Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée

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Résumé

Ilfaut qu’une porte soit ouverte ou fermée est une courte pièce de théâtre publiée en 1845. Cettepièce n’est en fait constituée que d’une seule scène au cours de laquelle lespersonnages du Comte et de la Marquise s’entretiennent.

LeComte rend visite à la Marquise et ainsi débute leur discussion dans son petitsalon. Ils s’entretiennent sur des banalités lorsque le Comte avoue à laMarquise qu’il est venu lui rendre visite car il n’a pu trouver personned’autre à voir. Le temps est glacial et ils se chauffent tous deux près du feu.On sonne à la porte d’entrée et le Comte décide de profiter de cette occasionpour finalement s’en aller. Il ouvre la porte mais la Marquise le retient. Elleveut qu’il s’explique au sujet d’une rumeur dont il aurait connaissance.L’homme referme la porte.

Cetterumeur qui circule dans Paris, lui dit-il, fait état d’un possible mariage projetéentre elle et un certain M. Camus. La Marquise avoue à son tour avoir entenduune rumeur au sujet du Comte. Ce dernier supplie son amie de la lui révéler, etdans sa hâte, révèle la nature de ses sentiments à l’égard de la jeune femme.Mais le Comte ne peut finir sa déclaration, celle-ci n’y tenant pas. En vérité,la Marquise est lasse de la cour qu’on lui fait. Elle déplore l’habitude deshommes de vouloir charmer les femmes en les entretenant uniquement de leurbeauté. « “Vous êtes jolie”, et puis : “Vous êtes jolie, etencore jolie.” » Tels sont les seuls mots qu’on trouve dans leurs bouches,et cette conduite désespère la Marquise.

Onsonne une nouvelle fois à la porte d’entrée, le Comte cherche à s’en aller, ilouvre la porte mais de nouveau la Marquise le retient et le conjure de bienvouloir fermer la porte. Le Comte s’exécute.

LaMarquise reprenant la conversation admet le plaisir qu’elle éprouve lorsque sonami vient lui rendre visite. Leur conversation l’amène à révéler le contenu dela rumeur au sujet du Comte. Celui-ci se serait compromis avec des «demoiselles ». Il nie et tous deux se disputent. La sonnette se fait entendre ànouveau à la porte d’entrée. Le Comte ouvre la porte du petit salon dans lequelils se trouvent et s’apprête à partir. La Marquise relançant la conversationempêche le Comte de s’en aller et lui demande une nouvelle fois de fermer laporte, ce qu’il fait.

Denouveau la jeune femme fait part du plaisir qu’elle ressent à s’entretenir aveclui. Elle explique aussi croire que cette récente déclaration d’amour que lui afait son ami n’est en fait pas très sérieuse, et que c’est la situation danslaquelle ils se trouvaient à ce moment-là, seuls, qui aurait été le déclencheurde l’aveu. Cet amour ne serait donc rien d’autre qu’une sorte d’amour de circonstance.La Marquise assure ne pas être dupe, tout savoir des façons de faire des hommeset ne pas y être sensible. Ce à quoi le Comte répond : « Vous êtes bien blasée,Marquise ». Mais elle insiste. Les hommes sont tous les mêmes ou presque – « voustâchez de mentir pour essayer de plaire » dit-elle. À ces mots, le Comteproteste. L’amour existe. Et même si c’est une comédie jouée et rejouée encoreet encore, après tout, c’est qu’elle n’est pas si mauvaise. La vérité pour luiest que « l’amour est immortellement jeune », et que ce sont, enréalité, les façons de l’exprimer dont a horreur la Marquise. Celles-ci,dit-il, en effet, « sont et demeureront éternellement vieilles. »Mais la Marquise poursuit : l’amour « je vous dis, c’est toujours lamême chose ». Peu importe, le Comte lui, a foi en l’amour. Il déplore devoir trop souvent adopter chez les jeunes femmes la même attitude que laMarquise vis-à-vis de ce sentiment – une attitude dont il regrette qu’elle soit« à la mode ». Il croit de plus que cette attitude n’est qu’unefaçade, l’intérêt qu’elles accordent à leurs toilettes trahissant une envie deplaire. Il réitère sa foi en l’amour, peu importent les dires de sa bien-aimée,et posant un coussin sur le sol, il se met à genou devant elle. La Marquise selève, le Comte proteste, mais celle-ci ouvre la porte. Il redit son amour pourelle et la rejoint à la porte du salon. Ils se disputent. Il l’aime. Elle neveut rien entendre. Elle s’écrit enfin : « vous imaginez-vous que jevais être votre maîtresse ». Surpris, le Comte lui fait part alors de sondésir de l’épouser et de tout lui donner. Il affirme qu’il ne compte laconfondre avec aucune autre femme au monde.

Ainsi,on comprend que la Marquise pensait que le Comte n’avait aucune intention nobleà son sujet. Le malentendu dissipé elle ajoute : « Ah ! – Ehbien ! si vous m’aviez dit cela en arrivant, nous ne nous serions pasdisputés ». La scène se termine sur les mots de la Marquise qui prie leComte de bien vouloir fermer la porte ; selon un de ses proverbes :« il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ».

Lesthèmes de la pièce – amour et passion – sont caractéristiques des écrivainsromantiques ; on les retrouve dans d’autres œuvres d’Alfred de Musset etchez les écrivains romantiques qui lui sont contemporains. 

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