La Guisiade

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Résumé

La Guisiade est une pièce d’actualité de Pierre Matthieu, au milieu d’un cycle de tragédies mythologiques ou bibliques ; elle s’en prend explicitement au roi Henri III et légitime les actions de révolte des Ligueurs, groupe religieux très influent qui lutte contre l’emprise progressive du protestantisme. La Guisiade en ce sens est sous-titrée En laquelle en vrai, et sans passion, est représenté le massacre du Duc de Guise.

L’intrigue résumée ici est celle de la troisième édition. Il est probable qu’il y ait de légères différences avec celle des deux premières.

 

            ACTE PREMIER

            Le Duc de Guise, cousin du Roi, est accablé, car le Roi le traite de plus en plus mal, avec de plus en plus d’agressivité. Il n’en comprend pas la raison, car dans toutes ses actions, son but a toujours été de le servir au mieux. Il inventorie les bienfaits qu’ont eus ses actions sur le royaume français.

            Le Chœur ferme cet acte inaugural en une longue lamentation sur l’état lamentable dans lequel se trouve le pays.

 

            ACTE SECOND

            La Reine Mère, qui n’est pas nommée mais dans laquelle on reconnaît Catherine de Médicis, et le Roi, en qui de la même manière on reconnaît son fils, Henri III, sont sur scène. La Reine Mère est agacée par la mollesse de son fils, et souhaiterait qu’il prenne fermement un parti, plutôt que de changer d’avis chaque jour, au gré des doléances. La situation est la suivante : le Roi veut s’en prendre à son cousin le Duc de Guise, puissant chef de la Ligue ; la Reine Mère désapprouve, et rappelle que sans les actions du Duc de Guise et de ses camarades, le Roi ne serait rien. Le Roi est embarrassé par ce groupuscule si influent, dont la Reine Mère souligne tous les mérites et faits d’armes sublimes. Le Roi préfère désormais au Duc de Guise son ami le Duc d’Épernon. La Reine Mère accuse le Roi d’être tyrannique et athée – athée car il laisse vivre les autres religions en son royaume. Le Roi finit par accepter de parler une dernière fois avec le Duc de Guise ; la Reine Mère espère ainsi que leur amitié sera réveillée, et que le Roi abandonnera son projet de meurtre.

            Le Chœur s’interroge sur la suite des événements. Il craint une tournure tragique, malgré l’accalmie qui semble s’annoncer.

            Sont sur scène le Roi et le Duc de Guise. Par une longue tirade, le Roi formule tout ce qu’il reproche au Duc de Guise. Le Roi, on le comprend, craint en fait un coup d’État. Le Duc de Guise essaie de le convaincre qu’il n’a aucune intention traîtresse. Il y parvient, et persuade en outre le Roi de purger la France du protestantisme. Ils lient le gouvernement et la Ligue en une Sainte Union.

            Le Chœur se réjouit de la création de cette Union, sans aller jusqu’à l’optimisme, et l’acte se clôt sur une vision morbide.

 

            ACTE TROISIÈME

            Le Duc d’Épernon est seul sur scène. Il monologue. Diabolique, il souhaite la mort de toute la Ligue et de la Reine Mère, en inventoriant tous leurs péchés. Il s’adresse virtuellement au Roi, qu’il incite à agir en ce sens, dans un style proche de l’incantation.

            Le Chœur décrit l’état du Duc d’Épernon, et donc celui, bientôt, du Roi en personne, comme une folie noire, qui tombe comme la foudre sur certaines personnes depuis la nuit des temps.

            Le Roi, le Clergé, la Noblesse et le Peuple font chacun leur tour un long monologue où ils expliquent quels sont leurs problèmes et comment ils souhaitent les régler. Le Clergé, la Noblesse et le Peuple, chacun pour des raisons différentes, affirment être pour la Ligue, et contre le protestantisme. Pour finir, tous les quatre dialoguent. Le Roi promet qu’il va agir dans le sens indiqué. Le Clergé, la Noblesse et le Peuple sont heureux et célèbrent le Roi.

            Le Chœur, à son tour, exprime sa satisfaction.

 

            ACTE QUATRIÈME

            Un nouveau personnage mystérieux, nommé le N. N., est sur scène avec le Roi. Il déplore l’attitude nouvelle du Roi, et tâche de le persuader de changer d’avis, en évoquant les rois précédents et en rappelant que la posture du Duc de Guise est digne de l’affront. Le N. N. finit par lui affirmer que le Duc de Guise va le tuer. Le Roi se laisse peu à peu convaincre, mais a peur de ce qu’on dira de lui s’il change de politique si brutalement. Le N. N. le rassure, et lui dit qu’on le trouvera grand et fort.

            Le Chœur déplore ce revirement, et souligne l’inconsistance de ce Roi qui d’un côté jure fidélité aux Ligueurs et de l’autre entreprend de les tuer.

            Le Duc de Guise est seul sur scène. Il monologue. Il craint de tomber dans un piège, mais se résout malgré tout à aller se ranger aux côtés du Roi.

            Le Chœur prévient inutilement le Duc de Guise (qui ne l’entend pas) qu’il court un grave danger.

            Le Roi, à son tour, est seul sur scène et monologue. Il est encore en train de digérer la discussion qu’il a eue au début de l’acte, et hésite encore un peu à passer à l’acte.

            Le Chœur s’acharne à décrire le Roi comme un tyran.

 

            ACTE CINQUIÈME

            Un messager vient annoncer à Madame de Nemours, mère du Duc de Guise, que son fils a été assassiné par le Roi. Avec le messager, Madame de Nemours se lance dans une série de lamentations par laquelle elle maudit le Roi.

 

            Le lien incontestable entre l’œuvre dramaturgique et le contexte historique se révèle être, dans La Guisiade, à son plus haut degré d’intensité dans l’œuvre de Pierre Matthieu. Non seulement c’est une pièce d’actualité comme nous l’avons déjà dit mais en plus, l’urgence de l’actualité tend la structure et sublime l’écriture de Matthieu. La Guisiade, en ce sens, est son chef-d’œuvre, celle parmi ses œuvres qui porte le plus loin son entreprise d’écriture. 

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