Article christianisme, diderot - commentaire

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  • Publié le : 23 avril 2011
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CHRISTIANISME, DIDEROT (1764)

►Texte étudié.

Le christianisme, je le sais, a eu ses guerres de religion, et les flammes en ont été souvent funestes aux sociétés : cela prouve qu'il n'y a rien de si bon dont la malignité humaine ne puisse abuser. Le fanatisme est une peste qui reproduit de temps en temps des germes capables d'infecter la terre ; mais c'est le vice des particuliers et non duchristianisme, qui par sa nature est également éloigné des fureurs outrées du fanatisme et des craintes imbéciles de la superstition. La religion rend le païen superstitieux et le mahométan fanatique : leurs cultes les conduisent là naturellement (voyez Paganisme, voyez Mahométisme) ; mais lorsque le chrétien s'abandonne à l'un ou à l'autre de ces deux excès, dès lors il agit contre ce que luiprescrit sa religion. En ne croyant rien que ce qui lui est proposé par l'autorité la plus respectable qui soit sur la terre, je veux dire l'Eglise catholique, il n'a point à craindre que la superstition vienne remplir son esprit de préjugés et d'erreurs. Elle est le partage des esprits faibles et imbéciles, et non de cette société d'hommes qui, perpétuée depuis Jésus-Christ jusqu'à nous, a transmisdans tous les âges la révélation dont elle est la fidèle dépositaire. En se conformant aux maximes d'une religion toute sainte et tout ennemie de la cruauté, d'une religion qui s'est accrue par le sang de ses martyrs, d'une religion enfin qui n'affecte sur les esprits et sur les coeurs d'autre triomphe que celui de la vérité qu'elle est bien éloignée de faire recevoir par des supplices, il ne serani fanatique ni enthousiaste, il ne portera point dans sa patrie le fer et la flamme, et il ne prendra point le couteau sur l'autel pour faire des victimes de ceux qui refuseront de penser comme lui.

►Introduction.

Le XVIIIème siècle est une période marquée par le courant philosophique des Lumières. Diderot, grand écrivain et philosophe de cette époque, écrit l’article Christianisme quiparaîtra dans l’Encyclopédie, œuvre majeure des Lumières composée entre 1751 et 1772. Dans ce texte, Diderot tente de définir le Christianisme, selon sa propre vision. Ainsi, on y trouve des références à l’histoire, aux pratiques et à aux représentants de cette religion, qui est abordées de manière subversive.
→ Comment Diderot, au travers de sa définition personnelle du Christianisme, permet unevive critique des incohérences de cette religion ?
Nous verrons dans un premier temps comment l’auteur établit une définition nuancée du Christianisme et de l’Eglise, puis nous expliquerons en quoi son texte est une charge violente contre cette religion.

►I. Une définition nuancée du Christianisme et de l’Eglise.

1. Le faux éloge.

- Selon Diderot, le Christianisme est une religionsupérieure aux autres : « la religion rend le païen superstitieux et le mahométan fanatique » (l.7).
- L’auteur justifie les défauts du Christianisme par les défauts des particuliers : « c’est le vice des particuliers, et non du Christianisme » (l.4). Il prend pour responsable les hommes : « il n’y a rien de si bon dont la malignité humaine ne puisse abuser (l.2) ; lorsque le chrétien s’abandonne à l’unou l’autre de ces deux excès, dès lors il agit contre ce que lui prescrit la religion » (l.9).
- La définition est incomplète et sélective, car Diderot s’appuie sur des exemples qui sont favorables à son argumentation : « guerres de religion » (l.1) aussi repris par une métonymie « le fer et la flamme » (l.21) + l’Inquisition, sous-entendue dans le terme « flammes » (l.1) + l’Ancien-Testament,sous-entendu dans l’expression « le couteau sur l’autel » (l.21) = référence à Abraham. Il utilise le passé composé (temps de l’ironie). L’adverbe « souvent » (l.1) laisse sous-entendre que ces exemples ont été récurrents et ne se sont pas produit qu’une fois.
- C’est une définition personnelle : Utilisation du « je » (l.1 et 11).

2. Ce que ne doit pas être le Christianisme.

- Définition...
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