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Lettre à Pythoclès

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Résumé

Dans sa Lettre à Pythoclès, Épicure revient sur les phénomènes célestes et reprend toutes les explications plausibles quant à leur nature et leurs causes. Ces explications sont à chaque fois très nombreuses mais Épicure soutient qu’on serait mal avisé si l’on n’en retenait qu’une. Il dresse donc une liste détaillée de toutes les causes possibles concernant la naissance et les variations des phénomènes célestes.

 

Épicure salue tout d’abord Pythoclès et dit avoir reçu sa lettre. Pythoclès lui a demandé de résumer de manière simple sa doctrine sur les phénomènes célestes, et c’est ce qu’Épicure s’apprête à faire dans cette lettre. Il estime de plus que cela pourra être utile à d’autres lecteurs.

 

De la connaissance des phénomènes célestes résulte « l’ataraxie », à savoir la quiétude de l’esprit, ainsi qu’une « ferme confiance » dit-il.

 

Épicure prévient que l’étude et la compréhension de ces phénomènes ne sont pas comme pour les autres choses de la vie. Ici il faut envisager qu’il y ait plusieurs explications possibles. Il ne faut d’ailleurs exclure aucune des hypothèses plausibles, sans quoi on s’écarterait de la physique pour basculer dans la « mythologie ».

 

On appelle « monde » l’enveloppe céleste autour de la Terre et des astres. Cette enveloppe peut être mobile ou arrêtée, dense ou fine, triangulaire ou ronde, peu importe, rien ne vient contredire ces hypothèses.

 

Il y a une infinité de mondes comme celui-ci. « Un monde de cette espèce peut se former soit au sein d’un monde, soit au sein d’un intermonde » dit-il, mais pas dans un vide total. Un monde se forme grâce au rassemblement d’atomes provenant d’autres mondes ou intermondes.

 

Le Soleil, la Lune et les autres astres se sont formés au commencement du monde. Leur taille est sensiblement la même que celle qu’elle nous paraît être.

 

Les levers et les couchers de soleil et de lune peuvent être le résultat d’un embrasement puis d’une extinction, et ainsi de suite. Cela pourrait être aussi le résultat d’un lever de l’astre en question au-dessus de la surface de la Terre puis d’une éclipse derrière un corps interposé.

 

Le mouvement des astres peut être soit le fruit « d’un tourbillon qui emporterait tout le ciel », soit le fruit de leur propre tourbillon. À moins qu’il ne soit causé par le fait qu’étant en feu, les astres se déplacent pour atteindre de la matière combustible.

 

Les reculs des astres pourraient être le résultat soit d’une inclinaison du ciel, soit de courants d’air alternatifs, soit parce que comme vu précédemment, ils seraient poussés vers la matière combustible et s’arrêteraient lorsqu’elle manque. Aussi ils pourraient être le résultat « d’un tourbillon qui leur fait décrire une hélice autour de la Terre ».

 

Les différentes formes de la Lune. Elles sont dues soit à sa propre révolution, soit à des configurations de l’air, soit à un corps opaque se positionnant entre elle et nous. Sa lumière, elle, vient d’elle-même ou du Soleil. L’aspect de la Lune pourrait être dû à la différence de nature de ses différentes zones ou à l’interposition d’un corps entre elle et nous qui nous la ferait percevoir de cette manière.

 

Les éclipses du Soleil et les éclipses de la Lune pourraient être le fruit de leur extinction, ou de l’interposition entre eux et nous de la Terre ou d’une autre masse de même nature.

 

La régularité des saisons et des phases de la Lune ne doit pas être attribuée au divin et il faut admettre plusieurs explications plausibles plutôt qu’une seule.

 

L’inégalité des jours et des nuits peut être le résultat d’un mouvement rapide du Soleil au-dessus de la Terre suivi de son ralentissement, ou de la différence de longueur des espaces qu’il doit parcourir.

 

Les signes annonciateurs de la météo sont soit une coïncidence soit la conséquence d’un changement réel qui se verrait dans l’air.

 

Les nuages sont soit de la condensation d’air, soit des atomes enlacés qui finissent par former des nuages, soit le résultat de la réunion de courants provenant de la terre et des eaux. La pluie peut venir de la pression mutuelle des nuages, d’une altération en leur sein ou d’un choc à leur encontre.

 

Le tonnerre serait le résultat « d’un roulement à l’intérieur des nuages », du son du feu à l’intérieur des nuages ou de déchirures, de froissements entres nuages glacés.

 

Les éclairs s’expliquent soit par le fait des frottements et des chocs des nuages entre eux qui formeraient du feu, ou peut être le vent ferait-il jaillir ces éclairs, ou bien encore l’accumulation de la lumière des astres tombant à cause de chocs se révèlerait à nous, ou peut être le vent lui-même s’enflammerait-il. Les nuages aussi pourraient se déchirer et créer cette vision grâce à des atomes producteurs de feu. Pourquoi, enfin, voit-on l’éclair avant d’entendre le tonnerre dans les orages ? Eh bien Épicure pense que c’est parce que l’éclair est soit produit plus vite, soit que sa lumière nous arrive plus tôt que le tonnerre.

 

La foudre peut être la conséquence d’une concentration de vent, de son « tourbillonnement », de son « embrasement » pour enfin arriver à sa « déchirure ». Ou bien elle serait la conséquence de la chute du feu des nuages.

 

Les cyclones peuvent être le produit d’un nuage contraint par l’action d’un vent à descendre sous cette forme. Ou ce peut être le vent lui-même qui se forme en cercle.

 

Les tremblements de terre sont la faute du vent enfermé dans la terre ou de celui passé de l’extérieur à l’intérieur de la terre. Aussi ils peuvent être causés « par la propagation du mouvement causé par la chute d’une masse considérable de couches terrestres ».

 

Le vent résulte d’une altération de l’air ou sort directement de grandes masses d’eau.

 

La grêle est l’eau gelée des nuages qui se décompose en petits morceaux. Ce peut être aussi la congélation d’éléments aqueux. Sa forme ronde peut être due au fait que les angles se sont lissés à la suite de sa chute dans l’air.

 

La neige peut être le fruit de gouttes d’eau qui se congèleraient dans leur chute. Ce pourrait être aussi une « porosité uniforme » qui se congèlerait directement au sein des nuages. Des nuages congelés eux-mêmes pourraient produire de la neige à la suite de frictions. 

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