Le Bourg de Stépantchikovo et sa population

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Résumé

Œuvre de Fiodor Dostoïevski publiée en 1859, Le Bourg de Stépantchikovo et sa population est narrée par Sergey Alexandrovitch, neveu d’un des personnages, le colonel à la retraite Yégor Ilyitch Rostaniev. Le narrateur entame le récit en présentant le personnage de son oncle : homme veuf d’environ 40 ans, militaire retraité, il a hérité du village de Stépantchikovo. Il y vit depuis avec ses deux enfants, Sachenka, adolescente de 15 ans, et Ilioucha, son fils de 8 ans, à la naissance duquel sa femme est morte. L’oncle est un homme doux et chaleureux. L’action débute lorsque le narrateur est invité par une lettre de son oncle à venir au bourg de Stépantchikovo de toute urgence pour épouser la jeune gouvernante de ses enfants, Léjévikine, qui est aussi sa pupille, mais que Sergey n’a jamais rencontrée. Une fois sur place, le narrateur découvre que la vie de son oncle a été totalement bouleversée par l’arrivée de la mère de celui-ci, ainsi que de Fomitch, dont il raconte le parcours.

Sergey commence par évoquer celui de la mère du colonel, grand-mère du narrateur, Krakhotkina, remariée à un général lorsqu’elle était plus jeune et vivant dans le bourg de son fils depuis que son mari est mort et qu’elle n’a plus d’argent. Elle est arrivée au village avec tous les domestiques qu’avait le général, parmi lesquels des commères un peu malsaines, mais surtout accompagnée de Fomitch, homme d’environ cinquante ans, qui était le lecteur personnel du général. Fomitch avait besoin d’argent à l’époque, il devint donc lecteur du général puis amant de la générale, ce que son mari savait et tolérait. L’hospitalité de son fils n’empêche pas Krakhotkina de critiquer sa volonté de se remarier, ce qu’elle a pourtant fait. Fomitch, qui a une forte emprise sur la générale, encourage cette dernière à critiquer son propre fils, ce à quoi il s’adonne aussi. Fomitch est un homme fourbe qui exerce un pouvoir étrange sur la famille du colonel.

Le narrateur évoque le passé de Fomitch, son orgueil démesuré confronté à de nombreux échecs. Humilié, il n’en reste pas moins très fier et convaincu qu’il finira par s’enrichir et prendre le pouvoir partout où il se rendra. C’est le cas chez le colonel, et c’est même le bourg entier qui passe sous son influence. Il profite ainsi de la gentillesse du colonel, homme bienveillant.

Malgré le caractère conciliant du colonel, Fomitch et la générale s’allient pour qu’il se sente coupable ou ingrat dès qu’il refuse la moindre chose à sa mère. Le colonel voit alors en Fomitch un maître à penser qui lui dira ce qui est juste et injuste, ce qui est bien ou mal, et lui permettra de devenir un bon fils. Le colonel, naïf, le voit comme un saint homme alors que le narrateur souligne au contraire la fainéantise et la vantardise de Fomitch, qui eut même le toupet de donner des conseils aux paysans du bourg alors qu’il ne connaît rien à l’agriculture.

Le narrateur est très attaché au colonel, car il fut comme un second père pour lui. Quand ses parents moururent, c’est le colonel qui finança ses études à Saint-Pétersbourg. À la fin de ses études, il avait décidé de retourner au bourg, ayant été informé par un domestique de son oncle qu’il s’y passait des événements étranges.

Quand il rejoint son oncle le narrateur assiste à une dispute entre Sachenka et Fomitch, la première défendant son père contre la tyrannie du second, se justifiant ainsi : « Je défends papa, parce que lui-même ne sait pas se défendre. »

En effet, plus le temps passe, et plus Fomitch humilie et tyrannise Rostaniev, régnant sur le foyer mais aussi sur le village tel un puissant gourou : il se fait appeler Votre Excellence par les domestiques et les habitants du bourg, auxquels il donne des ordres ; ainsi tous sont à son service : à chaque anniversaire fêté, on fête celui de Fomitch, ce qui est grotesque. S’il n’a pas dit de commencer à manger, personne ne mange. À part Sachenka, tout le monde craint Fomitch. Fomitch surveille constamment Rostaniev, l’espionne lors de ses sorties et de ses activités personnelles, même la nuit, et lui interdit par exemple de se remarier à Nastassia, une jeune femme dont le colonel est pourtant amoureux. La mère du colonel abonde dans le sens de Fomitch et défend à son fils de se remarier, surtout à Nastassia, estimant qu’ils n’auraient plus assez d’argent s’ils devaient vivre avec une personne de plus. Pourtant, c’est bel et bien ses domestiques et Fomitch qui coûtent le plus cher au colonel.

Fomitch exige que le colonel se remarie à Tatiana Ivanovna, vieille fille de 35 ans sans cervelle, car elle est très riche et cela profiterait à toute la maison, surtout à lui-même, tandis qu’il interdit à Sergey de parler en public de ce qui se passe à la maison : il a un peu peur du narrateur car ce dernier a bien plus de connaissances que lui, notamment scientifiques, alors il dénigre son savoir. Il affirme à tout le monde qu’il a une mission divine, qui justifie sa présence au village et son pouvoir : « Je suis envoyé par Dieu même pour démasquer le monde entier dans ses ignominies ». Lui et la générale font venir Tatiana afin d’arranger son union avec le colonel.

Le narrateur comprend que la gouvernante à laquelle il est destiné n’a pas d’argent, et que son oncle aimerait qu’il se marie avec elle pour qu’elle ait une vie convenable. Mais cette dernière, comprenant l’arrangement, refuse ce mariage, préférant ne pas forcer le narrateur à s’unir à elle. Le colonel lui révèle aussi que malgré le respect et l’admiration qu’il éprouve pour Fomitch, il lui désobéira et se mariera avec Nastassia.

Peu de temps après entre en scène Paul Siémionytch Obnoskine, un jeune homme de 25 ans qui s’invite chez le colonel. D’apparence honnête, il est ici par intérêt. Informé de la fortune de Tatiana, il projette de se marier avec elle. Voyant qu’elle s’apprête à se marier au colonel, il se rend chez lui et enlève Tatiana Ivanovna pour l’épouser de force. Mais le colonel et le narrateur le pourchassent jusqu’à le retrouver. Ils ramènent Tatiana au village. Pourtant, le colonel refuse toujours de se marier avec elle, par amour pour Nastassia. À la fin du roman, il la demande en mariage devant toute la maison. Fomitch est très en colère, a une crise de nerfs et insulte vivement Nastassia. Le colonel, pour une fois, s’oppose à Fomitch et le chasse de la maison.

Pris de remords, le colonel rappelle Fomitch et lui demande de rentrer. Le narrateur montre que son oncle voit le bien partout. Fomitch, profondément touché par cette demande de retour, finit par accepter le mariage du colonel avec Nastassia, qu’il approuve et qu’il bénit même.

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