Allo

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 11 (2673 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 1 juin 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Tamara Andrea Gonzalez-Mora TEXTE I
 Filles du Roy
 
Voir aussi « Le Journal d’une Fille à marier »
 
En 1163, il était devenu évident aux yeux du roi Louis XIV que sa colonie de la Nouvelle-France ne se développait pas assez rapidement.  Il y avait trop peu de femmes en âge de se marier et la population mâle y étaitnettement majoritaire.  Les hommes auraient pu épouser des Amérindiennes, mais ne le faisaient pas, même si, pendant un certain temps, ils y ont été encouragés par l’Église catholique.  Seulement sept mariages mixtes ont été enregistrés à Montréal entre 1642 et 1712.
 
Il fallait donc faire venir de France des femmes de bonnes mœurs.  Le roi, qui considérait tous les habitants de laNouvelle-France comme ses « enfants », a accepté de fournir à ces jeunes filles une dot puisée à même le trésor royal.   Les dépenses liées à leur traversée seraient également acquittées par lui.  Enfin, elles recevraient, toujours du roi, un trousseau, conformément à la coutume de l’époque.  Aujourd’hui, les historiens donnent le nom de « Filles du Roy » à ce groupe de jeunes femmes.  Ce terme n’a pas étéutilisé avant 1697-1698; on le rencontre pour la première fois dans le texte des mémoires de Marguerite Bourgeoys.  À l’époque, on les appelait simplement les « Filles à marier ».
 
Les premières Filles du Roy se sont embarquées pour la Nouvelle-France en 1663.  En 1665, c’est-à-dire l’année où l’intendant Jean Talon est arrivé dans la colonie, ce programme d’immigration avait déjà porté sesfruits.  On connaît bien l’origine de plus de sept cent de ces femmes.  Au début, la plupart des jeunes filles venaient des orphelinats des villes.  Quelques-unes étaient de petite noblesse.  Mais on s’est vite rendu compte que les filles de la campagne s’adaptaient généralement mieux aux dures conditions d’existence de la colonie, avec ses hivers rigoureux et les durs travaux à faire.
 
C’était uneaventure audacieuse et pleine de périls.  Les Filles du Roy quittaient la France à partir des ports de Dieppe et de La Rochelle.  La traversée de l’Atlantique en bateau à voile, au XVIIe  siècle, était loin d’être une petite entreprise.  On y était très serré et sans aucun confort.  Par mauvais temps, il fallait fermer le bateau par tous ses orifices.  La nourriture était horriblement mauvaise etil arrivait même que des Filles du Roy subissent de mauvais traitements.  On sait, par exemple, que certaines se sont fait voler leurs vêtements.  Du plus, au moins soixante d’entre elles sont mortes durant la traversée, au cours des onze années qu’a duré ce mouvement migratoire.
 
À leur arrivée en Nouvelle-France, les Filles du Roy descendaient d’abord à Québec,  Puis, au bout d’un certaintemps, si elles n’avaient toujours pas trouvé mari, elles étaient acheminées vers Trois-Rivières ou Montréal. 
 
Étroitement surveillées, elles étaient prises en charge par des femmes de bonne réputation, telle Marguerite Bourgeoys, jusqu’à ce qu’elles acceptent l’offre d’un prétendant.  Certains de ces mariages se concluaient à la hâte, à la manière d’une simple affaire commerciale, mais les jeunesfilles pouvaient attendre jusqu’à un an avant d’accepter une demande.  Les filles de forte constitution et en bonne santé étaient les plus recherchées puisque leur nature laissait supposer qu’elles s’adapteraient plus facilement aux durs travaux qui les attendaient. 
 
Quand un couple s’était mis d’accord pour se marier, un notaire rédigeait un contrat comprenant l’inventaire des biens dechacun des futurs époux.  Le mariage était célébré en tout dernier lieu.  La plupart se mariaient à l’automne, au moment où les bateaux cessaient de venir de France et où les moissons étaient terminées.  Certains de ces contrats de mariage montrent que les Filles du Roy recevaient, à cette occasion, une autre somme de la part du roi.
 
Les conditions de vie des habitants étaient incroyablement...
tracking img