc pas. Le Chœur, devant la tournure sombre des événements, regrette qu’Assuérus et Vashti soient l’un et l’autre, chacun à sa façon, si butés – le premier fou de vice, la seconde excessivement vertueuse (de telle sorte qu’elle préfère la vertu de la pureté à la vertu d’honorer son mari).

 

Scène 5

Le Chœur de princes essaie de raisonner Assuérus qui, comme prévu, furieux, veut violemment châtier Vashti : elle sera condamnée à l’exil. Les arguments du Chœur n’y changent rien.

 

Scène 6

Vasthi, accablée par sa condamnation, se confronte à Assuérus. Le dialogue n’est pas fructueux, les interlocuteurs ne s’écoutent pas et restent campés sur leurs positions.

 

Scène 7

Vasthi, seule en scène, se lamente sur le sort qui lui est réservée. Face à l’irascibilité de son époux, elle commence à regretter de l’avoir contrarié par orgueil.

 

Scène 8

Le Chœur note, avec douleur, que le mécanisme implacable de la fatalité est enclenché et que rien ne pourra faire changer Assuérus d’avis. Vashti est effectivement exilée.

 

Acte second

 

Scène 1

A peine Assuérus est-il guéri de l’affront causé par Vashti qu’il fait la rencontre d’Esther, beauté juive dont il tombe éperdument amoureux. Très vite, Esther accepte d’être son épouse et les personnages, avec les Chœurs, fêtent le mariage.

 

Scène 2

Mardochée, père d’Esther, apprend à sa fille que ce mariage est survenu au mauvais moment : le jour même, Mardochée a appris que Thares et Bagatha, représentants du peuple juif, ont décidé de faire tuer Assuérus, considéré comme un tyran à son égard.

 

Scène 3

Des espions ont renseigné Assuérus sur les desseins de Thares et Bagatha. Furieux, il ordonne qu’on les pende, malgré les raisonnements du Chœur de princes, qui conseille calme et patience.

 

Scène 4

Mardochée, seul en scène, espère qu’au-delà de cet incident malencontreux le mariage avec la vertueuse Esther va apaiser Assuérus, et le rendre plus clément vis-à-vis du peuple juif.

 

Scène 5

Assuérus, au contraire, fait appel au gouverneur Aman, d’une férocité célèbre, pour reprendre en main le royaume et soumettre tous les peuples. Le Chœur conclut l’acte en soulignant que les événements de la pièce sont fidèles à ce qui pourrait advenir dans la vie d’humains peu vertueux.

 

Acte troisième

 

Scène 1

Mardochée est en larmes : non seulement la pendaison a eu lieu, mais en plus Aman persécute le peuple juif qui refuse de l’adorer. Le vieil homme se demande ce qui pourra arrêter ce courroux infernal et le Chœur des Juifs rappelle que rien ne pourra leur faire préférer Aman à Dieu.

 

Scène 2

Aman se plaint auprès d’Assuérus que le peuple juif lui résiste ; il aimerait avoir son aide. Assuérus, embarrassé dans la mesure où Mardochée est directement visé, ne lui offre aucune aide concrète, mais donne à Aman le champ libre pour faire ce que bon lui semble.

 

Scène 3

Mardochée et le Chœur des Juifs, chassés, à la recherche d’endroits où se cacher en attendant le retour au calme, se lamentent de se voir ainsi persécutés.

 

Scène 4

Esther obtient, en discutant avec Assuérus, de dîner avec Aman : elle pense qu’elle pourra ce faisant le persuader d’arrêter ses assauts. Le Chœur des Juifs espère que son entreprise réussira.

 

Scène 5

Pervers, Aman explique à son épouse, Zares, qu’il a l’intention de se servir de l’influence qu’il a sur le roi pour organiser l’exécution de Mardochée. Le Chœur, d’avance, pleure Mardochée.

 

Acte quatrième

 

Scène 1

Aman demande, par l’intermédiaire d’Assuérus, que Mardochée lui rende hommage en public. Assuérus accepte car, interprétant mal la demande à cause des arguments fallacieux d’Aman, il y voit là un geste de paix.

 

Scène 2

Mardochée s’est plié à cette humiliation mais Aman n’est toujours pas satisfait. Tout en s’interrogeant sur sa fureur inexplicable, il jure qu’il fera pendre Mardochée, même s’il doit l’étrangler de ses mains. Le Chœur regrette que l’innocent Mardochée se voit ainsi poursuivi par le sadique Aman.

 

Scène 3

Esther excite la colère d’Assuérus contre Aman en lui rappelant ses vices et en lui montrant que sa fureur contre Mardochée est sans fondement. Assuérus se laisse convaincre et ordonne la pendaison d’Aman.

 

Scène 4

Aman essaie de faire fléchir Assuérus en l’apitoyant. Malgré sa douleur, le roi ne cède pas. Le Chœur se réjouit que les perfides soient punis et les vertueux récompensés.

 

Acte cinquième

 

Scène 1

Esther, au cours d’un long monologue, récapitule la généalogie des souffrances subies par le peuple juif. Assuérus, ému, veut mettre hors d’état de nuire tout le clan d’Aman, et prévoit donc de faire pendre tous ses descendants et amis. Il met Mardochée en marche contre l’ennemi.

 

Scène 2

Mardochée et le Chœur des Juifs se réjouissent de n’avoir pas eu, grâce à la protection du roi, à renier leur croyance.

 

Scène 3

Zares pleure la mort de son mari ; le Chœur lui explique en quoi cette mort est bénéfique pour l’humanité.

 

Scène 4

Le Chœur félicite Assuérus pour ses décisions judicieuses.

 

Scène 5

Heureux, Esther et le Chœur chantent la gloire du peuple juif et par extension Pierre Matthieu la gloire du peuple chrétien.

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