Hôtel Polski

par

Résumé

Premier chapitre

L’histoire a lieu à la fin du XXe siècle. Eva est une bibliothécaire canadienne, mariée et mère de deux enfants. Comme elle commence à ressentir le « Weltschmertz » – décalage entre la matérialité du monde et les aspirations à l’idéal de l’esprit –, elle passe chaque année, avec l’accord de sa famille, deux semaines de vacances en solitaire. Cette année, la destination est Paris. Elle y demeure dans un hôtel que bientôt elle ne quitte plus, préférant son atmosphère et les saynètes offertes par les gens de passage à la vie extérieure. C’est aussi l’occasion pour elle de méditer ; elle revient notamment sur les souvenirs heureux de sa défunte mère Anna. Quand la femme de chambre lui adresse la parole en polonais, Eva se souvient que sa mère, sur son lit de mort, lui parlait dans cette langue, mais Eva, ne l’ayant pas apprise, ne la comprenait pas. Le narrateur nous apprend à cette occasion que l’intérêt d’Eva pour son passé n’a pas toujours été, mais qu’il s’est déclenché lors d’un épisode déterminant.

 Un jour, Eva a reçu une lettre d’Allemagne destinée à sa mère. Ilse Riegel, veuve d’un certain Joachim Riegel, y disait vouloir discuter avec Anna pour partager des souvenirs – Anna aurait été l’amante de Joachim, pendant un séjour à l’hôtel Polski, dans le ghetto de Varsovie, en mai 1944. Eva est perplexe : elle ignorait tout de cette liaison, et refuse d’y croire, en ce que cela laisse entendre que sa mère collaborait. Néanmoins, Eva, bouleversée, se souvient qu’Anna était secrète, inquiète – en bref, la fille connaissait finalement assez peu sa mère. Eva se met alors à enquêter, et trouve des documents très complets sur l’histoire de l’hôtel Polski. À force de recherches et de lecture, Eva est hantée par les histoires du ghetto de Varsovie et fait le cauchemar suivant : traversant le ghetto à la recherche de sa mère, elle se trouve confrontée aux réalités de la persécution des Juifs par les nazis. N’ayant pas retrouvé sa mère, son rêve se clôt sur un grand sentiment de désespoir.

 

Second chapitre

Le récit suit désormais Heinrich Riegel, fils de Ilse et Joachim Riegel, qui vit en Allemagne. Il est banquier, marié et père de famille. Son défunt père lui a légué avant de mourir une boîte pleine de souvenirs, que Heinrich s’est toujours refusé à ouvrir. Quand Ilse lui apprend qu’elle a envoyé une lettre à Anna, Heinrich, malgré ses réticences, finit par ouvrir la boîte.

 

Troisième chapitre

Il s’agit en grande partie de récits de guerre de Joachim. En 1944, le ghetto de Varsovie est détruit, mais des centaines de Juifs continuent d’y errer dans l’espoir de trouver un moyen de quitter l’Europe. Les nazis se servent de l’hôtel Polski pour leur tendent un piège : ils font croire aux Juifs qu’ils peuvent leur obtenir un visa pour un pays lointain contre la totalité de leur argent, mais ce n’est bien sûr qu’une stratégie pour récupérer leurs richesses. Joachim, sans grande conviction, est chargé, parce qu’il a une formation de traducteur-interprète, de surveiller ces opérations. Bientôt Anna, jeune femme juive très belle qui cherche comme ses congénères à fuir la Pologne, fait irruption à l’hôtel Polski, et Joachim en tombe amoureux. Ils vivent une idylle en cachette, à l’hôtel Bristol, qui se situe dans une zone plus tranquille de Varsovie. Joachim se sent coupable car il sait qu’Anna court à sa perte en restant à l’hôtel Polski. Mais il est coincé dans son inertie et ne fait rien pour l’aider. Finalement, elle est emmenée avec les autres Juifs, le jour de la rafle. Alors qu’on l’emporte, Anna se livre à une ultime démonstration d’amour en offrant sa bague à Joachim.

 

Quatrième chapitre

Heinrich, ému par ces récits et par les autres souvenirs contenus dans la boîte, notamment la bague, décide d’écrire une lettre à Anna.

 

Cinquième chapitre

Eva reçoit la lettre de Heinrich et lui répond en lui apprenant qu’Anna est morte. Ils entament alors une correspondance et prévoient de se rencontrer, à l’hôtel Bristol. Heinrich souhaite rendre à Eva les biens d’Anna. Eva profite de ses deux semaines de vacances pour mettre en place cette rencontre. Il apparaît dès lors que son voyage à Paris n’est que transitoire : c’est une première escale en Europe, avant de gagner la Pologne.

 

Sixième chapitre

Heinrich est anxieux à l’idée de rencontrer Eva. Il a notamment peur de la trouver séduisante, lui qui a toujours été fidèle à sa femme, et ne se sent plus apte à charmer. 

 

Septième chapitre

Pour la première fois depuis le début du roman, le narrateur nous donne accès en même temps aux points de vue d’Eva et d’Heinrich. La rencontre est tendue, les deux interlocuteurs ont du mal à contenir leur ressentiment – Eva ne conçoit pas du tout que la famille de Heinrich ait pu adhérer au régime nazi, même si c’était par défaut ; et Heinrich n’apprécie pas d’être ainsi rendu coupable de ce qu’il n’a pas commis. Mais au bout du compte, c’est une humeur gaie qui domine. Ils badinent, dansent, explorent les hôtels qui ont accueilli leurs parents, jouent à reconstituer la rencontre entre Joachim et d’Anna. Quand Heinrich retourne à sa petite vie lasse, il laisse un bouquet de fleurs et une lettre à Eva. La lettre contient les derniers vers du second Faust de Goethe sur « l’Éternel féminin » qui « élève », sur lesquels se clôt le roman. Ces vers, en guise de conclusion à un pareil récit, sont bien mystérieux. On suppose que, pour Heinrich, il s’agit de prolonger le badinage ; et pour l’auteure, de présenter le sentiment amoureux comme supérieur à toutes les contingences historiques.

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