Histoire des oracles

par

Résumé

Préface



Fontenelle explique que son Histoire des oracles reprend en
grande partie les réflexions et contenus de l’ouvrage
De Oraculis veterum ethnicorum d’Antonius Van Dale,
en en changeant la visée : Antonius Van Dale écrivait pour les savants,
Fontenelle vulgarise. Avant d’entamer l’ouvrage, Fontenelle fait quelques
petites précisions : d’abord, sa définition du terme « oracle »
est moins inclusive que celle de Van Dale – il exclut d’emblée « la
magie dont il est indubitable que le Démon se mêle » ; ensuite, il
tient à se positionner contre ce que peuvent écrire les ecclésiastes de son
époque à propos des oracles – lesquels affirment que la majeure partie des
oracles sont des impostures, alors que Fontenelle pense que la chose est plus complexe ;
enfin, il justifie le choix d’un style relativement dépouillé – il veut en
effet, en adéquation avec l’entreprise de vulgarisation, donner l’illusion de
la conversation à son lecteur.


Histoire des oracles



C’est pour combattre deux idées reçues – 1) les oracles seraient
toujours le produit du Démon ; 2) les oracles auraient cessé à la venue de
Jésus-Christ – que Fontenelle entreprend de récapituler l’histoire des oracles.
Par conséquent son raisonnement se déploie en deux parties.

 

Première
dissertation : que les oracles n’ont point été rendus par les démons



D’après Fontenelle, si les chrétiens pensent que les oracles sont
forcément le fait des démons (dont il ne conteste en aucun cas l’existence et la
pérennité), c’est parce que c’est ce qu’ont cru les premiers chrétiens face aux
premiers oracles. Fontenelle veut désamorcer cette croyance en dévoilant ce sur
quoi elle repose.

Elle serait née parce que premièrement, il est vrai que les
premiers oracles sont douteux (chapitre I) ; deuxièmement, il est plus
confortable de rejeter tous les oracles d’un revers de la main que de réfléchir
et discuter chaque fois qu’un nouveau phénomène se présente (chapitre
II) ; troisièmement, cette idée est conforme aux théories platoniciennes,
sur lesquelles le christianisme repose en partie (chapitre III).

Fontenelle pense qu’une grande partie des anecdotes historiques
liées à des oracles farfelus (et donc forcément un peu diaboliques) est
purement mythologique (chapitre IV). De fait, il n’est pas judicieux d’en
déduire quoi que ce soit, d’autant plus que ce qu’on en déduit – l’aspect
diabolique des oracles – s’accorde mal avec le dogme religieux en général
(chapitre V). En outre, la plupart des témoins d’oracles étaient païens. Or,
comme le montre Fontenelle au chapitre VI, les païens étaient très mal
renseignés sur ce qu’étaient les démons, et la manière dont on pouvait les
distinguer des dieux. Plus fort encore, les païens, et cela comprend les
philosophes (censés être les plus sages), n’étaient pas du tout pieux dans le
cadre de leur propre religion (chapitres VII et VIII). Il en arrive à la conclusion
suivante : les premiers chrétiens ne croyaient pas vraiment que les oracles
étaient le fait du Démon, mais ils faisaient semblant afin de mieux combattre
le paganisme (chapitre IX).

Le troisième temps de cette première dissertation consiste à
prendre chaque possibilité de manifestation de l’oracle pour démontrer au cas
par cas que la participation du Démon est peu probable. Fontenelle traite alors
des oracles corrompus (chapitre X), des différents lieux où émergent les
oracles (chapitres XI et XII), des « distinctions de jours »
(chapitre XIII), des oracles rendus sur billets cachetés (
chapitre
XIV), enfin des oracles venus par les songes (chapitre XV). Les trois derniers
chapitres concèdent que certains oracles sont effectivement des impostures,
mais manifestes puisque les prêtres païens arrivent à la détecter.

 

Seconde dissertation : que les oracles n’ont point cessé au temps
de la venue de Jésus-Christ


Fontenelle relève
avant tout un paradoxe : le silence des oracles a souvent été remarqué par
les oracles eux-mêmes. Il trouve le fait aussi absurde qu’un muet affirmant à
haute voix qu’il est muet (chapitre I). Du reste, les historiens ne sont pas
d’accord sur la période à laquelle les oracles ont cessé (chapitre II), et
Fontenelle prouve que les oracles ont perduré après Jésus-Christ (chapitre
III). D’après lui, les oracles ont cessé dès lors que le paganisme a cessé – or
le paganisme n’a pas cessé dès l’arrivée de Jésus-Christ (chapitre IV).

Fontenelle cherche,
dans les trois derniers chapitres de cette seconde dissertation, ce qui a causé
la décadence des oracles. Il énumère plusieurs hypothèses :

– Les oracles
auraient disparu parce que c’était essentiellement les païens qui les
consultaient. En l’absence de païens, les oracles périclitent (chapitre V).

– La décadence
des oracles aurait déjà été en cours depuis une longue période au moment de
l’avènement de Jésus-Christ (chapitre VI).

– Ceux qui
consultaient les oracles se seraient lassés des oracles suite à plusieurs
impostures (chapitre VII).

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