Table des matières

Le jour

par

Résumé

Première partie

Le récit, relaté par un narrateur-personnage journaliste qui s’exprime à la première personne du singulier, commence un dimanche soir caniculaire, en juillet, à New York. Le narrateur, épuisé par une après-midi de travail où il a dû produire un article alors qu’il n’avait rien à dire, erre dans la ville en compagnie de son épouse, Kathleen, dont il évoque la beauté exceptionnelle. Cette errance est immédiatement teintée de tragique puisque le narrateur ouvre le texte en précisant qu’un accident va survenir. La relation entre Kathleen et le narrateur semble compliquée : alors qu’ils s’avancent vers Times Square, des marins sifflent Kathleen, laquelle, toujours en quête de preuves d’amour, se sert de l’événement pour interroger le narrateur sur ses sentiments. Ledit narrateur est mal à l’aise, aimerait savoir mentir mieux. On apprend par la suite qu’il a du mal à se nourrir depuis quelque temps, et il laisse entendre, par allusions, que cela préfigure l’arrivée d’une sanction fatale. Quoi qu’il en soit, l’odeur du bœuf haché le dégoûte, depuis qu’il a vu un homme manger avec appétit de la viande humaine. Le couple décide d’aller au cinéma, et se dispute légèrement sur le choix du film – c’est finalement Kathleen qui l’emporte en se livrant à un chantage affectif : ils iront voir l’adaptation des Frères Karamazov avec Yul Brynner à l’affiche. Alors qu’ils traversent une rue pour atteindre le cinéma, un taxi renverse le narrateur.

À son réveil, après cinq jours de coma, il apprend ce qui lui est arrivé : quand il s’est fait renverser, on a cru son cas désespéré. Mais comme les médecins ont constaté au bout de quelques jours qu’il tenait bon, ils ont fini par accepter de l’opérer pour endiguer l’hémorragie interne. Le narrateur se réveille encombré de perfusions et de plâtres. Son médecin lui apprend que son ennemi principal sera la fièvre, signe d’infection. Si la fièvre monte, le narrateur sera perdu. Ce dernier encaisse la nouvelle et espère que Kathleen ne le visitera pas – il pense qu’elle ne saura pas bien réagir. Il se remémore alors leur première rencontre.

 

Seconde partie

Un soir d’hiver, à Paris, Shimon, ami du narrateur, amène le narrateur à un rendez-vous. Il tient à lui présenter Halina, son amie. Alors que le narrateur fait connaissance avec celle-ci, Kathleen, proche de Halina, fait irruption avec un homme. Le narrateur et elle se toisent, et sont traversés par une sorte de coup de foudre, si bien que Kathleen abandonne son accompagnateur et propose au narrateur de partir tous les deux. Ils errent dans les rues de Paris et le narrateur, en contemplant la Seine, se souvient de la sagesse de sa grand-mère, notamment quand elle le rassurait lorsqu’il craignait d’avoir froid dans la tombe. Le narrateur est distant, refuse le contact verbal et corporel, mais Kathleen malgré tout le fait monter jusqu’à son appartement.

 

Troisième partie

Le narrateur est toujours à l’hôpital, la soif et la douleur l’assomment et le maintiennent dans une temporalité hachée, pleine de trouées d’un sommeil subit, qui augmentent sa confusion. Son médecin vient lui annoncer l’arrivée de Kathleen, et le narrateur croit qu’on lui parle de sa grand-mère. Quand Kathleen finit par entrer, il est terrifié à l’idée qu’elle l’embrasse – terreur qui revient une fois qu’il est seul avec l’infirmière.

 

Quatrième partie

Le narrateur se projette à nouveau dans le passé. Kathleen et lui paressent chez elle. Elle le supplie de lui parler, de se dévoiler à elle. Le narrateur est extrêmement réticent : la dernière fois qu’il a osé se raconter à quelqu’un, c’était par un soir de mélancolie profonde où au bord d’un abîme et perdu dans des doutes religieux, il a failli se suicider, et son auditeur avait fui en s’exclamant « Je vais vous haïr… je vais vous haïr… ». Néanmoins, Kathleen insiste, et elle lui confie que Shimon l’a qualifié de saint. Cette idée amuse et énerve le narrateur, qui se met à raconter son histoire, longuement, c’est-à-dire avant tout l’histoire de sa grand-mère. Quand il a terminé son récit, Kathleen est perplexe ; suivent plusieurs heures de silence. Le narrateur, voulant prouver qu’il n’est pas un saint, finit par prendre possession d’elle tout en lui disant qu’il ne l’aime pas. Toutefois Kathleen, même après plusieurs sessions de sexe brutal, n’est pas convaincue.

 

Cinquième partie

Le narrateur se rétablit rapidement et bientôt on ne considère plus son état comme critique. Il lui est permis d’accueillir longuement des visiteurs. Alors qu’il s’amuse avec son infirmière, son médecin vient lui annoncer que Kathleen viendra en fin de journée. Très sérieux, le médecin affirme que Kathleen aime profondément le narrateur, et il interroge celui-ci sur ses sentiments – le narrateur ne sait pas que répondre. En début d’après-midi, le narrateur est visité par ses collègues journalistes ; il plaisante avec eux.

Kathleen vient enfin. Le narrateur est surpris de la retrouver si bavarde. Elle semble bouleversée, profondément changée par ce drame. Le narrateur s’étonne qu’on puisse réellement changer. Sa vision du monde s’en trouve modifiée.

Le lendemain, Mark Brown, nouvel avocat du narrateur, choisi par Kathleen, vient établir le témoignage du narrateur. Ce dernier s’inquiète qu’on condamne le chauffeur du taxi, qui a été négligent mais ne lui voulait aucun mal. L’avocat le rassure en expliquant que le procès ne consistera qu’à soutirer de l’argent à sa compagnie d’assurance.

Un autre jour, le médecin vient partager sa joie avec le narrateur : il a réussi à sauver un enfant qu’on avait donné comme condamné. Le narrateur lui demande s’il croit en Dieu, le médecin répond par la positive, mais précise que dans la salle d’opération il n’y croit plus – il n’y a que lui, la vie, et la mort. C’est alors qu’il se met en colère contre le narrateur. Il a remarqué, quand il l’a opéré, qu’il ne faisait aucun effort pour s’accrocher à la vie. Furieux, il lui demande pourquoi. Le narrateur essaie de lui expliquer son désarroi métaphysique en racontant ses rêves, mais le médecin ne comprend guère. Le narrateur finit par le convaincre – méprisant le praticien au fond de lui – en utilisant des arguments consensuels sur la valeur de la vie et de l’amour.

Un soir, Kathleen revient. Elle finit par s’ouvrir au narrateur, et avouer qu’elle aussi a beaucoup souffert. Le narrateur est plein d’empathie pour elle.

 

Sixième partie

Kathleen est inquiète : le narrateur, dans son coma, a murmuré le nom Sarah. Le narrateur l’apaise en lui apprenant que c’est le nom de sa mère défunte. Il est heureux de constater qu’il ne l’a pas oubliée.

 

Septième partie

Le narrateur nous apprend que c’est un semi-mensonge : Sarah est également le nom d’une femme qu’il a connue à Paris. Une après-midi qu’il s’ennuyait dans des cafés, il a rencontré Sarah, prostituée qui, séduite par lui, a offert au narrateur de coucher avec elle gratuitement. Peu expérimenté, il a commencé par l’embrasser, et Sarah s’est figée pendant plusieurs minutes. Elle lui apprendra quelques heures plus tard que, traumatisée, elle ne peut recevoir de baiser sans se crisper : à douze ans, elle a été arrachée à ses parents et envoyée dans un camp de concentration, où régulièrement un officier la violait. Le narrateur, bouleversé par ce récit, qualifie Sarah de sainte. Depuis, il porte le fardeau de cette histoire.

 

Huitième partie

Le narrateur raconte comment Kathleen et lui se sont retrouvés quand il a emménagé à New York. Un jour, elle a fini par avouer qu’elle était amoureuse. Le narrateur a fait semblant de ressentir la même chose, mais Kathleen ne l’a pas cru : entre elle et lui, le passé du narrateur fait obstacle. La veille de l’accident, le couple a une grande discussion et le narrateur révèle que ses parents ont été déportés et qu’il a été épargné par pure chance. Toutefois, il accepte de faire des efforts pour, désormais, vivre au présent.

 

Neuvième partie

Le narrateur raconte ses derniers jours de convalescence, et en particulier les visites régulières de son ami peintre Gyula. Celui-ci est plein de joie de vivre, toujours une anecdote aux lèvres. Il décide de profiter de l’immobilité du narrateur pour en peindre un portrait. Le narrateur est content de cette amitié et veut se confier à Gyula, mais ce dernier refuse systématiquement. Le narrateur finira par comprendre, en voyant le portrait terminé, que Gyula a saisi sa souffrance sans qu’il ait eu besoin de la formuler. Le roman se clôt d’une manière optimiste : le narrateur sort de l’hôpital, en savourant l’amitié de Gyula et en acceptant enfin l’amour de Kathleen.

 

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