Madame de La Carlière

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Résumé

En 1773 paraît dans la Correspondance littéraire un triptyque de contes moraux dont fait partie Madame de La Carlière qui est sous-titré Sur l’inconséquence du jugement public de nos actions particulières.

Conte écrit par Denis Diderot en 1772, il est publié initialement en volume en 1798. L’ouvrage met en exergue les opinions de l’auteur quant au jugement public. Les identités des deux personnes qui discutent de l’histoire pendant une balade par mauvais temps ne sont jamais révélées.

L’histoire fait état des malheurs de madame de La Carlière dont les infortunes auraient été causées par son second mari, Desroches, selon les membres de son entourage. Toutefois, au cours du récit, l’une de ces personnes, ayant jugé le mari d’une manière hâtive comme tous les autres, tient à réviser son jugement quant à ce qui est arrivé.

L’histoire d’amour de madame de La Carlière et de Desroches commence par la blessure de ce dernier durant la guerre. En effet, en 1745, Desroches a eu la jambe cassée et se trouve alors non loin de la maison de campagne de madame de La Carlière qui était en ces temps-là veuve. Elle l’accueille alors pour le soigner.

Au bout de quelque temps passé auprès de madame de La Carlière, le chevalier Desroches ne peut s’empêcher de s’éprendre d’elle et finit par lui demander à maintes reprises de l’épouser. Néanmoins, cette dernière a fini par se méfier des hommes, surtout après sa récente histoire avec son défunt mari. D’ailleurs, à un moment où elle a vent du passé de libertin de Desroches, la veuve se rétracte avant de revenir sur sa décision.

Avant d’accepter définitivement de s’engager, madame de La Carlière décide de questionner son futur mari pour savoir s’il est vraiment disposé à lui rester fidèle pour la vie ; autrement, il doit s’abstenir de l’épouser. En effet, selon elle, si Desroches devait manquer à sa promesse, elle n’aurait aucune pitié pour lui.

Desroches tombe à genoux devant sa bien-aimée, devant toute sa famille et ses amis, pour la rassurer quant à ses inquiétudes, alors que lui-même a encore une once de doute à propos de sa propre nature. Malgré ce doute qu’il n’a encore pu annihiler, Desroches prend madame de La Carlière pour femme le lendemain même, tous deux se promettant fidélité et tendresse pour la vie et s’échangeant leurs portraits.

Ils vivent ainsi pendant deux ans et ont un enfant que madame de La Carlière a tenu à nourrir elle-même, accomplissant également son rôle d’épouse en tenant leur maison et en élevant l’enfant tandis que son époux sort pour s’occuper de ses relations dans la société.

Un jour, Desroches croise sur sa route une femme très séduisante. Quelle torture de son esprit lui vaut cette rencontre ! En effet, il redoute les réactions de sa femme ainsi que ce qui pourrait advenir s’il devait entretenir une relation avec une autre et si elle l’apprenait.

C’est ainsi que Desroches reste des jours entiers chez lui afin de s’occuper de son enfant. Néanmoins, il revoit la femme en question et se met à discuter avec elle, la trouvant très charmante, cette rencontre allant être suivie par d’autres et Desroches finissant par oublier les mises en garde de sa femme.

C’est de cette manière que l’époux de madame de La Carlière est amené à entretenir une correspondance avec cette femme, gardant précieusement ses lettres dans un coffret duquel il ne se sépare jamais durant ses voyages.

Mais le hasard fait qu’un jour sa femme découvre son secret. En effet, il remet le coffret entre les mains d’un de leurs employés et ce dernier le fait tomber par mégarde, juste devant madame de La Carlière qui découvre les lettres éparpillées à ses pieds et tient la preuve de l’infidélité de son mari en en lisant quelques-unes.

N’agissant pas impulsivement, l’épouse s’assure que le coffret soit réparé et ordonne à l’employé de le remettre dans l’appartement de Desroches tout en gardant quelques lettres et en le défendant d’en toucher mot à qui que ce soit. D’ailleurs, elle en fait de même, restant silencieuse et distante. Et tandis que son état s’aggrave, car elle était déjà malade, les deux époux doivent revenir en ville, en faisant le voyage séparément.

Arrive un moment où elle n’a plus la force de se retenir. Elle s’habille alors élégamment et fait part à Desroches du déjeuner qu’elle a organisé pour la famille ainsi que des amis, et lui demande ensuite de sortir pour aller chez sa mère.

À l’heure de la grande réunion, Desroche plaisante encore à propos de l’humeur morne de sa femme avec les invités, ignorant ce qui l’attend. Quand le repas est terminé, tous les invités rejoignent le salon et c’est à ce moment que madame de La Carlière commence son discours.

Elle dénonce alors les incartades de son mari et montre les lettres qu’elle avait gardées soigneusement. Par la suite, même si Desroches essaie de la retenir, elle s’en va avec leur enfant pour revenir chez sa mère.

C’est ainsi que l’état de santé de madame de La Carlière s’aggrave, ne lui permettant plus d’allaiter son enfant qu’elle doit confier et qui meurt peu après, ce qui ajoute une douleur de plus à ses malheurs.

Absolument coupable d’infidélité, Desroches se repent auprès de sa femme en lui envoyant des lettres mais elle ne lui accorde plus aucun crédit. Il se voit également attribuer la responsabilité d’autres malheurs advenus dans la famille de madame de La Carlière. On le dit alors responsable de tous les malheurs de sa femme, l’opinion publique lui ayant même attribué la responsabilité de la mort de la mère de madame de La Carlière, ne pensant pas qu’il pouvait être seulement question de vieillesse.

Et quand madame de La Carlière meurt peu après le décès de sa mère, au beau milieu d’une messe à Saint-Eustache, Desroches manque de trouver également la mort en croisant ceux qui ont emmené le corps. En effet, ces gens l’accusent de meurtre et se mettent à lui jeter des pierres ; Desroches peut éviter de justesse une mort certaine grâce à l’aide de quelques personnes venues à son secours.

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