Hugo et le romantisme

par

Présentation

La paternité de l’ouvrage ne peut être
attribuée qu’à moitié au poète franco-belge Émile Verhaeren (1855-1916). S’il
s’agit d’une compilation de textes critiques de la main de celui-ci, la participation
du compilateur, Paul Gorceix, spécialiste de la poésie du XIXe
siècle, est aussi d’importance. De fait, l’ouvrage s’ouvre sur une présentation
rédigée par Gorceix presque aussi longue et dense que les développements du
poète.

Gorceix commence en relevant un
paradoxe : Victor Hugo a été extraordinairement célébré à sa mort, alors qu’auparavant,
il avait été le grand paria de la société française, qui était allée jusqu’à le
contraindre à l’exil. Parmi ses fidèles néanmoins, figurait l’imperturbable
Verhaeren, pour qui Hugo était le plus grand poète de tous les temps. Dès lors
Gorceix tâche de définir quels sont les mérites de la poésie de Hugo, et
d’expliciter ce qui la rendait si attrayante aux yeux de Verhaeren. Il semble
qu’avant tout ce soit l’« efficacité magique » et la dimension
auto-créative du langage hugolien qui aient fasciné Verhaeren.

Le poète franco-belge considère Victor Hugo
comme l’incarnation parfaite du romantisme et Gorceix postule que Verhaeren est
son continuateur – celui qui a permis la transition vers le symbolisme, contre
le Parnasse.

Gorceix introduit ensuite les textes critiques
de Verhaeren de la fin du volume, consacrés à d’autres auteurs romantiques que
Hugo – Lamartine, Gautier, Nerval, Banville et Swinburne. Gorceix justifie la
cohérence du corpus en notant que ces textes attestent de la vivacité de
l’engouement de Verhaeren pour le romantisme en général. Plus difficile à
défendre est l’intégration en clôture de recueil de textes sur Barbey
d’Aurevilly et Zola. Mais Gorceix s’explique : d’une part, Zola paraît
comme étant, en raison de ses ambitions naturalistes, l’ennemi du romantisme –
il est donc intéressant de l’étudier comme contre-modèle face au modèle Hugo – ;
d’autre part, Barbey d’Aurevilly semble être l’antidote direct au poison Zola.

Gorceix conclut sa présentation en rappelant
que, même dans ses écrits critiques, Verhaeren reste un romantique. Aussi ne
faut-il pas y chercher la rigueur d’un universitaire ; il écrit en effet toujours
en fonction de ses impulsions de poète.

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