Table des matières

Le Musée Grévin

par

Résumé

Le Musée Grévin est un recueil de poèmes de Louis Aragon, figureimportante du mouvement littéraire dadaïste et surréaliste. Il s’engagea enpolitique en 1930, et ce jusqu’à son décès, en soutenant le Parti communistefrançais.

Lerecueil fut entamé au cours du mois de juin 1943. Il fut rapidementachevé : deux mois plus tard, en effet, l’ouvrage paraissait en France,mais Aragon avait écrit sous le pseudonyme « François la colère »pour exprimer son sentiment, mais aussi ne pas éveiller les soupçons. Il s’agitdonc d’une « poésie de l’urgence », conçue pour être au plus près dece que le poète et la France vivent au quotidien, au plus près de l’Histoire.

Dansce recueil, deux sentiments principalement se mêlent dans les poèmes : lavolonté du poète de critiquer, de faire une satire de la société qu’il décrit,mais aussi le besoin de dépeindre une épopée, l’espoir d’un renouveau et d’unepaix qui feraient suite aux heures les plus sombres de l’Histoire.

Aragonse montre très critique, notamment dans des poèmes tels que « Feu dejoie », où il affirme son appartenance au mouvement dadaïste, en étantimpertinent vis-à-vis du pouvoir et de l’ordre établi. La satire porteégalement, et c’est évident, sur les dirigeants de l’époque : Pétain,Mussolini, ou bien sûr Hitler. Ce sont d’ailleurs ces tyrans qui font l’objetde la première partie du recueil, de nombreux poèmes affirmant leur fin proche.Ces personnages sont comparés par Aragon à de vulgaires figures de cire qui àla fin de la guerre pourront être remisées dans un musée, d’où le titre durecueil. Ils sont représentés tels des fantômes, ayant perdu toute humanité.

Lepoète consacre une partie entière à Laval, à qui il reproche son attitude decollaborateur, n’hésitant pas à rapprocher sa politique indigne de nombreuxexemples historiques. Il retient de lui ceci : « un éternel mégot aucoin tors de sa bouche ». La tragédie que ces hommes ont entraînée oupermise est clairement décrite dans le poème « J’écris dans un paysdévasté par la peste », qui met en exergue la terrible situation de laFrance et de l’Europe à cette époque. En s’adressant directement au tyran duIIIème Reich, il annonce : « Ô toi petit homme à la moustache / Quandton tour viendra tu seras / Fait comme un rat ».

Aragonconsacre ensuite une partie à la critique de Mussolini, fustigé comme un tyransans âme, ayant permis à l’Allemagne d’Hitler de rester en confiance, quand lapartie qui suit prend la forme d’une focalisation interne du poète dansl’esprit de Pétain. Il se montre particulièrement satirique à son égard et développecomme une introspection, le maréchal s’exprimant à la première personne, avouantqu’il a agi contre son propre pays : « J’ai mené d’étranges campagnes/ contre la France je l’avoue. »

Dansl’avant-dernière partie, Aragon évoque également les victimes de ces hommespolitiques indignes, comme les femmes détenues dans des camps de concentration ;le nom d’Auschwitz en particulier semble résonner de manière terrible dans l’espritdu poète : « Auschwitz Auschwitz ô syllabes sanglantes », camp oùtant d’hommes et de femmes, notamment français, moururent ; ils formentune « France aux yeux de tourterelles » dit-il à leur propos dans lepoème « Le Musée Grévin » ; ou encore, évoquant et saluant cesfemmes patriotes, il déclame : « Je vous salue Maries de France auxcent visages. » Il décrit une France qui souffre, un « pays dévastépar la peste / qui semble un cauchemar attardé de Goya ». Dans ce poème,il parle de la désolation qu’il aperçoit et justifie sa démarche dans unedescription qu’il achève par un sentiment patriote, donnant l’image d’undrapeau tricolore français flottant sur un toit : « Commentvoudriez-vous que je parle des fleurs / Et qu’il n’y ait des cris dans tout ceque j’écris / De l’arc-en-ciel ancien je n’ai que trois couleurs / Et les airsque j’aimais vous les avez proscrits ».

Dansla dernière partie, le poète décrit toujours la souffrance et le malheur, maisentrevoit aussi une lumière au bout de l’horizon, l’espoir de la paix. Dans lepoème éponyme du recueil « Le Musée Grévin », l’auteur affirme sonpatriotisme et sa foi en la France, qu’il appelle « Ma France »,affichant un espoir absolu dans l’avenir de son pays, qui sera bientôt débarrassédu nazisme. Il s’y adresse de manière solennelle : « Je vous salue maFrance », et glorifie la résistance, se montre très fier de sa nation, encite toutes les richesses ; c’est pour lui un pays digne malgré lescirconstances historiques exceptionnelles. Il annonce aux déportés leurlibération proche. Ce poème a une visée mémorielle ; le poète veut quel’on se souvienne de cette époque sombre, et de la souffrance des peuples, maisaussi de l’espoir des hommes qui croyaient en la paix et en la possibilité desortir de cette guerre.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >