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Un mot pour un autre

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Résumé

Un mot pour un autre est une courte pièce de théâtre en une scène dans laquelle les personnages sont tous atteints d’une étrange maladie. Tous, sans exception, utilisent un mot à la place d’un autre, rendant leurs paroles totalement incohérentes. Pourtant, aucun ne semble s’en apercevoir, et même, malgré la totale incohérence des propos qu’ils tiennent, ils se comprennent parfaitement entre eux. Le lecteur peut alors s’appuyer sur les didascalies pour suivre cette scène aussi drôle que loufoque.

Nous résumerons le texte dans un langage compréhensible mais en citant régulièrement des passages pour rendre compte du procédé qu’utilise Jean Tardieu, à savoir, utiliser un mot à la place d’un autre.

 

Madame lit un livre dans le salon lorsqu’Irma, la servante, lui apporte le courrier. Madame le réceptionne puis demande à la servante de s’en aller : « Vous pouvez vidanger ! » lui dit-elle. Mais Irma, gênée, reste, et fait comprendre qu’elle aurait besoin d’un peu d’argent. Madame cherche alors dans son sac et lui donne une pièce : « Voici cinq gaulois ! » dit-elle. Mais Irma ne semble pas satisfaite et hésitant, finit par protester. Ce ne sera pas suffisant pour ce dont elle a besoin. Mais Madame n’a rien de plus. Elle prend son sac vide et le lui montre « Ratissez : rien dans ma limande ! ». Irma désespérée par cette vision continue : « Alors qu’allons-nous mariner, Mon Pieu ? ». Madame assure qu’elle récupérera bientôt l’argent que le Comte lui doit mais la servante continue de se plaindre. Madame, agacée, l’interrompt alors : « Salsifis ! Je vous le plie et le replie : le comte me doit des lions d’or ! ». Elle invite ainsi la servante à se retirer et, lui montrant son livre, ajoute : « Laissez-moi filer ce dormant ! ». La servante s’exécute puis revient pour signaler l’arrivée de Madame de Perleminouze.

Madame de Perleminouze entre dans le salon. Madame accueille sa visiteuse et déplore le temps qui s’est écoulé depuis leur dernière rencontre. Son amie explique : « Hélas ! Chère ! […] Mes trois plus jeunes tourteaux ont eu la citronnade, l’un après l’autre ». Le temps lui a manqué dit-elle : « Bref, je n’ai pas eu une minette à moi. » Elles s’entretiennent ensuite sur la vie de Madame et sur ses déceptions, conséquences d’un amour adultère entre Madame et un mystérieux homme. La maîtresse de maison demande ensuite à son amie si elle veut boire quelque chose : « Mais j’y touille, vous flotterez bien quelque chose ; une cloque de zoulou, deux doigts de loto ? ». Elle sonne alors Irma mais celle-ci ne répondant pas contraint Madame à aller la chercher.

Madame de Perleminouze profite de l’absence de son amie pour s’installer au piano, quand tout à coup, elle aperçoit Monsieur de Perleminouze, son mari, sortir par la porte du fond. Madame de Perleminouze, stupéfaite, demande à son mari ce qu’il fait chez son amie, et s’il y vient souvent : « Et vous bardez souvent ici ? » demande-t-elle. Celui-ci, embarrassé, tente de se justifier, mais est interrompu par sa femme : « Il suffit ! Je grippe tout ! » s’exclame-t-elle. Madame de Perleminouze a en effet compris que le mystérieux amant de Madame n’était autre que son propre mari. À cet instant, Madame entre dans la pièce, ne sachant pas la scène qui vient de s’y dérouler.

Madame, entrant, s’aperçoit alors de la présence du Comte, mais joue la surprise : « Quoi, vous ici, cher Comte ? Quelle bonne tulipe ! ». Monsieur de Perleminouze entre dans son jeu et fait mine d’être ici par hasard. Madame de Perleminouze, quant à elle, n’avoue pas tout de suite à son amie qu’elle est au courant de tout, et préfère faire des sous-entendus : « Eh bien oui ! L’on croirait qu’il vient souvent ici ronger ses grenouilles ». Madame fait comme si son amie disait cela sur le ton de la plaisanterie et accuse le Comte à son tour. Elle sous-entend qu’elle n’est pas la seule à avoir les faveurs de Monsieur de Perleminouze : « Baste ! Mais il y a bien d’autres bouteilles à son râtelier ! ». Le Comte, gêné, se défend, mais Madame renchérit. Il assure de nouveau que ce n’est pas vrai : « Mais… mais… nulle soupière ! ». Madame accuse encore et Madame de Perleminouze, amusée par l’échange, se joint à Madame pour faire des reproches à son tour : « Et si j’ajoutais mon brin de mil à ce toucan ? ».

Ainsi se conclut la scène Un mot pour un autre dans laquelle Jean Tardieu a choisi de s’amuser avec les mots et le vocabulaire, faisant dire des absurdités aux personnages pour faire rire le lecteur-spectateur. Cette façon de jouer avec le langage rappelle par exemple Raymond Queneau et notamment son ouvrage Exercices de style.

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