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L'Aube

par

Résumé

L’action se passe un soir d’été, en Palestine,
à l’époque où le pays est occupé par l’Angleterre. Un jeune résistant juif,
nommé Elisha, apprend que le lendemain, au petit matin, il devra tuer John
Dawson, un officier de l’armée britannique que ses camarades résistants
retiennent en otage. La nouvelle le bouleverse, et L’Aube retranscrit,
tout au long de la nuit qui précède l’exécution, le cheminement psychologique
d’Elisha.

Le récit commence à la tombée de la nuit. Gad,
confrère d’Elisha, essaie de rassurer Elisha en le déresponsabilisant (il ne
cesse de lui répéter « C’est la guerre »), et lui propose d’allumer
la lumière, proposition qu’Elisha décline : depuis qu’à l’âge de douze ans
ce dernier a rencontré un mystérieux mendiant qui lui a montré à quel point on
pensait mieux la nuit que le jour, il chérit l’obscurité.

On en apprend dès lors davantage sur le
pourquoi de l’exécution. L’occupant britannique a condamné, suite à un
attentat, David, un des résistants, à la pendaison. Pour que David soit
épargné, le leader de la résistance, surnommé le Vieux, a menacé l’ennemi de
représailles, et capturé au hasard John Dawson. L’occupant n’a pas cédé, et le
Vieux a ordonné qu’Elisha exécute John Dawson.

Elisha raconte comment il s’est retrouvé
enrôlé dans la résistance juive palestinienne alors même qu’il est allemand.
Dans les années 1940, il a fait partie des Juifs allemands qu’on a déportés
dans les camps de concentration. Toutefois il a survécu. Ne sachant que faire,
il s’est expatrié à Paris, où il a appris le français dans l’espoir d’étudier
la philosophie et résoudre tous ses tourments. Mais alors qu’il étudiait
assidûment, Gad a fait irruption et l’a persuadé de rejoindre ce qu’on appelle
le Mouvement. Elisha avoue qu’il a été séduit par l’idée que les Juifs, pour
une fois, ne subissaient pas leur sort.

Elisha et Gad écoutent la station de radio du
Mouvement ; une voix féminine séduisante montre que le sort de David qui
va être pendu par le gouvernement et celui de John qui va être exécuté par les
résistants se confondent. Il n’y a pas, selon elle, deux coupables mais un
seul : l’occupant britannique, qui refuse de céder. Elle ne cesse de
répéter « Nous ne sommes pas des assassins », ce qui accable Elisha.

Le jeune homme se remémore ses missions
passées, pendant lesquelles, suppose-t-il, il a déjà dû donner la mort,
indirectement. Sa première mission, par exemple, a consisté à piéger un convoi
militaire britannique afin d’en faire sortir les soldats et qu’on puisse leur
tirer dessus. Il s’est alors rendu compte avec écœurement que les méthodes des
résistants juifs étaient les mêmes que celles des officiers SS.

La jeune femme qui parlait à la radio
s’appelle Ilana et rejoint Gad et Elisha, accompagnée de ses deux gardes du
corps, Gidon et Joav. Elle leur explique que ces histoires d’exécution
ébranlent le monde entier. Lui répondant, Gad se montre particulièrement sévère
envers l’ennemi britannique, et l’on comprend que c’est parce que David est son
ami. D’ailleurs, il était avec lui lorsqu’il s’est fait capturer, situation
dont il ressort avec un fort sentiment de culpabilité. Les personnages, émus,
décident de se taire et de se recueillir.

Après une heure de silence, ils se mettent à
évoquer des moments où ils ont échappé de peu à la mort, grâce à des hasards heureux.
Par exemple, Ilana s’est fait arrêter un jour par l’armée britannique. Or, la
jeune femme ne lui était connue que par sa voix, et ce jour-là, enrhumée, elle était
enrouée. Elisha, quant à lui, était en train de mourir étranglé par un officier
SS quand ce dernier, voyant le visage d’Elisha déformé par l’asphyxie, a
explosé de rire et a lâché prise. Alors que le groupe de résistants se demande
s’il est opportun de servir un repas à John, Ilana s’exclame « Pauvre
petit… », ce qui plonge Elisha dans le souvenir de son premier amour.
Après sa sortie des camps de concentration Elisha a fait la connaissance d’une
certaine Catherine, qui a voulu lui enseigner les mystères du sentiment
amoureux et le plaisir de la chair, et répétait sans cesse à son sujet :
« Pauvre petit… ». Malheureusement, leur relation s’est mal finie.
Elisha a fini par réellement tomber amoureux, tandis que Catherine jouait à
prendre soin de celui qu’elle percevait comme un enfant.

Elisha se voit alors entouré par les fantômes
de son passé, venus assister à l’exécution. Alors que Gidon informe le groupe
que, contre toute attente, John tient à son dernier repas, les fantômes
poussent Elisha à aller voir le condamné. Après quelques atermoiements, c’est
finalement Gad qui apporte son repas à John.

L’aube approche, et la peur emplit Elisha. Il
sait que dès lors que Gad reviendra, ce sera à son tour d’aller voir John, et
ce pour procéder à l’exécution. Ilana, maternelle, tâche de le rassurer en lui
faisant entrevoir un avenir meilleur. Elisha, peu convaincu, se tourne vers ses
fantômes, qu’il implore. Il ne veut pas qu’ils le jugent. Ceux-ci promettent
d’être indulgents, quand Gad revient enfin. Elisha s’empare d’un revolver et
rejoint John.

Elisha voit avant tout que John est un très
bel homme. Ses mains sculptées lui rappellent un de ses camarades de camp,
Stéphane, qui lui-même était sculpteur et s’était fait trancher les doigts par
un officier SS. Tragiquement, Elisha n’arrive pas à haïr John, et John trouve
Elisha attachant parce qu’il a le même âge que son fils. C’est dans un
tourbillon d’hallucinations où se mêlent temps présent, souvenirs et fantômes
qu’à l’aube Elisha exécute John. La vision finale d’Elisha, un visage calciné
en lambeaux dans lequel il reconnaît son propre visage, laisse entendre que le
personnage s’est symboliquement tué en tuant John.

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