Alimentation & christianisme

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  • Publié le : 24 novembre 2010
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Alimentation et christianisme
L’absence d’interdits alimentaires
Le christianisme se présente aujourd’hui comme n’ayant pas d’interdits dans le domaine alimentaire. Simplement il encourage ses fidèles à se méfier des voluptés charnelles, celles de la table comme celles du sexe, et à se tourner tout entiers vers les joies spirituelles. De fait, non seulement on ne trouve aucun interditalimentaire dans le Nouveau Testament, mais il a très clairement aboli les interdits hébraïques.
Le jeûne et l’abstinence : de la liberté à la réglementation.
Cependant le christianisme a une doctrine concernant l’alimentation : se priver autant que possible des plaisirs gastronomiques. Il faut non seulement éviter la goinfrerie, la gourmandise, mais renoncer même aux voluptés alimentaires les pluslégitimes, en jeûnant et en s’abstenant périodiquement des nourritures et des boissons friandes. Ces sacrifices sont à replacer dans le contexte de la guerre que se font perpétuellement la chair et l’esprit dans la vision chrétienne : ils marquent autant de victoires de l’esprit sur le corps, et ce sont ces victoires qui sont agréables à Dieu – à condition qu’elles soient remportées pour lui et non paspar orgueil.
Au cours de la basse Antiquité et du haut Moyen Age, l’Eglise a réglementé cette orientation ascétique : en définissant des temps de jeûne (Carême, Avent, Quatre temps, Vigiles, etc.) et de simple abstinence (Vendredi, Samedi, voire Mercredi) ; et en précisant de quels aliments il convenait de s’abstenir : essentiellement de vin et de viande.
Le sang et les viandes non saignées.
Onsait moins, cependant, que pendant dix siècles l’Eglise a maintenu l’interdit du Lévitique de manger des viandes non saignées.
Autres interdits antiques et médiévaux.
En outre, dans la basse Antiquité et le haut Moyen Age, le christianisme a élaboré des prescriptions alimentaires souvent assez voisines de celles du judaïsme : il a condamné la commensalité entre prêtres et laïcs, entre chrétienset païens, etc. ; interdit de manger les nourritures souillées par un animal (museau d’une souris, fiente d’oiseau, etc.) ; la chair des animaux immolés sur les autels païens, celle des animaux morts sans avoir été tués par l’homme ; celle d’animaux considérés comme impurs pour des raisons diverses comme les choucas, les corneilles, les cigognes, les castors, les lièvres, les chevaux sauvages ;etc.

Protestants et catholiques.
A partir du XVIe siècle, les protestants ont réagi contre la réglementation de l’alimentation pour trois raisons. D’abord parce que, par ces mortifications, on aurait essayé d’acheter la grâce de Dieu, grâce que, selon leur doctrine, Dieu distribue librement, arbitrairement, sans être aucunement lié par les bonnes oeuvres et les mérites propres des hommes.D’autre part, ils ont refusé la distinction des jours gras et des jours maigres, des jours de fête et des jours de jeûne, qui allait à l’encontre des préceptes de St. Paul sur l’observance des temps. Les protestants entreprenaient parfois des jeûnes privés ou collectifs, mais sans périodicité, et ils ne choisissaient pas pour cela des moments de l’année particuliers.
Enfin, ils ont mis en questionl’abstinence de viande et de graisses animales, rappelant qu’aux yeux de Dieu toutes les nourritures sont pures.
La réaction protestante contre la réglementation catholique a plutôt durci celle-ci. Bien que, dès le XVIIIe siècle, on constate chez beaucoup de fidèles une interrogation sur la nécessité des périodes de jeûne et d’abstinence, ce n’est qu’après le milieu du XXe siècle que la doctrine romaineest devenue beaucoup plus souple en ce domaine.

Sources : Lemangeur-ocha.com
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