La déportation, les sabots

par

Résumé

Ce récit
de déportation est narré à la première personne du singulier via un
narrateur-personnage adolescent. Le récit se déploie sur deux lignes
chronologiques alternés : d’une part le récit d’après la Libération en
1945, d’autre part le récit de la déportation en 1944.

 

Chapitre I

 

2 mai 1945

Le
narrateur et ses confrères déportés arrivent en gare de l’Est à Paris. Ils ont
du mal à supporter les regards et commentaires des personnes qui n’ont pas connu
les mêmes choses qu’eux. Le narrateur, particulièrement amer, répond à une
infirmière qui lui dit « Je sais ce que vous avez vécu » : « Non
vous ne savez pas, Madame. Personne ne sait… ». Il semble totalement
déconnecté du réel.

 

27 mai
1944

Le
narrateur et sa famille – son père, sa mère, sa petite sœur – sont en train de
dîner aussi sereinement que possible en ce temps de guerre quand des maquisards
viennent leur demander de l’aide. Ils sont poursuivis par des Allemands et le
plus jeune des maquisards est blessé par balle. Malgré le risque que cela
implique (il est interdit d’aider les résistants), la famille accueille et
soigne le blessé, qui a pour nom Martin.

 

Chapitre 2

 

2 juin
1945

Le
narrateur est hanté par le souvenir des camps. Ses nuits sont difficiles. Il
développe également le complexe du survivant – pourquoi moi et pas les
autres ?

 

28 mai
1944

Le
lendemain matin, les Allemands organisent une battue dans le quartier. Ils
découvrent le délit de la famille du narrateur. Le père est fusillé, la mère incarcérée
dans une prison pour femmes. Seule sa sœur est épargnée. Après une période de
prison en compagnie de Martin, le narrateur est embarqué dans un train où
s’entasse un grand nombre de détenus.

 

Chapitre 3

 

2 mai 1945

Les
survivants cherchent à retrouver leurs proches. Pour ce faire, il portent de
grandes pancartes qui les identifient car ils sont méconnaissables. Le
narrateur désespère de retrouver sa mère.

 

14 juin
1944

Le voyage
en train est interminable ; les passagers ne sont pas nourris à leur faim.
Certains succombent. Un dénommé Robert essaie d’organiser la vie dans le wagon.
Il aide le narrateur à survivre, notamment en lui donnant des conseils sur la
façon de se comporter dans la confusion de la foule, quand les ordres
contradictoires fusent dans tous les sens.

 

Chapitre 4

 

5 mai 1945

Le
narrateur retrouve sa petite sœur, qui a été élevée par Clarence, une amie de
la famille. Elles n’ont pas d’information sur la situation de
la mère. Clarence
donne les clefs de la maison familiale au narrateur, mais garde la petite sœur
avec elle.

 

17 juin
1944

Le
narrateur arrive au camp de concentration. On le tond, on l’habille, on le met
en quarantaine pour un temps (c’est le lot de tous les nouveaux arrivants – les
SS craignent qu’ils ne transmettent des maladies aux autres déportés). Les
détenus savent que c’est un camp conçu pour leur mort, et ils se soutiennent
les uns les autres afin de ne pas sombrer psychologiquement. Quand la
quarantaine est terminée, le narrateur découvre la vie du camp, la nourriture écœurante,
les gens qui se laissent mourir et qu’on ne peut aider.

 

Chapitre 5

 

6 mai 1945

Une
compagne de misère de la mère du narrateur vient donner des nouvelles. La mère
a été déportée à Ravensbrück, elle est toujours vivante. Cependant, elle est
très malade et ne peut se déplacer. En outre, elle faisait office de sage-femme
dans le camp, et elle tient à rester auprès des nouveau-nés qui sont très
fragiles. Le narrateur se dit qu’il a autant besoin d’elle que ces nouveau-nés.

 

Été 1944

Tandis que
les nazis cherchent à les tuer au travail, les déportés organisent une
résistance secrète et le narrateur se fait enrôler bon gré mal gré. Il devra de
fait taire sa rancœur pour œuvrer aux côtés de Martin. François, l’un des
déportés les plus sympathiques, disparaît. On s’attriste, mais on reste
confiant car la rumeur court que les troupes alliées sont en train de gagner du
terrain.

 

Chapitre 6

 

6 mai 1945

La
compagne de misère de la mère s’appelle Claude. Le narrateur semble ému par
elle.

 

Janvier
1945

Le
narrateur poursuit sa description de sa vie au camp, évoque la solidarité entre
les déportés. Une nuit, l’alarme résonne alors qu’il n’est pas l’heure du
réveil. Un détenu panique car il ne trouve pas ses sabots et risque de mourir
s’il sort sans. Ils l’aident tous, au risque de leur vie. Finalement, le SS,
sadique, les a simplement réveillés pour leur dire bonne nuit. L’entraide va
encore plus loin : les détenus organisent un système de rotation pour que
les plus faibles aient une double ration aux repas. Quand c’est au tour du
narrateur, il refuse la ration supplémentaire car elle lui est donnée par
Martin.

 

Chapitre 7

 

15 mai
1945

Le
narrateur est infiniment seul, d’autant plus que les gens sont pleins
d’allégresse, savourent le printemps, la liberté retrouvée.

 

2 mars
1945

Une nuit,
on entend des bombardements. Au petit matin, les déportés comprennent que les
Russes ont bombardé une usine. De fait, on leur assigne une nouvelle
tâche : ils vont devoir déblayer les ruines. La rancœur du narrateur à
l’égard de Martin continue de se faire sentir. De plus en plus elle apparaît injuste,
stérile, puérile.

 

Chapitre 8

 

22 mai
1945

Le
sentiment d’incompréhension est de plus en plus fort. À la radio, une voix
pompeuse fait un récit de la vie dans les camps. Le narrateur ne s’y reconnaît
pas du tout. Comme on considère que c’est à cause de l’imprudence de sa famille
que le village a été dévasté, un ami vient lui dire qu’il ne lui en veut pas.
Le narrateur l’envoie paître.

 

20 mars
1945

Le
narrateur se réveille totalement paralysé. Il n’a plus la force de se lever. On
l’emmène à l’hôpital du camp, où on le soigne du mieux possible – il bénéficie
de la libération approchante. En temps normal ce sont des médecins nazis qui
s’occupent des malades, mais ceux-ci ont déserté les lieux et ont été remplacés
par des médecins déportés. Bientôt on demande au narrateur de libérer le lit
qu’il occupe ; il ne s’en toutefois sent pas capable. Mais il s’agit de
sauver un maximum de gens : à terme, les SS ont prévu de quitter le camp
en emportant les déportés capables de marcher et en fusillant tous les autres.
Il faut faire entrer un maximum d’invalides à l’hôpital. Le narrateur cède et
en attendant retourne au travail.

 

Chapitre 9

 

6
septembre 1945

Alors que
la vie reprend son cours, la solitude du narrateur persiste. Le nouvel
instituteur du village vient l’interroger sur sa vie passée, et surtout la vie
dans les camps. L’instituteur veut « comprendre ». « Comprendre
quoi ? » se demande le narrateur.

 

17 avril
1945

La
confusion et la panique règnent dans le camp. Les Alliés approchent et on ne
sait plus comment se comporter pour survivre à ce moment fatidique. La
stratégie des SS est imprévisible : vont-ils fuir directement ou vont-ils
prendre le temps d’assassiner tous les déportés ? Le narrateur réussit
néanmoins à se faire suffisamment discret, suffisamment neutre, pour rester
debout jusqu’à ce qu’une jeep américaine débarque.

 

Chapitre
10

 

10
septembre 1945

Le
narrateur vit comme un fantôme parmi les vivants. Il est pétri de douleur et de
culpabilité. Un jour, sa mère rentre. Elle a l’air aussi vide que lui. Il se
réconcilie tardivement avec Martin quand sa mère lui dit qu’elle ne regrette
aucunement de l’avoir soignée. La famille retrouve un équilibre. La petite sœur
retrouve sa candeur, la mère reprend son travail, et le narrateur retourne au
lycée.

 

Fin avril
1945

Toujours
dans la confusion générale, les Américains libèrent les déportés. La conclusion
du chapitre est amère. : « Tu sais bien que nous sommes libres. – Tu
crois ? ».

 

Chapitre
11

Le narrateur
se réconcilie définitivement avec Martin lorsqu’il retrouve ses camarades
déportés – notamment Robert, qui l’a beaucoup aidé – et que ledit Martin, par
sa simple présence, redonne le sourire à sa petite sœur et à sa mère.

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