Table des matières

Lettre à Hérodote

par

Résumé

Épicure est un philosophegrec né en 341 av. J.-C. sur l’île de Samos, et mort en 270 av. J.-C. àAthènes. Il fonde l’école du Jardin et écrit des ouvrages dont très peusubsisteront à travers les siècles. De son œuvre il nous reste la Lettre àPhytoclès, la Lettre àMénécée sur la morale et la Lettre à Hérodote sur la nature.

La Lettre à Hérodote estlongue de dix pages ; le philosophe s’attache à résumer ses pensées et sesthéories sur la nature. Cette lettre constitue un véritable abrégé de physique,faisant dans chaque paragraphe le point sur une des notions clés de cettediscipline.

Le résumé qui suit s’appuiesur la traduction d’Octave Hamelin publiée dans la Revue de métaphysique etde morale en 1910.

Dans le premier paragraphe,qui a valeur d’introduction, Épicure s’adresse à Hérodote et lui expose sadémarche. Il souhaite, en effet, faire une sorte de synthèse de ses diversesétudes pour en résumer les éléments fondamentaux. Il veut par là permettre àceux qui n’ont pas la capacité intellectuelle de lire l’intégralité de sesouvrages d’avoir tout de même une connaissance de ses principales idées. Cetravail n’est pas non plus sans utilité pour ceux qui seraient plus avancésdans leur connaissance de la nature, car il leur permettrait de revoir lesthèmes essentiels de sa doctrine.

Épicure rappelle l’importanced’avoir une vue d’ensemble de la doctrine, l’étude des détails ne servant àrien sans cela. Dans un premier temps, il faut saisir les notions primitives ets’y référer pour pouvoir se faire une opinion des choses. Il faut, ensuite,étudier les choses d’après nos perceptions immédiates pour pouvoir faire desconjectures sur ce qui est invisible.

À propos des chosesinvisibles, premièrement, il faut comprendre que tout naît de quelque chose, etdeuxièmement, que tout ce qui disparaît ne se dissout pas en non-être, sinon,plus rien n’existerait. « L’univers a toujours été et sera toujours cequ’il est » dit-il.

L’univers se compose de corpset de vide. L’existence des corps est vérifiée par la sensation, et si le viden’existait pas, nos corps n’auraient pas d’espace pour se mouvoir. Il y a deuxtypes de corps, « les composés et ceux dont les composés sontfaits ». Ces derniers sont insécables et immuables.

Une autre notion exprimée estque l’univers est infini. Il n’a pas d’extrémité, il n’a pas de limite, et mêmeles corps et le vide qu’il abrite n’ont pas de limite de nombre ou de taille.

Les atomes sont constammenten mouvement. Certains sont séparés par un très grand vide, d’autres aucontraire sont entrelacés, cela résulte à la fois du vide et de la nature mêmedes atomes. Les atomes sont en nombre infini, de même qu’il y a un nombreinfini d’univers semblables ou différents du nôtre.

Il existe des répliques demême forme que les corps solides, à l’extérieur de ceux-ci, comme des effluves,appelées simulacres. Leur mouvement,se continuant dans le vide et ne rencontrant aucun obstacle à sa poursuite,« franchit toute distance imaginable, en un temps inconcevable »dit-il. Rien ne peut dépasser leur vitesse car rien n’est aussi subtil. À lasortie des corps, ils conservent pendant longtemps le même ordre et la mêmeposition.

Lorsque nous percevonsl’image ou la pensée d’un objet extérieur, nous le faisons grâce au simulacrequ’il renvoie et qui pénètre en nous. Mais cette perception est parfoiscontredite par l’expérience du toucher. Il y a erreur si l’image que nousavions de l’objet, perçue à travers le simulacre, est contredite par le toucherpar exemple. Il y a vérité si cette image est confirmée ou n’est pas infirmée.

L’audition provient aussid’un flux, qui nous arrive de l’objet émettant le son. Le choc qui fait naîtrele son permet l’impulsion de particules, « comme un souffle »,« qui nous procure l’affection auditive ». L’odorat égalementprovient de ce que l’objet projette jusqu’à nous.

Autre principe, les atomessont immuables alors que toute qualité change. Ils ne retiennent d’ailleurs quela forme, le poids et la grandeur. Cette incapacité s’avère nécessaire pouréviter le passage au non-être. Les atomes ne peuvent pas avoir toutes lestailles, même si Épicure admet des différences de grandeur.

Dans un corps limité, lesparties ne sont ni en nombre infini ni de toutes les tailles. Il faut doncs’abstenir de faire des divisions à l’infini, sans quoi nous réduirions leschoses à l’état de non-être. De plus, si les parties du corps pouvaient secompter à l’infini, le corps ne pourrait plus être fini.

Le philosophe avance que des minimasensibles, indivisibles, nous fournissent une première donnée pour la mesuredes grandeurs.

« On ne peut attribuer àl’étendue infinie de l’univers ni haut ni bas » dit Épicure. Il concèdenéanmoins que l’on peut admettre un mouvement comme tendant vers le haut demanière infinie ainsi qu’un mouvement tendant vers le bas, à l’infini aussi.

À travers le vide et s’ils nerencontrent pas d’obstacle, les atomes, peu importe leur taille ou leur poids,ont tous une vitesse égale.

L’âme est un corps à la foiscomposé d’air et de chaleur. On doit à l’âme la sensibilité et lorsqu’elle seretire de l’agrégat, la mort survient. Aussi l’âme ne peut-elle exister sans lecorps qui la contient.

Les qualités telles que lesformes, les couleurs, les grandeurs, etc. ne peuvent être considérées commeayant une existence propre. Elles font, au contraire, partie d’un tout qu’estle corps.

Dans les corps, il arrive quel’on rencontre des accidents. Ils ne sont pas liés au corps de façon permanentemais n’existent pas non plus par eux-mêmes.

Le temps, quant à lui, nedoit pas être examiné de la même manière que les autres choses. Il ne nécessitepas de démonstration mais de l’attention.

Les mondes quant à eux seforment et finissent par se dissoudre. Les mondes qui se créent ne sont nisemblables ni pareillement constitués les uns par rapport aux autres.

Les découvertes et lesprogrès de l’Homme se sont d’abord imposés à lui de par son environnement et depar la nécessité. Pour Épicure, le langage a pour origine la nécessité etl’envie des hommes de nommer les choses qu’ils voyaient, mais chacun avec unson différent selon leur région, ce qui explique la pluralité des langues.

Pour Épicure, les phénomènes célestesne doivent pas être attribués à l’action d’un être immortel. Pour lescomprendre, il faut les considérer comme des « mouvementsnécessaires », existant depuis l’origine du monde. La physique sert à leurcompréhension et à leur appréhension. La connaissance de ces phénomènes et celledes diverses explications plausibles à leur sujet sont sources« d’ataraxie », autrement dit, de sérénité, et nous protègent de lacrainte et de la méfiance.

Épicure conclut en rappelantà Hérodote que cet abrégé des connaissances sur la nature de l’univers serapour l’homme un outil précieux lorsqu’il aura des questions et cherchera desexplications à propos des choses de la nature, mais sera aussi d’une grandeutilité pour ressentir la sérénité que permet la connaissance selon lui.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >